Ingénierie patrimoniale · Fiscalité immobilière & location nue

Déficit foncier transformer des travaux en levier fiscal, sans en faire une fin en soi

Le déficit foncier permet d'imputer les charges et travaux d'un bien loué nu sur le revenu global, dans des limites précises. C'est une déduction d'assiette puissante, mais conditionnée : régime réel, nature des travaux, engagement de location, report sur dix ans. Sa valeur ne se mesure qu'au regard d'une stratégie patrimoniale d'ensemble.

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L'essentiel

Une déduction d'assiette puissante, mais strictement encadrée

01

Une imputation sur le revenu global

Quand les charges d'un bien loué nu dépassent les loyers, le déficit s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an (art. 156-I-3° CGI). C'est une déduction d'assiette, pas une réduction d'impôt.

02

Deux conditions impératives

Le mécanisme suppose le régime réel et une location nue — la location meublée en est exclue. Seuls les travaux d'entretien, réparation et amélioration sont déductibles ; la construction et l'agrandissement ne le sont pas.

03

Un report et un engagement de durée

L'excédent se reporte 10 ans sur les seuls revenus fonciers. Le bien doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivant l'imputation, sous peine de reprise de l'avantage.

Pourquoi c'est stratégique

Ce qui rend le déficit foncier singulier

Quatre traits distinguent le déficit foncier des autres dispositifs immobiliers et expliquent pourquoi il se pilote, plutôt qu'il ne se subit.

Imputation sur le revenu global

C'est sa particularité rare. La plupart des déficits ne s'imputent que sur des revenus de même nature ; le déficit foncier, lui, vient réduire le revenu global (salaires, pensions) dans la limite de 10 700 € par an (art. 156-I-3° CGI).

Une déduction, pas une réduction

Le déficit foncier diminue l'assiette imposable, il ne se soustrait pas directement de l'impôt. L'économie réelle dépend donc de la tranche marginale d'imposition : plus elle est élevée, plus l'effet est marqué.

Hors plafonnement des niches

Contrairement à la plupart des avantages fiscaux, le déficit foncier n'entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales (art. 200-0 A CGI). Étant une déduction d'assiette et non une réduction d'impôt, il échappe à ce plafond annuel.

Un avantage sous condition de durée

L'imputation n'est définitive que si le bien reste loué jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivante (art. 156-I-3° CGI). L'excédent ne se reporte que sur des revenus fonciers, sur dix ans : sans revenus fonciers futurs, il se perd.

Trois leviers, une stratégie

Déduire · Reporter · Combiner

Trois objectifs structurent l'usage du déficit foncier, et aucun ne se traite isolément. La valeur de l'opération tient à leur articulation : déduire intelligemment les charges, gérer le report dans le temps, et combiner le déficit avec le reste de la situation patrimoniale.

Déduire

Identifier les charges réellement imputables

Quand l'utiliser

Dès qu'un bien loué nu engendre des travaux ou des charges supérieurs aux loyers. La première étape est de qualifier chaque dépense : une charge mal classée est la première cause de redressement.

Charges concernées
  • Travaux déductiblesEntretien, réparation et amélioration du bien existant, justifiés par factures d'entreprises (art. 31 CGI)
  • Autres charges courantesIntérêts d'emprunt, primes d'assurance, taxe foncière, frais de gestion, provisions de copropriété
  • Dépenses excluesConstruction, reconstruction, agrandissement : non déductibles car ils augmentent la valeur ou la surface du bien

Reporter

Gérer l'excédent dans le temps

Quand l'utiliser

Dès que le déficit dépasse le plafond d'imputation annuel, ou qu'il provient des intérêts d'emprunt. Le report obéit à des règles précises qu'il faut anticiper pour ne pas perdre l'avantage.

Règles de report
  • Plafond sur le revenu globalImputation limitée à 10 700 € par an, ou 21 400 € pour la rénovation énergétique (art. 156-I-3° CGI)
  • Excédent reportable 10 ansLa fraction au-delà du plafond se reporte sur les seuls revenus fonciers des dix années suivantes
  • Intérêts d'emprunt à partIls ne s'imputent jamais sur le revenu global, uniquement sur les revenus fonciers

Combiner

Inscrire le déficit dans la stratégie d'ensemble

Quand l'utiliser

Une fois les charges qualifiées et le report anticipé : le déficit foncier ne vaut que replacé dans la situation globale, en cohérence avec les autres revenus, l'horizon et le mode de détention.

Articulations possibles
  • Rénovation énergétiquePlafond porté à 21 400 € pour les passoires thermiques E/F/G ramenées au moins en classe D, prorogé jusqu'au 31/12/2027
  • Détention en SCI à l'IR ou en SCPIQuote-part de déficit imputable par chaque associé ; SCI à l'IS exclue du mécanisme (art. 206 CGI)
  • Cumul hors plafond des nichesLe déficit foncier reste hors du plafonnement global des niches fiscales (art. 200-0 A CGI)

Une opération de déficit foncier cohérente articule les trois temps : déduire ce qui l'est réellement, gérer le report sur la durée, et combiner le tout avec la situation patrimoniale. Inverser l'ordre, en visant l'économie d'impôt avant d'avoir vérifié la nature des travaux et la capacité à tenir l'engagement de location, expose à un redressement ou à un avantage perdu faute de revenus fonciers futurs.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée, cabinet CGP indépendant Paris 16e
ATRIOMA Gestion Privée

Le chef d'orchestre d'une opération de déficit foncier

Le déficit foncier ne se traite pas comme une simple ligne de déclaration. Une décision sur les travaux engage la qualification fiscale des dépenses, le calibrage du déficit sur le revenu global, le report sur dix ans et l'engagement de location. Sans coordination, une charge mal classée ou un projet locatif interrompu trop tôt suffit à transformer l'avantage en redressement. Le bien rénové entre par ailleurs dans le patrimoine soumis à l'impôt sur la fortune immobilière et s'inscrit dans une démarche d'ingénierie patrimoniale d'ensemble.

ATRIOMA tient ce rôle de coordination. Le cabinet est l'interlocuteur unique du client et articule, dans une même stratégie, la qualification des charges, la projection du report et la cohérence avec le reste de la situation patrimoniale. L'appui des experts-comptables, avocats fiscalistes et notaires partenaires sécurise la déclaration 2044 et les actes. Chaque opération est appréciée au regard de la tranche d'imposition et de l'horizon, pas pour le seul gain affiché.

L'apport ATRIOMA

Cadrer · Documenter · Coordonner

Cadrer

  • Vérification de la pertinence selon la tranche marginale d'imposition
  • Projection de la capacité à absorber le déficit et à utiliser le report sur 10 ans
  • Vérification de la solidité du projet locatif sur la durée d'engagement
  • Choix du mode de détention (direct, SCI à l'IR, SCPI de déficit foncier)

Documenter

  • Distinction des travaux déductibles et non déductibles (art. 31 CGI)
  • Sécurisation des justificatifs et de la déclaration 2044 avec l'expert-comptable
  • Constitution du dossier DPE avant et après pour le plafond majoré
  • Traçabilité des factures d'entreprises, RGE pour le volet énergétique

Coordonner

  • Articulation du déficit avec l'ensemble des revenus du foyer
  • Coordination avec le notaire en cas de détention en SCI ou de démembrement
  • Calendrier des travaux étalé pour utiliser au mieux le plafond et le report
  • Revue du dossier face aux évolutions législatives et de la doctrine fiscale
Le mécanisme

Comment le déficit s'impute, étape par étape

Le déficit foncier suit un ordre d'imputation précis. Les charges se déduisent d'abord des loyers. Le déficit qui en résulte s'impute ensuite sur le revenu global, dans une limite annuelle. Ce qui dépasse cette limite se reporte enfin sur les revenus fonciers des années suivantes. Chaque étape obéit à ses propres règles.

Les charges déductibles dépassent les loyers = un déficit foncier apparaît sur l'année (art. 31 CGI) ↓ s'impute d'abord sur Le revenu global salaires, pensions, autres revenus plafond annuel* 10 700 € * 21 400 € si rénovation énergétique ↓ l'excédent se reporte sur Les revenus fonciers futurs pas sur le revenu global report sur 10 ans Les intérêts d'emprunt font exception : ils ne s'imputent jamais sur le revenu global, seulement sur les revenus fonciers. Charges > loyers = un déficit foncier apparaît ↓ s'impute d'abord sur Le revenu global salaires, pensions… plafond* 10 700 € * 21 400 € si rénovation énergétique ↓ l'excédent se reporte sur Les revenus fonciers pas sur le revenu global report 10 ans Les intérêts d'emprunt ne s'imputent que sur les revenus fonciers, jamais sur le revenu global.
Charges déductibles

Ce qui se déduit, et ce qui ne se déduit pas

Les charges déductibles des revenus fonciers sont encadrées par l'article 31 du CGI : travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration, intérêts d'emprunt, primes d'assurance, taxe foncière, frais de gestion, provisions de copropriété. La frontière sensible porte sur les travaux. L'entretien, la réparation et l'amélioration du bien existant sont déductibles. La construction, la reconstruction et l'agrandissement ne le sont pas, car ils augmentent la valeur ou la surface. C'est sur ce point que l'administration redresse le plus souvent : chaque dépense doit pouvoir être justifiée par une facture.

Plafond d'imputation

10 700 € par an sur le revenu global

La fraction du déficit issue des charges autres que les intérêts d'emprunt s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an (art. 156-I-3° CGI), un plafond stable et non revalorisé depuis plus de vingt ans. Les intérêts d'emprunt, eux, ne s'imputent jamais sur le revenu global : ils se déduisent uniquement des revenus fonciers. Point souvent ignoré, ce déficit imputé sur le revenu global n'entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales : étant une déduction d'assiette, il échappe à cette limite annuelle.

Report et durée

Un excédent reportable, un engagement à tenir

La part du déficit qui dépasse le plafond se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes, jamais sur le revenu global. C'est un point d'attention majeur : sans revenus fonciers futurs, ce report devient inutilisable et l'avantage est perdu. À cela s'ajoute un engagement de durée : le bien doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation. Une revente ou un arrêt de la location avant ce terme entraîne la reprise de l'avantage imputé sur le revenu global.

Conditions d'accès

Location nue et régime réel obligatoires

Deux conditions sont impératives. Le bien doit être loué nu : la location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux et de l'amortissement, pas du déficit foncier. D'autres voies de détention immobilière, comme l'immobilier logé dans un contrat d'assurance-vie ou un contrat de capitalisation, répondent à des objectifs différents. Et le bailleur doit relever du régime réel d'imposition, qui devient automatique au-delà de 15 000 € de revenus fonciers bruts par an, ou sur option en dessous. Le mécanisme fonctionne en détention directe comme en SCI à l'impôt sur le revenu, dont chaque associé impute sa quote-part ; la SCI à l'impôt sur les sociétés en est exclue (art. 206 CGI).

Comparatif

Déficit foncier, micro-foncier ou meublé : quel régime pour un bien locatif ?

Le déficit foncier n'est qu'une des voies possibles pour un bien locatif. Le tableau ci-dessous le situe face au micro-foncier et à la location meublée, sur les critères qui décident réellement : régime d'imposition, traitement des travaux, effet sur l'impôt et engagement.

Critère Déficit foncier (réel, nu) Micro-foncier Location meublée (LMNP)
Régime d'imposition Régime réel, location nue Forfait, location nue, sous 15 000 € de loyers Régime BIC, location meublée
Charges réelles déduites, travaux d'entretien et d'amélioration (art. 31 CGI) Aucune charge réelle : abattement forfaitaire de 30 % Charges réelles et amortissement du bien et du mobilier
Déficit imputable sur le revenu global, économie selon la TMI Réduction simple de la base imposable de 30 % Résultat souvent neutralisé par l'amortissement, sans imputation sur le revenu global
10 700 € par an (21 400 € en rénovation énergétique), excédent reporté 10 ans Sans objet : pas de déficit possible Déficit BIC reportable sur les seuls revenus de même nature
Location maintenue jusqu'au 31/12 de la 3e année suivant l'imputation Aucune, mais aucune charge réelle déductible Gestion du mobilier, comptabilité d'amortissement, réintégration en plus-value à la cession
Gros travaux sur un bien nu, TMI élevée, autres revenus à effacer Petits revenus fonciers, peu ou pas de charges Recherche de revenus peu fiscalisés sans gros travaux

Tableau indicatif qui ne remplace pas une analyse au cas par cas. Le déficit foncier n'est pas « meilleur » que les autres régimes : il sert un profil précis, celui d'un bailleur en location nue avec d'importants travaux et une tranche d'imposition élevée. Le choix entre ces régimes dépend de la nature du bien, du niveau de travaux, des autres revenus et de l'horizon de détention.

Applications pratiques

Cas d'usage : le déficit foncier au service d'objectifs distincts

Le déficit foncier ne se résume pas à « faire des travaux pour payer moins d'impôt ». Sa pertinence dépend du profil, du bien et de l'horizon. Les cas ci-dessous illustrent quatre configurations récurrentes et leurs points de vigilance.

"Le déficit foncier récompense l'effort d'analyse en amont : qualifier les travaux, projeter le report, tenir l'engagement. C'est là que se gagne ou se perd l'avantage."

Rénover un bien ancien avec une tranche d'imposition élevée
Travaux · Revenu global · TMI élevée

C'est le cas d'école. Un bailleur à tranche marginale élevée acquiert ou détient un bien ancien à rénover, loué nu au régime réel. Les travaux d'entretien et d'amélioration (art. 31 CGI) génèrent un déficit qui efface une partie de ses revenus fonciers, puis s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an. L'économie réelle est d'autant plus forte que la tranche d'imposition est élevée, puisqu'il s'agit d'une déduction d'assiette. À 41 %, 10 700 € imputés représentent près de 4 400 € d'impôt en moins, hors prélèvements sociaux.

Lecture de l'avantage L'économie d'impôt n'est pas le montant du déficit, mais le déficit multiplié par la tranche marginale. Le même déficit de 10 700 € vaut beaucoup plus pour un contribuable à 45 % que pour un contribuable à 11 % : la pertinence se juge donc d'abord sur le profil fiscal.
Rénovation énergétique · 21 400 € · DPE

Un logement classé E, F ou G au DPE peut ouvrir le plafond majoré de 21 400 € d'imputation sur le revenu global, pour la fraction du déficit issue des travaux de rénovation énergétique. Le dispositif a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2026. Les conditions sont strictes et cumulatives : les travaux doivent faire atteindre au moins la classe D, être réalisés par une entreprise reconnue garante de l'environnement, et les DPE avant et après doivent être fournis. Sans ces justificatifs, l'administration applique le plafond de droit commun.

Condition à ne pas manquer Le plafond doublé ne concerne que la part énergétique du déficit, et exige les deux DPE plus une entreprise RGE. L'oubli d'un seul de ces justificatifs ramène l'imputation à 10 700 € : la documentation du chantier conditionne directement l'avantage.
Calendrier · Plafond annuel · Report

Le plafond d'imputation sur le revenu global est annuel. Concentrer de gros travaux sur une seule année conduit souvent à dépasser largement les 10 700 € : l'excédent bascule alors en report sur les seuls revenus fonciers, et n'efface plus le revenu global. Lorsque c'est techniquement possible, répartir les travaux sur deux exercices permet d'utiliser le plafond deux fois et de maximiser l'imputation sur le revenu global. Cette planification se décide en amont, avant le lancement du chantier.

Logique de l'étalement Un déficit massif sur une année sature le plafond et gonfle un report qui ne s'imputera que sur des revenus fonciers futurs. Répartir le chantier dans le temps aligne le rythme des travaux sur le plafond annuel et préserve l'effet sur le revenu global.
SCPI de déficit foncier · Quote-part · Mutualisation

Certaines SCPI dites de déficit foncier investissent dans des immeubles anciens à rénover et font remonter à chaque associé une quote-part de travaux déductible. Le mécanisme de l'art. 156 CGI s'applique alors sans avoir à piloter un chantier en direct : l'investisseur souscrit des parts et reçoit son quota de déficit imputable. En contrepartie, il subit les contraintes propres aux parts de SCPI : frais, liquidité du marché secondaire, et durée de blocage souvent longue, à apprécier au regard de l'avantage fiscal attendu. Selon l'objectif, la détention en nue-propriété peut constituer une autre variante.

Arbitrage à poser La SCPI de déficit foncier mutualise le risque de chantier et supprime la gestion de travaux, au prix de frais et d'une liquidité réduite. La détention en direct laisse la maîtrise du bien et des travaux, mais suppose d'en assumer la conduite et les aléas.

Un projet de travaux
sur un bien que vous louez ?

Avant d'engager le chantier, un échange avec un conseiller ATRIOMA permet de vérifier la pertinence du déficit foncier selon votre tranche d'imposition. Le conseiller qualifie les travaux réellement déductibles et anticipe le report comme l'engagement de location.

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Questions fréquentes

Les questions les plus fréquentes

Profils concernés
Bailleurs en location nue Contribuables à TMI élevée Investisseurs dans l'ancien Propriétaires de passoires thermiques Associés de SCI à l'IR Détenteurs de SCPI fiscales
Situations concernées
  • Gros travaux sur un bien ancien loué nu
  • Rénovation énergétique d'une passoire thermique
  • Revenus fonciers élevés à neutraliser
  • Autres revenus à effacer dans la limite annuelle
Ce qu'ATRIOMA analyse
  • Pertinence selon la tranche marginale d'imposition
  • Qualification des travaux déductibles (art. 31 CGI)
  • Capacité à utiliser le report sur dix ans
  • Tenue de l'engagement de location de trois ans
Qu'est-ce que le déficit foncier et comment fonctionne-t-il ?
Un déficit foncier apparaît lorsque les charges déductibles d'un bien loué nu dépassent les loyers encaissés sur l'année (art. 156-I-3° CGI). Sa particularité est rare en fiscalité française. La fraction du déficit qui ne provient pas des intérêts d'emprunt s'impute directement sur le revenu global (salaires, pensions, autres revenus), dans la limite de 10 700 € par an. C'est une déduction de l'assiette imposable, pas une réduction d'impôt : l'économie réelle dépend de la tranche marginale d'imposition. Pour en bénéficier, deux conditions sont impératives : louer le bien nu et relever du régime réel d'imposition.
Les charges déductibles des revenus fonciers sont encadrées par l'article 31 du CGI : travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration, intérêts d'emprunt, primes d'assurance, taxe foncière, frais de gestion et provisions de copropriété. C'est sur la nature des travaux que l'administration redresse le plus souvent. Les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration sont déductibles ; les travaux de construction, reconstruction ou agrandissement ne le sont pas, car ils augmentent la valeur ou la surface du bien. La distinction est factuelle et doit pouvoir être justifiée par les factures d'entreprises.
Le plafond standard est de 10 700 € par an d'imputation sur le revenu global (art. 156-I-3° CGI), un montant stable et non revalorisé depuis plus de vingt ans. Ce plafond ne concerne que la fraction du déficit issue des charges autres que les intérêts d'emprunt. Les intérêts d'emprunt ne s'imputent jamais sur le revenu global : ils ne se déduisent que des revenus fonciers. Point important, le déficit foncier imputé sur le revenu global n'entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales : c'est une déduction d'assiette, pas un avantage fiscal plafonné à ce titre.
La fraction du déficit qui dépasse le plafond d'imputation sur le revenu global, ainsi que la part provenant des intérêts d'emprunt, se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes (art. 156-I-3° CGI). Ce report ne s'impute que sur des revenus fonciers, jamais sur le revenu global. C'est un point d'attention majeur : si le contribuable ne perçoit plus de revenus fonciers dans les dix ans, le report devient inutilisable et l'avantage est perdu. La planification des travaux et la projection des revenus fonciers futurs conditionnent donc l'efficacité réelle du mécanisme.
Oui. Pour conserver le bénéfice de l'imputation sur le revenu global, le bien doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année qui suit celle de l'imputation (art. 156-I-3° CGI). Une cession ou un arrêt de la location avant ce terme entraîne la reprise. L'administration recalcule alors l'impôt comme si l'imputation sur le revenu global n'avait pas eu lieu, le déficit étant requalifié en déficit reportable sur les seuls revenus fonciers. Cet engagement de durée doit être anticipé : un déficit foncier n'a de sens que si le projet locatif est tenu sur la durée requise.
Oui, sous conditions. Le plafond d'imputation sur le revenu global est porté à 21 400 € pour la fraction du déficit issue de travaux de rénovation énergétique. Ce dispositif a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2026. Les conditions sont cumulatives. Le logement doit être classé E, F ou G au DPE et les travaux doivent lui faire atteindre au moins la classe D. Ils doivent être réalisés par une entreprise reconnue garante de l'environnement, et les DPE avant et après travaux doivent être fournis. À défaut de ces justificatifs, l'administration applique le plafond de droit commun de 10 700 €.
Le déficit foncier s'applique aux biens détenus en direct comme aux parts de société civile à l'impôt sur le revenu. La quote-part de déficit revient à chaque associé au prorata de ses droits, et s'impute selon les mêmes règles sur son revenu global. En revanche, une SCI à l'impôt sur les sociétés est exclue du mécanisme (art. 206 CGI), car elle ne génère pas de revenus fonciers mais des bénéfices soumis à l'IS. Il existe aussi des SCPI dites de déficit foncier, qui investissent dans des immeubles à rénover et font remonter une quote-part de travaux déductible. Elles ouvrent le mécanisme sans gestion de chantier en direct, mais avec les contraintes propres aux parts de SCPI.
ATRIOMA part de la situation fiscale globale plutôt que de l'avantage isolé. Le cabinet vérifie d'abord la cohérence de l'opération : tranche d'imposition justifiant la déduction, capacité à absorber le déficit et à utiliser le report sur dix ans, réalité d'un projet locatif tenu dans la durée. L'analyse distingue ensuite, avec l'appui d'un expert-comptable, les travaux réellement déductibles au sens de l'art. 31 CGI de ceux qui ne le sont pas, pour sécuriser la déclaration 2044. Enfin, le déficit foncier est replacé dans la stratégie d'ensemble : articulation avec les autres revenus, l'horizon de détention et la transmission. Le cabinet est rémunéré pour son conseil, sans dépendance à un promoteur de programmes.
Ce que les promesses d'économie ne disent pas

Déficit foncier : les angles morts qui transforment l'avantage en redressement

Présenté comme une recette simple, le déficit foncier comporte plusieurs pièges qui peuvent annuler l'avantage, voire le retourner. Trois angles morts reviennent régulièrement ; ils se neutralisent par une analyse en amont, pas après le contrôle.

Des travaux requalifiés en non déductibles

C'est le premier motif de redressement. Seuls les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration sont déductibles (art. 31 CGI). Les travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement ne le sont pas, car ils augmentent la valeur ou la surface du bien. La frontière est parfois ténue : réaménager intégralement un volume, surélever, créer de la surface habitable bascule du côté non déductible. Une opération mal qualifiée voit son déficit rejeté, avec intérêts de retard. Chaque dépense doit être justifiée par des factures d'entreprises et, en cas de doute, sécurisée avec un professionnel.

Notre approche

Une méthode qui place le conseil avant le produit

Le déficit foncier ne se décide pas sur la seule promesse d'une économie d'impôt. Sa valeur dépend du profil, de la nature des travaux et de l'horizon locatif. ATRIOMA structure l'analyse en trois temps, avant tout engagement.

1. Évaluer

La pertinence avant le mécanisme

Le déficit foncier n'a d'intérêt que pour un profil donné. ATRIOMA vérifie d'abord la tranche marginale d'imposition, puisque l'économie est proportionnelle à celle-ci (art. 156-I-3° CGI), ainsi que le volume de revenus fonciers et globaux à absorber. Cette évaluation initiale écarte les situations où l'avantage serait marginal ou illusoire, avant tout engagement de travaux.

2. Échelonner

Le calendrier des travaux et du report

Le plafond d'imputation étant annuel, le calendrier des travaux décide d'une large part de l'efficacité. ATRIOMA arbitre le rythme du chantier pour utiliser au mieux le plafond de 10 700 € (ou 21 400 € en rénovation énergétique). L'objectif est de limiter un report sur dix ans, qui dépend de revenus fonciers futurs. Cet échelonnement se cale aussi sur l'engagement de location de trois ans (art. 156-I-3° CGI).

3. Sécuriser

La qualification des travaux et la déclaration

La distinction entre travaux déductibles et non déductibles (art. 31 CGI) est le principal point de redressement. ATRIOMA documente chaque dépense avec l'expert-comptable, constitue le dossier des DPE avant et après pour le plafond majoré, et sécurise la déclaration 2044. Chaque justificatif est conservé pour résister à un contrôle, la traçabilité étant la meilleure protection de l'avantage.

En perspective

Le déficit foncier, un moyen au service d'un projet


Un projet locatif, pas une ligne de déclaration.

Le déficit foncier n'est pas un produit que l'on souscrit, c'est la conséquence fiscale d'un projet immobilier réel. Il suppose un bien loué nu, des travaux à mener et un engagement de location tenu sur plusieurs années. L'avantage fiscal récompense un effort patrimonial concret : rénover, remettre sur le marché, louer dans la durée. Renverser cette logique, en partant de l'économie d'impôt pour chercher ensuite un bien, conduit souvent à des choix mal calibrés.

Une trajectoire, pas un gain ponctuel.

L'enjeu n'est pas de maximiser la déduction d'une seule année, mais de l'inscrire dans une trajectoire cohérente. Intégré à un bilan patrimonial d'ensemble, le déficit foncier se calibre selon la tranche d'imposition, le rythme des travaux et la projection des revenus fonciers futurs qui détermineront l'usage du report. Le bien rénové, une fois loué, s'articule aussi avec la donation et la succession dans la stratégie de transmission. Le choix du mode de détention, en direct, en SCI à l'impôt sur le revenu ou via une SCPI, prolonge cette logique. Les ajustements annuels viennent ensuite, sur un terrain déjà préparé.

Un cadre qui bouge, pas une vérité figée.

L'environnement du déficit foncier évolue. Le plafond standard de 10 700 € reste stable, non revalorisé depuis plus de vingt ans. Le plafond majoré de 21 400 € pour la rénovation énergétique, créé en 2023, a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2026. C'est une fenêtre à durée connue, qui suppose des conditions strictes de DPE et d'entreprise qualifiée. La doctrine sur la nature des travaux déductibles continue par ailleurs de se préciser au fil de la jurisprudence. Un dossier construit aujourd'hui doit pouvoir être révisé demain. C'est aussi à cela que sert un accompagnement dans la durée : adapter la stratégie à mesure que le patrimoine et la réglementation évoluent.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet de conseil indépendant Paris 16e
Le cabinet

Un cabinet, trois pôles d'expertise


Afin d'apporter une expertise globale à ses clients et de répondre à l'ensemble de leurs problématiques, le cabinet s'articule autour de trois pôles spécialisés. Chacun apporte une réponse experte et adaptée aux enjeux financiers, juridiques, assurantiels et immobiliers.

Pôle Ingénierie patrimoniale et financière

Un accompagnement stratégique et sur mesure pour structurer, valoriser et transmettre. De la stratégie fiscale aux arbitrages d'investissement, ATRIOMA se positionne en chef d'orchestre pour une gestion cohérente et pérenne des actifs.

Pôle Assurance

Assurance de personnes et IARD pour une couverture complète. ATRIOMA accompagne ses clients particuliers, professionnels et entreprises dans la mise en place de garanties calibrées au profil de risque.

Pôle Immobilier

Investissements et cessions de biens professionnels ou familiaux. Le cabinet apporte un accompagnement sur mesure pour sécuriser les projets immobiliers de bout en bout, depuis l'audit initial jusqu'à la finalisation des actes.

Fondé en 2019 et établi au 56 rue de Passy dans le 16e arrondissement de Paris, ATRIOMA est un cabinet de conseil multidisciplinaire en gestion privée. Le cabinet exerce sous quatre statuts réglementés : Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations Bancaires et en Services de Paiement (COBSP), et Carte T pour les transactions immobilières. ATRIOMA est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 19006974 et supervisé par l'AMF et l'ACPR.

Avis clients

Ce que disent nos clients

5,0 · 82 avis Google
Quentin Goudier
Client ATRIOMA
·Juillet 2024

Un grand merci à Atrioma, et tout particulièrement à Alexis et Adrien qui m'ont encadré et apporté tous les conseils dont j'avais besoin.

Julie J
Cliente ATRIOMA
·Juin 2025

Très bons conseils et accompagnement, je recommande !

Eddy Seys
Client ATRIOMA
·Juin 2025

Excellents conseils, sérieux et professionnel. Je conseille vivement.

Arnaud Trottier
Client ATRIOMA
·Avril 2025

Client depuis 5 ans, je ne peux que recommander.