Anticiper la dévolution légale, protéger le conjoint survivant et calibrer la fiscalité de la transmission. La cohérence d'une stratégie successorale dépend du calendrier, du régime matrimonial et de l'articulation des outils d'anticipation entre eux.
Prendre rendez-vousÀ défaut de testament ou de donation entre époux, le Code civil applique une dévolution légale qui peut laisser le conjoint en indivision avec les enfants. La loi ignore les recompositions familiales et les volontés non formalisées. Sans anticipation, la transmission obéit à un ordre par défaut, rarement aligné sur la situation réelle.
La donation du vivant et son rappel fiscal de 15 ans, la clause bénéficiaire d'assurance-vie hors masse successorale, et le pacte Dutreil pour l'entreprise familiale. Ces leviers ne s'opposent pas : ils s'articulent dans une stratégie d'ensemble selon le régime matrimonial, l'âge des intervenants et la composition du patrimoine.
Une stratégie successorale s'amortit sur quinze ans glissants. Chaque année qui passe sans plan d'anticipation rend la transmission plus coûteuse et plus contrainte. Renouveler une donation, ajuster une clause bénéficiaire, vérifier un pacte Dutreil avant cession : ce travail de suivi transforme un dossier en véritable stratégie de transmission.
Anticiper, c'est choisir. Organiser la succession de son vivant permet de protéger le conjoint survivant, de calibrer la fiscalité et de préserver l'unité familiale, plutôt que de laisser la dévolution légale s'appliquer par défaut.
Exonération totale entre époux et partenaires de PACS (art. 796-0 bis CGI), élargissement des droits par donation au dernier vivant (art. 1094-1 C. civ.).
Une part minimale revient aux descendants réservataires (art. 913 C. civ.). La fraction restante reste librement transmissible par testament ou donation.
Assurance-vie hors succession civile, pacte Dutreil sur l'entreprise familiale, donations échelonnées tous les quinze ans : plusieurs leviers se combinent pour alléger l'imposition.
En présence d'enfants non communs, les droits légaux du conjoint se réduisent au quart en pleine propriété. L'anticipation par donation entre époux ou testament devient déterminante.
Une stratégie successorale ne se résume jamais à un seul outil. Elle articule trois angles complémentaires : la protection du conjoint et des proches, l'anticipation de la fiscalité par la donation et l'assurance-vie, et l'allègement propre aux entreprises familiales par le pacte Dutreil. Les trois angles se combinent dans une même stratégie.
Préserver le conjoint et l'unité familiale
Couples mariés ou pacsés, familles recomposées, situations où la dévolution légale ne couvre pas suffisamment le conjoint.
Réduire l'assiette taxable au décès
Patrimoines significatifs, héritiers nombreux, horizon de transmission supérieur à quinze ans permettant le renouvellement des abattements.
Transmettre l'entreprise familiale
Dirigeants détenant une société opérationnelle ou une entreprise individuelle, professions libérales en SEL ou SELARL transmettant leur outil professionnel.
Les trois angles ne s'excluent pas. Un couple avec enfants et entreprise familiale peut combiner une donation au dernier vivant pour le conjoint, une donation-partage avec rappel fiscal de quinze ans pour les enfants et un pacte Dutreil pour les titres de la société. La pertinence de la combinaison se calibre dossier par dossier au regard du régime matrimonial, de l'âge des intervenants et de la composition du patrimoine.
Une succession mobilise quatre métiers : notaire, avocat fiscaliste, expert-comptable, conseil patrimonial. Sans coordination, chacun arbitre dans son périmètre, et la stratégie d'ensemble se perd dans les détails techniques de chaque acte. Les arbitrages civils, fiscaux et patrimoniaux sont pourtant indissociables : un choix de régime matrimonial conditionne la masse successorale, une clause bénéficiaire d'assurance-vie redessine la fiscalité, un pacte Dutreil engage la gouvernance familiale sur dix ans.
ATRIOMA tient ce rôle d'orchestrateur. Le cabinet est l'interlocuteur unique du client et coordonne le notaire qui rédige les actes authentiques, l'avocat fiscaliste qui sécurise les montages, l'expert-comptable qui valorise les titres. Chaque arbitrage est pris dans la stratégie patrimoniale d'ensemble, pas isolément, et chaque choix s'inscrit dans un calendrier de transmission cohérent sur quinze ans.
Notaires, avocats fiscalistes, experts-comptables et compagnies d'assurance-vie : chaque partenaire est sélectionné sur des critères objectifs — solidité, qualité technique, capacité à traiter les configurations patrimoniales complexes propres aux professions libérales et aux dirigeants d'entreprise.
Aucune décision n'est juste isolément : elle ne l'est qu'au regard de l'ensemble d'une situation.
À défaut de testament ou de donation entre époux, la loi répartit automatiquement le patrimoine selon un ordre légal d'héritiers et garantit une part minimale aux descendants réservataires (art. 734 et suivants du Code civil).
Le Code civil classe les héritiers en quatre ordres selon leur lien de parenté avec le défunt. Chaque ordre exclut les suivants, et au sein d'un même ordre, le plus proche en degré prime.
Le conjoint survivant non divorcé est successible dans tous les cas et dispose de droits spécifiques selon la composition familiale, détaillés dans la section Droits du conjoint ci-après.
Lorsqu'un héritier est prédécédé ou renonce à la succession, ses propres descendants viennent le représenter et héritent à sa place de la part qui lui serait revenue (art. 751 et suivants du Code civil). Ce mécanisme évite qu'une branche familiale soit désavantagée du fait d'un décès antérieur.
Les descendants sont héritiers réservataires : la loi leur garantit une part minimale du patrimoine, la réserve héréditaire, calculée en fonction de leur nombre. Le reste, dit quotité disponible, peut être librement transmis par testament ou donation à toute personne, héritier ou tiers (art. 913 du Code civil).
| Configuration | Réserve héréditaire | Quotité disponible |
|---|---|---|
| 1 enfant | 1/2 du patrimoine | 1/2 du patrimoine |
| 2 enfants | 2/3 du patrimoine | 1/3 du patrimoine |
| 3 enfants ou plus | 3/4 du patrimoine | 1/4 du patrimoine |
| Pas de descendant, conjoint survivant | 1/4 du patrimoine conjoint réservataire — art. 914-1 C. civ. | 3/4 du patrimoine |
Une libéralité qui empiète sur la réserve peut donner lieu à une action en réduction exercée par les héritiers réservataires. En l'absence de descendants et de conjoint survivant non divorcé, il n'existe pas d'héritier réservataire : le patrimoine est librement transmissible en totalité.
Le Code civil définit les droits du conjoint marié survivant selon la présence ou l'absence de descendants et d'ascendants. Ces droits peuvent être élargis par une donation au dernier vivant, complétés par des protections spécifiques sur le logement, et diffèrent radicalement selon le statut juridique du couple.
| Configuration familiale | Droits légaux du conjoint | Référence |
|---|---|---|
| Enfants communs uniquement | Le conjoint choisit entre l'usufruit de la totalité des biens ou le quart en pleine propriété. L'option doit être exercée dans les trois mois suivant une demande écrite d'un autre héritier. À défaut de réponse dans ce délai, le conjoint est présumé avoir opté pour l'usufruit. | Art. 757 + 758-3 C. civ. |
| Enfants non communs | Le conjoint reçoit le quart en pleine propriété, sans possibilité d'opter pour l'usufruit de la totalité. Cette configuration conduit inévitablement à une indivision entre le conjoint survivant et les enfants non communs sur le reste du patrimoine, sauf anticipation par donation entre époux ou testament. | Art. 757 C. civ. |
| Pas de descendant, présence des parents | Si les deux parents du défunt sont vivants, le conjoint recueille la moitié de la succession, chaque parent recevant un quart. Si un seul parent est vivant, le conjoint reçoit les trois quarts, le parent survivant un quart. Les parents ne sont plus héritiers réservataires depuis 2006 : un testament peut donc les écarter totalement. | Art. 757-1 C. civ. |
| Ni descendants ni ascendants | Le conjoint survivant recueille l'intégralité de la succession, à l'exclusion des frères, sœurs, oncles, tantes et cousins. Par dérogation, en cas de prédécès des père et mère, les frères et sœurs du défunt bénéficient d'un droit de retour légal sur la moitié des biens reçus par donation ou succession des ascendants — droit qui peut être écarté par une donation entre époux portant sur l'universalité des biens. | Art. 757-2 + 757-3 C. civ. |
La donation au dernier vivant (DDV), souvent appelée donation entre époux, permet à un époux d'élargir les droits successoraux de son conjoint au-delà du cadre légal. Reçue par acte notarié, elle reste révocable à tout moment et ouvre trois options au conjoint survivant au moment du décès. Le choix se fait au regard de la situation familiale, de l'âge du conjoint et de la composition du patrimoine.
Le démembrement de la clause bénéficiaire (désignation d'un usufruitier, souvent le conjoint, et de nus-propriétaires, les enfants) constitue l'une des stratégies les plus puissantes pour transmettre un capital à deux générations en une seule fois. L'usufruitier perçoit les fonds et en a la jouissance, mais reste redevable d'une créance de restitution envers les nus-propriétaires au terme de l'usufruit. Cette créance s'éteint au décès de l'usufruitier sans taxation supplémentaire : les nus-propriétaires récupèrent la pleine propriété en franchise totale. Cette double transmission par démembrement de propriété conjugue protection du conjoint et anticipation pour les enfants.
Fiscalement, l'abattement de 152 500 € prévu à l'article 990 I se répartit entre l'usufruitier et les nus-propriétaires selon les règles de l'article 669 CGI. Ce barème valorise l'usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier : 90 % de la pleine propriété avant 21 ans jusqu'à 10 % au-delà de 91 ans. Cette technique, particulièrement adaptée aux couples avec enfants, doit être rédigée avec rigueur pour éviter les écueils classiques : ambiguïté sur le quasi-usufruit, absence de convention de démembrement, indisponibilité des fonds.
Au-delà des droits successoraux, la loi accorde au conjoint survivant des protections spécifiques sur le logement familial et, en cas de besoin, un droit à pension alimentaire sur la succession.
Le conjoint survivant bénéficie automatiquement, pendant l'année qui suit le décès, de la jouissance gratuite du logement qu'il occupait à titre de résidence principale et du mobilier qui le garnissait. Ce droit d'ordre public ne peut être écarté par testament et s'applique également au partenaire de PACS depuis la loi du 23 juin 2006.
Le conjoint marié peut demander, dans l'année du décès, un droit d'habitation sur le logement familial et d'usage sur son mobilier, jusqu'à son propre décès. Ce droit s'impute sur la part successorale du conjoint, peut être écarté par testament authentique, et ne bénéficie ni au partenaire de PACS ni au concubin.
Pension alimentaire · Art. 767 C. civ. Si le conjoint survivant se trouve dans le besoin au moment du décès, il peut réclamer une pension alimentaire prélevée sur la succession. Cette créance alimentaire doit être réclamée dans l'année du décès ou du jour où les héritiers cessent de lui verser une aide financière, et présente un caractère subsidiaire : elle s'active lorsque les ressources du conjoint sont insuffisantes pour subvenir à ses besoins.
Le niveau de protection du partenaire survivant varie radicalement selon le statut juridique du couple. L'exonération fiscale de l'article 796-0 bis CGI, souvent citée comme argument en faveur du PACS, ne doit pas masquer une réalité civile : seul le mariage ouvre une vocation successorale automatique. Sans testament, le partenaire de PACS n'hérite de rien, même après plusieurs décennies de vie commune.
| Point de comparaison | Mariage | PACS | Concubinage |
|---|---|---|---|
| Vocation successorale légale | Oui — héritier ab intestat (art. 757) | Non — nécessite un testament | Non — aucun droit légal |
| Exonération de droits de succession | Oui — totale (art. 796-0 bis CGI) | Oui — totale (art. 796-0 bis CGI) | Non — taxation à 60 % après abattement de 1 594 € |
| Réserve héréditaire | Oui — en l'absence de descendants (art. 914-1) | Non | Non |
| Droit temporaire au logement (1 an) | Oui (art. 763 C. civ.) | Oui — étendu par la loi de 2006 | Non |
| Droit viager au logement | Oui (art. 764 C. civ.) | Non | Non |
| Donation au dernier vivant | Oui (art. 1094-1 C. civ.) | Non — transmission par testament uniquement | Non — transmission par testament uniquement |
Pour les couples pacsés, la structuration successorale repose sur un triptyque testament + assurance-vie + clause bénéficiaire adaptée. Le concubinage, dépourvu de toute protection légale, impose une vigilance particulière dès qu'un patrimoine significatif est en jeu. L'articulation civile entre régime conjugal et masse successorale conditionne directement les marges de manœuvre patrimoniales au décès.
Les droits de succession se calculent en plusieurs étapes : détermination de l'actif net transmis, application d'un abattement selon le lien de parenté avec le défunt, puis taxation de la part résiduelle selon un barème progressif propre à chaque catégorie d'héritiers. La règle du rappel fiscal sur quinze ans encadre l'articulation entre donations antérieures et succession.
La fiscalité successorale française combine ainsi des abattements personnels et un barème progressif qui frappe la part nette taxable. Certaines transmissions sont totalement exonérées : conjoint survivant et partenaire de PACS (art. 796-0 bis CGI), frères et sœurs sous conditions restrictives (art. 796-0 ter). La loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026, a créé un abattement spécifique pour les enfants du conjoint ou du partenaire de PACS, disposition particulièrement pertinente pour les familles recomposées.
| Lien de parenté avec le défunt | Abattement |
|---|---|
| Époux ou partenaire de PACSArt. 796-0 bis CGI | Exonération totale |
| Enfant — parent en ligne directeArt. 779 I CGI | 100 000 € |
| Petit-enfant venant directementArt. 788 IV CGI — abattement résiduel | 1 594 € |
| Enfant du conjoint ou partenaire de PACSArt. 788 III bis CGI — Nouveauté LFI 2026 | 15 932 € |
| Frère ou sœurArt. 779 IV CGI — exonération possible sous conditions (art. 796-0 ter) | 15 932 € |
| Neveu ou nièceArt. 779 V CGI | 7 967 € |
| Héritier en situation de handicapArt. 779 II CGI — cumulable avec l'abattement de parenté | 159 325 € |
| Autres héritiers ou absence de lienArt. 788 IV CGI — abattement résiduel | 1 594 € |
Les petits-enfants venant directement à la succession (par exemple lorsque leur parent renonce) ne bénéficient d'aucun abattement spécifique : s'applique alors l'abattement résiduel de 1 594 € prévu à l'article 788 IV CGI. En revanche, lorsqu'ils viennent en représentation d'un parent prédécédé (art. 752 C. civ.), les petits-enfants se partagent l'abattement de 100 000 € qui serait revenu à leur auteur. L'abattement spécifique de 31 865 € prévu à l'article 790 B CGI est réservé aux donations et ne s'applique pas en succession.
L'abattement de 15 932 € pour les enfants du conjoint ou du partenaire de PACS s'applique aux successions ouvertes à compter du 1er janvier 2026. Il est conditionné à une prise en charge effective et continue par le défunt, qualifiée par la loi de « secours et soins non interrompus » depuis le mariage ou la conclusion du PACS. Pour un enfant mineur au moment du décès, la prise en charge doit avoir duré cinq années minimum pendant sa minorité. Pour un enfant majeur au décès, la prise en charge doit avoir duré soit cinq années pendant sa minorité, soit dix années au total sur sa minorité et sa majorité. Au-delà de cet abattement, le taux applicable reste de 60 %.
Le barème progressif prévu à l'article 777 CGI s'applique à la part nette taxable revenant à chaque héritier en ligne directe (enfants, parents, petits-enfants venant en représentation) après application de l'abattement personnel. Ce barème est strictement identique à celui applicable aux donations en ligne directe.
| Part nette taxable après abattement | Taux applicable |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 110 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 933 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Pour les autres catégories d'héritiers (art. 777 CGI, tableau III), le barème est : frères et sœurs, 35 % jusqu'à 24 430 € puis 45 % au-delà ; collatéraux jusqu'au quatrième degré inclus (oncles, tantes, neveux, nièces, cousins), 55 % ; personnes non parentes et concubins, 60 %. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS étant totalement exonérés (art. 796-0 bis CGI), aucun barème ne leur est applicable.
Exonération totale de droits de succession, sans plafond ni condition. Cette exonération s'applique également aux legs testamentaires consentis au partenaire de PACS, ce qui fait du testament un outil déterminant pour sécuriser la transmission en l'absence de vocation successorale légale automatique.
Un frère ou une sœur peut bénéficier d'une exonération totale sous trois conditions cumulatives. Première condition : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps au décès. Deuxième condition : avoir plus de 50 ans ou être atteint d'une infirmité. Troisième condition : avoir été constamment domicilié avec le défunt pendant les cinq années ayant précédé le décès. Le célibat est interprété strictement, excluant le PACS selon la jurisprudence récente.
La transmission de titres de sociétés à activité opérationnelle (ou d'une entreprise individuelle) bénéficie d'une exonération de 75 % sur la valeur taxable, sous réserve d'engagements de conservation collectif puis individuel. Ce dispositif constitue le principal levier de transmission des entreprises familiales.
La loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026, a modifié sensiblement le cadre du pacte Dutreil. Deux évolutions majeures depuis cette date : l'allongement de la durée d'engagement individuel de quatre à six ans, et l'exclusion de certains actifs dits somptuaires de l'assiette d'exonération.
La page Donation détaille les abattements par lien de parenté (100 000 € parent-enfant, 31 865 € grand-parent / petit-enfant, 80 724 € entre époux, 15 932 € entre frères et sœurs). Elle présente également les mécanismes spécifiques : donation-partage, donation en démembrement, donation au dernier vivant. Elle couvre enfin le dispositif des dons familiaux de sommes d'argent (art. 790 G CGI) et le calendrier optimal de renouvellement des abattements tous les quinze ans.
Voir la page DonationLes donations consenties par le défunt à ses héritiers dans les quinze années précédant le décès sont rapportées à la succession pour le calcul des abattements et du barème progressif. Cette règle, dite du rappel fiscal, neutralise le contournement des plafonds d'abattement par échelonnement sur courte période : un enfant ayant reçu 60 000 € en donation cinq ans avant le décès ne dispose plus que de 40 000 € d'abattement résiduel au moment de la succession.
À l'inverse, les donations consenties plus de quinze ans avant le décès sont intégralement purgées : elles n'ont aucun impact sur la fiscalité successorale. L'abattement personnel est reconstitué dans son intégralité. Combiné à un échelonnement anticipé, le rappel fiscal fonde la stratégie de transmission par donations successives. La fiscalité successorale se pilote avant le décès, pas à sa survenance.
Quatre situations fréquentes illustrent l'articulation des droits légaux, des abattements et du barème progressif. Les calculs s'appuient sur les tranches et montants en vigueur au 1er janvier 2026.
Régime matrimonial, donation au dernier vivant, clause bénéficiaire, calendrier de transmission : chaque arbitrage pris aujourd'hui détermine la fiscalité et la cohérence familiale après le décès.
Prendre rendez-vousRégime matrimonial, donation au dernier vivant, clause bénéficiaire, calendrier de transmission : chaque arbitrage pris aujourd'hui détermine la fiscalité et la cohérence familiale après le décès.
Prendre rendez-vousSept points de repère essentiels sur la dévolution légale, les droits du conjoint, la fiscalité successorale et les outils d'anticipation.
Une stratégie successorale peut être déjouée par des erreurs de forme ou des omissions techniques qui ne se révèlent qu'au décès. Trois pièges récurrents, et la manière dont ATRIOMA les neutralise en amont.
Une clause bénéficiaire en démembrement qui ne précise ni la convention de quasi-usufruit, ni les modalités de la créance de restitution, expose les nus-propriétaires à un blocage des fonds et à une requalification fiscale. L'article 990 I CGI suppose une rédaction techniquement complète : identification des usufruitiers et nus-propriétaires, articulation avec la convention notariale, modalités d'exercice. Sans ces mentions, l'avantage fiscal poursuivi peut être perdu.
Une assurance-vie souscrite tardivement avec des primes manifestement exagérées peut faire l'objet d'une action en rapport à la succession (art. L. 132-13 du Code des assurances). Elle peut également être requalifiée en donation indirecte selon la jurisprudence de la Cour de cassation. La jurisprudence apprécie l'âge du souscripteur, ses situations patrimoniale et familiale, et l'utilité du contrat — au moment du versement. Une requalification réintègre les capitaux dans la masse successorale et expose à l'action en réduction des héritiers réservataires.
Un pacte Dutreil (art. 787 B CGI) suppose le respect cumulatif d'un engagement collectif de deux ans avant la transmission, d'un engagement individuel de six ans après, et de l'exercice d'une fonction de direction pendant trois ans. Une cession partielle non anticipée, un départ de fonction prématuré ou une réorganisation capitalistique mal calibrée peut faire perdre rétroactivement l'exonération de 75 %, avec intérêts de retard.
Le cabinet rédige les clauses bénéficiaires complexes avec l'avocat fiscaliste partenaire et vérifie la cohérence de chaque souscription d'assurance-vie au regard de la situation patrimoniale. Les engagements Dutreil sont pilotés sur toute leur durée. Chaque acte est tracé, chaque échéance suivie, chaque évolution familiale ou capitalistique fait l'objet d'une revue de cohérence. La coordination avec le notaire et l'expert-comptable garantit la sécurité juridique de bout en bout.
Une stratégie successorale articule des dimensions civiles, fiscales et patrimoniales rarement examinées ensemble. ATRIOMA structure la démarche autour de trois temps qui couvrent la totalité du cycle, de la lecture de la situation à la traçabilité des actes.
1. Cartographier
Cartographie des héritiers selon les articles 734 et suivants du Code civil, identification des réservataires (art. 913), inventaire des donations antérieures soumises au rappel fiscal de quinze ans (art. 784 CGI). L'analyse du régime matrimonial conditionne la masse successorale : communauté, séparation de biens, participation aux acquêts, contrat de mariage modifié.
2. Articuler
Choix entre donation au dernier vivant (art. 1094-1 C. civ.) et testament authentique, rédaction de la clause bénéficiaire d'assurance-vie (art. 990 I CGI), articulation avec le pacte Dutreil (art. 787 B CGI) pour les titres de société. Calendrier de transmission étalé sur quinze ans glissants pour renouveler les abattements de 100 000 € par parent (art. 779 CGI).
3. Tracer
Rédaction des actes authentiques par les notaires partenaires, vérification fiscale par l'avocat fiscaliste, suivi de la chaîne d'enregistrement. Mise à jour de la stratégie en cas d'évolution familiale ou législative. La doctrine de l'abus de droit (art. L. 64 du LPF) impose une cohérence économique des montages : la traçabilité des intentions et des actes constitue la première ligne de défense en cas de contrôle.
Une cohérence d'ensemble, pas un outil isolé.
Composition familiale, régime matrimonial, calendrier de transmission, articulation entre donation, assurance-vie et pacte Dutreil : chaque arbitrage successoral se calibre à l'intersection de ces dimensions. Une donation au dernier vivant isolée n'a pas le même effet selon le régime matrimonial ou la présence d'enfants non communs. Une clause bénéficiaire démembrée se justifie quand le couple a déjà sécurisé l'usufruit du logement. C'est l'articulation des outils, pas leur juxtaposition, qui transforme une stratégie successorale en architecture cohérente.
Un suivi dans la durée, pas un acte ponctuel.
Plusieurs événements de vie peuvent rendre obsolète une organisation pourtant correctement calibrée à l'origine. Un mariage, une naissance, une recomposition familiale. L'acquisition d'un bien immobilier significatif, la cession partielle d'une entreprise, un départ en retraite. Trois gestes structurent le suivi : renouveler une donation tous les quinze ans, ajuster une clause bénéficiaire après un changement familial, vérifier la cohérence d'un pacte Dutreil avant une cession. Ce travail de suivi transforme un dossier patrimonial en véritable stratégie de transmission.
Un cadre qui bouge, pas une vérité figée.
L'environnement réglementaire évolue. La loi de finances 2026 a modifié le pacte Dutreil, créé un abattement spécifique pour les enfants du conjoint ou du partenaire de PACS, et clarifié plusieurs points sur la clause bénéficiaire démembrée. Une stratégie construite aujourd'hui doit pouvoir être révisée demain, sans tout refonder. C'est aussi à cela que sert un conseil patrimonial dans la durée : tenir à jour la stratégie successorale, et l'adapter à mesure que la famille, le patrimoine et la réglementation évoluent.
Afin d'apporter une expertise globale à ses clients et de répondre à l'ensemble de leurs problématiques, le cabinet s'articule autour de trois pôles spécialisés. Chacun apporte une réponse experte et adaptée aux enjeux financiers, juridiques, assurantiels et immobiliers.
Un accompagnement stratégique et sur mesure pour structurer, valoriser et transmettre. De la stratégie fiscale aux arbitrages d'investissement, ATRIOMA se positionne en chef d'orchestre pour une gestion cohérente et pérenne des actifs.
Assurance de personnes et IARD pour une couverture complète. ATRIOMA accompagne ses clients particuliers, professionnels et entreprises dans la mise en place de garanties calibrées au profil de risque.
Investissements et cessions de biens professionnels ou familiaux. Le cabinet apporte un accompagnement sur mesure pour mener les projets immobiliers de bout en bout, depuis l'audit initial jusqu'à la finalisation des actes.
Fondé en 2019 et établi au 56 rue de Passy dans le 16e arrondissement de Paris, ATRIOMA est un cabinet de conseil multidisciplinaire en gestion privée. Le cabinet exerce sous quatre statuts réglementés : Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations Bancaires et en Services de Paiement (COBSP), et Carte T pour les transactions immobilières. ATRIOMA est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 19006974 et supervisé par l'AMF et l'ACPR.
Un grand merci à ATRIOMA, et tout particulièrement à Alexis et Adrien qui m'ont encadré et apporté tous les conseils dont j'avais besoin.
Cabinet sérieux, à l'écoute et de très bons conseils. Je recommande vivement Alexis qui a parfaitement compris mes besoins et m'a guidée avec professionnalisme.
Très professionnel, disponible et de bon conseil. ATRIOMA m'a permis de structurer la couverture de mon activité avec rigueur et clarté.
Excellent accompagnement, un cabinet rigoureux et à l'écoute. La qualité du conseil et la disponibilité font la différence.
Donation simple, donation-partage, donation au dernier vivant : anticiper la transmission par les libéralités du vivant.
En savoir plusCommunauté, séparation de biens, participation aux acquêts : le régime conditionne la masse successorale au décès.
En savoir plusDonation en nue-propriété et clause bénéficiaire démembrée : transmettre à deux générations en une seule fois.
En savoir plusL'analyse globale en amont : cartographier le patrimoine, identifier les leviers civils et fiscaux, calibrer la stratégie.
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