Ingénierie patrimoniale · Donation & abattements

La donation transmettre un patrimoine de son vivant

Abattements familiaux, barème progressif, démembrement, donation-partage : la donation reste l'un des leviers les plus efficaces pour anticiper la transmission et alléger la fiscalité successorale. Son efficacité dépend du calendrier, du lien de parenté et de la structuration choisie.

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L'essentiel

Un transfert de propriété entre vifs, encadré civilement et fiscalement

01

Un acte juridique à effet immédiat

La donation transfère de son vivant la propriété d'un bien à un bénéficiaire désigné. Le transfert peut porter sur la pleine propriété, la nue-propriété ou l'usufruit. L'acte est en principe irrévocable, sauf cas légaux limitativement énumérés.

02

Un calendrier qui devient un levier

Chaque couple donateur-donataire dispose d'abattements qui se renouvellent tous les 15 ans. Entre parent et enfant, l'abattement atteint 100 000 € par cycle. Le calendrier des donations cesse alors d'être un détail et devient un axe stratégique.

03

Plusieurs outils combinables, pas exclusifs

La donation simple, la donation-partage, le démembrement de propriété et le pacte Dutreil sur les parts professionnelles se combinent dans une même stratégie. Le choix dépend de l'intention du donateur, de la composition du patrimoine et de la cohérence avec la réserve héréditaire.

Pourquoi c'est stratégique

La donation pour professions libérales et dirigeants : anticiper plutôt que subir la succession

Transmettre de son vivant, c'est anticiper. Le donateur peut utiliser les abattements familiaux, alléger la fiscalité successorale et organiser la répartition entre héritiers. L'efficacité suppose de calibrer ensemble le calendrier, la forme et le lien de parenté.

Abattements renouvelables

100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans. Un calendrier stratégique allège la fiscalité successorale.

Anticipation fiscale

Transmettre tôt, par paliers successifs, permet de purger la plus-value latente et de lisser l'imposition.

Démembrement ciblé

Donner la nue-propriété en conservant l'usufruit : droits calculés sur une assiette réduite (art. 669 CGI).

Équité entre héritiers

La donation-partage fige la valeur au jour de la donation et prévient les contestations successorales.

Trouver le bon levier

Aider · Organiser · Alléger

La donation n'est pas un produit qu'on choisit, c'est une stratégie qu'on compose. Selon l'intention du donateur, soutenir un proche, structurer la transmission familiale ou alléger la fiscalité d'un patrimoine conséquent, différents leviers s'articulent. Ces trois angles ne s'excluent pas : ils se combinent dans une stratégie d'ensemble.

Aider

Une transmission ponctuelle et directe

Quand l'utiliser

Soutenir l'achat d'une résidence principale par un enfant, financer des études supérieures, accompagner le démarrage d'une activité professionnelle. Une transmission directe, sans architecture complexe.

Leviers mobilisables
  • Don familial de somme d'argentJusqu'à 31 865 € exonérés (art. 790 G CGI), cumulable avec l'abattement classique
  • Donation simple en pleine propriétéAbattement parent-enfant 100 000 € sur 15 ans (art. 779 CGI)
  • Présent d'usageHors champ fiscal si proportionné aux revenus et à la circonstance

Organiser

Une transmission équilibrée entre héritiers

Quand l'utiliser

Plusieurs enfants, famille recomposée, biens à répartir équitablement. La donation-partage fige les valeurs au jour de l'acte et prévient les contestations futures entre cohéritiers.

Leviers mobilisables
  • Donation-partage classiqueRépartition entre enfants présents, valeur figée au jour de l'acte
  • Donation-partage transgénérationnelleSaut de génération avec accord des enfants : transmission directe aux petits-enfants
  • Donation graduelle ou résiduelleTransmission en chaîne : 1er bénéficiaire puis 2ᵉ au décès du premier

Alléger

Une transmission fiscalement efficace

Quand l'utiliser

Patrimoine immobilier conséquent, parts d'entreprise familiale, volonté de conserver la jouissance ou les revenus du bien transmis. Les leviers patrimoniaux se combinent avec la donation simple ou la donation-partage.

Leviers mobilisables
  • Démembrement de propriétéDonateur garde l'usufruit, droits calculés sur la nue-propriété (art. 669 CGI)
  • Pacte DutreilAbattement de 75 % sur la valeur des parts SEL/SELARL ou entreprise (art. 787 B CGI)
  • Donation hors part successoraleAvantage non rapporté à la succession, dans la limite de la quotité disponible

Ces trois angles se combinent dans la pratique. Une donation-partage peut intégrer du démembrement, un pacte Dutreil peut être inclus dans une donation simple, un don familial peut s'inscrire en avance sur une donation-partage future. La stratégie patrimoniale articule les outils selon la composition du patrimoine, la situation familiale et les objectifs du donateur.

ATRIOMA Gestion Privée, cabinet de conseil indépendant Paris 16e
ATRIOMA Gestion Privée

Le chef d'orchestre de la transmission patrimoniale

Une donation efficace se limite rarement à un acte notarié isolé. Elle articule plusieurs métiers, dont la fiscalité, le droit civil et le droit des affaires, qui doivent être orchestrés ensemble pour produire un résultat juridiquement cohérent.

ATRIOMA assure cette coordination. Le cabinet est l'interlocuteur unique du client patrimonial. Il coordonne le notaire chargé de l'acte, l'avocat fiscaliste pour les pactes Dutreil et les structurations complexes. Il dialogue également avec l'expert-comptable du dirigeant pour la valorisation des parts professionnelles. Chaque levier, qu'il s'agisse d'abattement, de démembrement, de donation-partage ou de pacte Dutreil, est arbitré dans la cohérence d'une stratégie patrimoniale d'ensemble.

Nos partenaires

Des partenaires sélectionnés avec exigence

Chaque partenaire est sélectionné sur des critères objectifs : solidité financière, qualité des produits, réactivité opérationnelle, capacité à traiter les configurations complexes.

Le mécanisme

Des abattements par lien de parenté, renouvelables tous les 15 ans

Avant d'appliquer le barème fiscal, la loi prévoit des abattements qui réduisent la base imposable. Ces abattements se renouvellent intégralement tous les 15 ans entre un même couple donateur-donataire (art. 779 du CGI). Le cycle de quinze ans transforme la transmission en stratégie échelonnée plutôt qu'en geste isolé.

Lien de parenté Abattement ★ Référence CGI Barème applicable au surplus
Enfant — ligne directe 100 000 € Art. 779 I Ligne directe — 5 % à 45 %
80 724 € Art. 790 E & 790 F Entre époux et PACS — 5 % à 45 %
31 865 € Art. 790 B Ligne directe — 5 % à 45 %
15 932 € Art. 779 IV Collatéraux privilégiés — 35 % / 45 %
7 967 € Art. 779 V Parents jusqu'au 4ᵉ degré — 55 %
5 310 € Art. 790 D Ligne directe — 5 % à 45 %
+159 325 € Art. 779 II Cumulable avec l'abattement personnel selon le lien de parenté
Aucun Taux unique — 60 %

Les abattements s'apprécient par couple donateur-donataire et se renouvellent intégralement tous les 15 ans. La règle du rappel fiscal (art. 784 CGI) impose de réintégrer les donations antérieures de moins de 15 ans dans le calcul de toute nouvelle donation au même bénéficiaire.

Barème progressif

Barème progressif des droits de donation en ligne directe

Après déduction de l'abattement, la base imposable est taxée selon un barème progressif par tranches (art. 777 du CGI). Le barème ci-dessous s'applique aux donations aux enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et ascendants en ligne directe.

Tranche de la part taxable Taux ★ Montant maximal de la tranche
Jusqu'à 8 072 € 5 % 403,60 €
10 % 403,70 €
15 % 573,45 €
20 % 107 278,40 €
30 % 105 154,20 €
40 % 361 135,60 €
45 % Sans plafond

Le barème entre époux ou partenaires de PACS suit une structure similaire. Les tranches sont légèrement différentes : 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % jusqu'à 15 932 €, 15 % jusqu'à 31 865 €, puis 20 % jusqu'à 552 324 €. Les frères et sœurs relèvent d'un barème à deux tranches (35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà). Les collatéraux jusqu'au 4ᵉ degré sont imposés au taux unique de 55 %, les concubins et tiers à 60 %.

Cas particuliers

Dispositifs spécifiques et exonérations complémentaires

Au-delà des abattements de droit commun, plusieurs dispositifs permettent d'aller plus loin dans la transmission. Don familial de somme d'argent, présent d'usage, abattement spécifique pour les bénéficiaires en situation de handicap : ces leviers se cumulent avec les abattements de base et ouvrent des marges supplémentaires.

"Le don familial de somme d'argent se cumule intégralement avec l'abattement parent-enfant. Combiné sur 15 ans, un parent de moins de 80 ans peut transmettre 131 865 € à chaque enfant majeur en franchise totale de droits."

Don familial de somme d'argent (art. 790 G CGI)
Exonération · 31 865 € · cumulable

Une exonération supplémentaire de 31 865 € s'applique aux dons en numéraire consentis à un enfant, un petit-enfant ou un arrière-petit-enfant. À défaut de descendance, elle s'étend au neveu ou à la nièce. Deux conditions cumulatives : le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour de la transmission, le donataire doit être majeur ou émancipé. L'exonération se cumule intégralement avec les abattements de droit commun et se renouvelle tous les 15 ans. Le don doit être déclaré par le donataire dans le mois qui suit le versement. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la déclaration se fait exclusivement en ligne sur impots.gouv.fr.

Cumul avec l'abattement parent-enfant Un parent de 65 ans peut transmettre 131 865 € à chacun de ses enfants majeurs en franchise totale (100 000 € au titre de l'art. 779 + 31 865 € au titre de l'art. 790 G). Renouvelable tous les 15 ans tant que les conditions sont remplies.
Non soumis aux droits · proportionnalité

Le présent d'usage correspond à un cadeau offert à l'occasion d'un événement particulier, comme un anniversaire, un mariage ou une fête de fin d'année, proportionné à la fortune du donateur. Contrairement à la donation, il n'est pas soumis aux droits de mutation à titre gratuit dès lors qu'il respecte les conditions cumulatives de proportionnalité et de contexte événementiel. L'article 852 du Code civil et la doctrine fiscale (rescrit du 3 avril 2013) écartent expressément toute règle de proportionnalité préétablie. La qualification s'apprécie au cas par cas, selon la fortune du donateur au jour du présent. Aucun seuil chiffré n'est opposable à l'administration fiscale, ni en pourcentage du patrimoine, ni en pourcentage des revenus. Celle-ci conserve son pouvoir d'appréciation souverain et peut requalifier un présent d'usage en donation déguisée en cas de contrôle.

Risque de requalification En cas de contrôle, l'administration fiscale peut requalifier un présent d'usage en donation déguisée si le montant est jugé excessif par rapport au patrimoine du donateur ou si l'occasion justifiant le don n'est pas caractérisée. La requalification entraîne l'application rétroactive des droits de donation.
Abattement supplémentaire · 159 325 €

Un abattement spécifique de 159 325 € s'applique pour toute personne en situation de handicap, quel que soit son lien de parenté avec le donateur. Cet abattement se cumule avec l'abattement personnel de droit commun (100 000 € en ligne directe, 80 724 € entre époux ou PACS, 31 865 € pour un petit-enfant). L'infirmité doit exister à la date de la donation et être justifiée par tout élément de preuve : certificat médical, décision MDPH, attestation d'établissement spécialisé.

Cumul total en ligne directe Un parent peut transmettre jusqu'à 259 325 € à un enfant en situation de handicap en franchise totale de droits (100 000 € art. 779 I + 159 325 € art. 779 II), renouvelable tous les 15 ans. Pour un petit-enfant, l'abattement total atteint 191 190 € (31 865 € + 159 325 €).

Dispositif temporaire art. 790 A bis CGI : du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, un don familial complémentaire de 100 000 € par donateur au profit d'un descendant est exonéré de droits. Le plafond global est de 300 000 € par donataire. La somme doit être affectée à l'acquisition d'un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique. Ce dispositif se cumule avec les abattements de droit commun (art. 779 et 790 G CGI). Après le 31 décembre 2026, il s'éteint sauf prorogation législative. Un levier temporaire se saisit sur calendrier, pas a posteriori.

Transmission pro

Transmission d'entreprise et de parts professionnelles

Deux dispositifs majeurs structurent la transmission d'une entreprise ou de parts professionnelles. Le pacte Dutreil ouvre une exonération de 75 % sur la transmission familiale, l'article 790 A CGI prévoit un abattement de 500 000 € pour la donation à un salarié. Leur articulation fait l'objet d'un arbitrage technique au cas par cas.

"Pour un médecin qui transmet un million d'euros de parts de SELARL à ses enfants, le pacte Dutreil peut réduire les droits de 60 000 € à 10 000 € par enfant. La condition : anticiper l'engagement collectif de conservation avant la donation."

Pacte Dutreil (art. 787 B CGI)
Exonération 75 % · transmission d'entreprise familiale

Le pacte Dutreil (art. 787 B du CGI) est un dispositif d'exonération partielle des droits de mutation à titre gratuit. Il s'applique à la transmission par donation ou succession de parts ou actions de sociétés exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. L'abattement atteint 75 % de la valeur des parts transmises, sous quatre conditions cumulatives. Un engagement collectif de conservation de 2 ans minimum doit être souscrit avant la donation. Depuis la loi de finances 2026, l'engagement individuel court ensuite sur 6 ans à compter de la transmission, contre 4 ans auparavant. Une fonction de direction doit être exercée par l'un des signataires pendant au moins 3 ans en cas de donation entre vifs. La société doit exercer une activité éligible pendant toute la durée des engagements. Les SEL exerçant une activité libérale peuvent être éligibles, sous réserve de respecter les conditions de forme et la nature de l'activité. Une réduction supplémentaire de 50 % sur les droits restants s'applique lorsque le donateur a moins de 70 ans. Le pacte Dutreil se combine avec les abattements de droit commun et le barème progressif.

Illustration — transmission de parts de SELARL Un médecin de 65 ans détient des parts de SELARL valorisées 1 000 000 € et souhaite en transmettre la nue-propriété à ses deux enfants. Sans pacte Dutreil, l'assiette taxable (après barème art. 669 CGI et abattement 100 000 € par enfant) conduit à des droits de l'ordre de 60 000 € par enfant. Avec pacte Dutreil, l'assiette est réduite de 75 % avant application des abattements. Les droits tombent autour de 10 000 € par enfant, soit une économie de près de 100 000 € sur l'opération. La réduction supplémentaire de 50 % pour donateur de moins de 70 ans divise encore ces droits par deux.
Abattement 500 000 € · salarié ou apprenti

Un abattement spécifique de 500 000 € s'applique à la donation en pleine propriété de fonds de commerce, fonds artisanaux, fonds agricoles ou clientèles d'entreprise individuelle. Il couvre également les parts et actions de sociétés exerçant une activité éligible : industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. Le bénéficiaire doit être un salarié ou un apprenti de l'entreprise (art. 790 A CGI, dans sa rédaction applicable aux donations réalisées depuis le 1ᵉʳ janvier 2024). Le dispositif suppose notamment une durée minimale d'activité salariée dans l'entreprise au jour de la donation et l'engagement du donataire de poursuivre l'exploitation pendant 5 ans. Ce levier est utilisé dans les schémas de transmission de cabinet libéral ou d'entreprise familiale à un collaborateur de confiance.

Articulation avec les autres abattements L'abattement 790 A CGI se cumule avec les autres abattements de droit commun applicables (ligne directe, ligne collatérale, handicap). La combinaison avec le pacte Dutreil (art. 787 B CGI) sur une même transmission fait l'objet d'un arbitrage technique dont les conditions varient selon la configuration : la valorisation des parts, l'âge du donateur et le profil du donataire orientent le choix du dispositif le plus avantageux.
En pratique

Exemples chiffrés de calcul des droits de donation

Quatre situations fréquentes illustrent l'articulation des abattements et du barème progressif. Les calculs s'appuient sur les tranches en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026.

Parent → enfant

200 000 € à un enfant majeur

Droits dus 18 194 €
Détail du calcul
Abattement
100 000 € art. 779 I CGI
Base imposable
100 000 €
Barème appliqué
Ligne directe art. 777 CGI
  • Jusqu'à 8 072 € × 5 % = 403,60 €
  • 8 073 à 12 109 € × 10 % = 403,70 €
  • 12 110 à 15 932 € × 15 % = 573,45 €
  • 15 933 à 100 000 € × 20 % = 16 813,60 €
À retenir Taux effectif de 9,1 % sur le montant total donné. L'abattement parent-enfant se renouvelle intégralement tous les 15 ans entre le même couple donateur-donataire.
Détail du calcul
Abattement
80 724 € art. 790 E CGI
Base imposable
119 276 €
Barème appliqué
Époux & PACS art. 777 CGI
  • Jusqu'à 8 072 € × 5 % = 403,60 €
  • 8 073 à 15 932 € × 10 % = 786,00 €
  • 15 933 à 31 865 € × 15 % = 2 389,95 €
  • 31 866 à 119 276 € × 20 % = 17 482,20 €
À retenir Pour mémoire, la succession entre époux mariés ou partenaires de PACS est intégralement exonérée de droits (art. 796-0 bis CGI). La donation entre époux reste utile pour organiser la transmission du vivant dans certaines configurations patrimoniales.
Détail du calcul
Abattement
31 865 € art. 790 B CGI
Base imposable
68 135 €
Barème appliqué
Ligne directe art. 777 CGI
  • Jusqu'à 8 072 € × 5 % = 403,60 €
  • 8 073 à 12 109 € × 10 % = 403,70 €
  • 12 110 à 15 932 € × 15 % = 573,45 €
  • 15 933 à 68 135 € × 20 % = 10 440,60 €
À retenir En cumulant le don familial de somme d'argent (art. 790 G CGI), un grand-parent de moins de 80 ans peut transmettre 63 730 € en franchise totale de droits à un petit-enfant majeur.
Détail du calcul
Valeur nue-propriété
60 % × 500 000 € = 300 000 € art. 669 CGI
Abattement enfant
100 000 € art. 779 I CGI
Base imposable
200 000 €
  • Trois premières tranches = 1 380,75 €
  • 15 933 à 200 000 € × 20 % = 36 813,60 €
À retenir Contre 80 000 € environ pour une donation en pleine propriété. Au décès de l'usufruitier, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires.

Ces calculs sont fournis à titre indicatif. Ils supposent qu'aucune donation antérieure de moins de 15 ans n'a été consentie au même bénéficiaire et que les abattements sont intégralement disponibles. En présence de donations antérieures, la règle du rappel fiscal (art. 784 CGI) impose un retraitement des bases et des tranches déjà utilisées. Chaque donation s'inscrit dans un calendrier, jamais en isolé.

Transmettre tôt,
c'est transmettre plus.

ATRIOMA cartographie les abattements mobilisables, arbitre entre donation en pleine propriété et donation démembrée, et calibre le calendrier des transmissions pour aligner la stratégie patrimoniale sur l'horizon familial.

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Questions fréquentes

Les questions les plus fréquentes

Profils concernés
Médecins Avocats Dirigeants Experts-comptables Chirurgiens Familles recomposées
Quelle est la différence entre donation simple et donation-partage ?
La donation simple transmet un ou plusieurs biens à un bénéficiaire donné, sans organiser la répartition globale du patrimoine. La donation-partage anticipe la succession en répartissant tout ou partie des biens entre plusieurs héritiers. Elle fige leur valeur au jour de la donation. Ce figement évite les réévaluations au décès du donateur et limite fortement les contestations successorales entre héritiers. La donation-partage suppose généralement l'intervention d'un notaire et implique que chaque héritier réservataire reçoive une part.
Chaque parent peut transmettre jusqu'à 100 000 € à chacun de ses enfants en exonération totale de droits, renouvelable tous les 15 ans (art. 779 du CGI). L'abattement s'applique aussi aux donations en démembrement, sur la valeur de la quote-part transmise. D'autres abattements existent selon le lien de parenté. Petits-enfants : 31 865 €. Frères et sœurs : 15 932 €. Neveux et nièces : 7 967 €. Arrière-petits-enfants : 5 310 €. Les personnes en situation de handicap bénéficient d'un abattement supplémentaire de 159 325 €, cumulable avec les autres.
Oui. Un don manuel, par exemple une somme d'argent, des bijoux ou des titres financiers, peut être réalisé sans acte notarié. Il doit cependant être déclaré à l'administration fiscale par le donataire dans le délai d'un mois suivant le versement, au moyen du formulaire n° 2735 ou désormais en ligne sur impots.gouv.fr. Le don ouvre droit aux abattements habituels (art. 779 CGI). Il peut aussi bénéficier de l'exonération spécifique de 31 865 € prévue à l'article 790 G du CGI si le donateur a moins de 80 ans et que le donataire est majeur.
Oui, c'est l'un des leviers fréquemment mobilisés en stratégie de transmission. Le donateur conserve l'usufruit (revenus et usage du bien), le donataire reçoit la nue-propriété. Les droits de donation se calculent sur la seule valeur de la nue-propriété selon le barème de l'article 669 du CGI, qui dépend de l'âge de l'usufruitier. La nue-propriété représente 60 % de la valeur totale si l'usufruitier a entre 61 et 70 ans, 70 % entre 71 et 80 ans, 80 % entre 81 et 90 ans. Au décès de l'usufruitier, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires. Les modalités et cas d'usage du démembrement sont développés sur la page démembrement de propriété.
Oui. La donation de parts de SEL ou SELARL à ses enfants, en pleine propriété ou avec réserve d'usufruit, constitue un levier de transmission patrimoniale majeur pour les professions libérales exerçant en société. Les droits de donation se calculent sur la valeur des parts, après application de l'abattement parent-enfant de 100 000 € (art. 779 CGI) et, le cas échéant, du barème démembré (art. 669 CGI). L'opération peut bénéficier du pacte Dutreil (art. 787 B CGI) qui ouvre droit à un abattement supplémentaire de 75 % sur la valeur des parts transmises, sous conditions d'engagement collectif de conservation. La rédaction statutaire et les règles ordinales propres à la profession concernée requièrent une analyse spécifique. ATRIOMA structure la stratégie globale et coordonne la mise en œuvre avec les avocats fiscalistes et notaires partenaires.
L'administration fiscale applique un mécanisme de rappel fiscal. Toute nouvelle donation entre le même donateur et le même donataire dans les 15 ans suivant une précédente donation se cumule à cette dernière. Le cumul porte sur le calcul des abattements et du barème. Si l'abattement de 100 000 € a déjà été utilisé en totalité, aucun nouvel abattement ne s'applique tant que le délai de 15 ans n'est pas expiré. Le barème progressif reprend à la tranche où la précédente donation s'est arrêtée. Cette règle impose de construire un calendrier de transmission réfléchi, notamment pour les patrimoines importants nécessitant plusieurs donations successives. Les dons familiaux de sommes d'argent (art. 790 G CGI) bénéficient d'un délai de rappel distinct de celui des donations de biens, ce qui ouvre des possibilités d'articulation avec la stratégie successorale d'ensemble.
La donation-partage fige la valeur des biens donnés au jour de la donation. Au décès du donateur, les biens ne sont pas réévalués pour le calcul de la part de chaque héritier réservataire. Cette règle protège l'équilibre familial. Dans une donation simple, la plus-value postérieure peut au contraire créer un déséquilibre entre héritiers. Le figement par la donation-partage évite les conflits liés à la valorisation différée. Un enfant qui reçoit un bien qui prend beaucoup de valeur, l'autre qui reçoit une somme d'argent stable : sans figement, l'écart se creuse. Le règlement de la succession s'en trouve considérablement simplifié.
Oui. L'administration fiscale admet que les droits de donation soient acquittés par le donateur sans que ce paiement soit lui-même considéré comme un complément de donation. C'est un levier patrimonial à part entière : le donataire reçoit l'intégralité du montant donné et le donateur assume la charge fiscale associée, sans alourdir la base imposable. Cette règle s'applique uniquement aux droits de mutation à titre gratuit, pas aux frais de notaire éventuels qui restent généralement à la charge du donataire selon l'usage.
ATRIOMA analyse la stratégie de donation dans le cadre du bilan patrimonial global. Le cabinet identifie les abattements mobilisables, calibre le calendrier de transmission pour rythmer les renouvellements d'abattement sur 15 ans, arbitre entre donation en pleine propriété et donation démembrée. La coordination avec les notaires et avocats fiscalistes partenaires à Paris intervient ensuite pour la mise en œuvre. Les actes authentiques (donation-partage, donation immobilière) sont rédigés par les notaires partenaires. ATRIOMA structure en amont la stratégie et accompagne les arbitrages.
Ce que les actes ne disent pas toujours

Donation mal préparée : les risques que les conseils standards n'expliquent pas

La donation paraît simple sur le papier. Dans les faits, plusieurs angles morts juridiques et fiscaux peuvent transformer une transmission anticipée en source de redressement, de contestation, voire d'annulation. Voici les situations concrètes qui exigent une vraie ingénierie patrimoniale.

Le don manuel non déclaré

Un parent verse 50 000 € à son enfant sans formaliser la donation. Au décès, l'administration fiscale (ou les cohéritiers) découvrent le mouvement. Le don est requalifié et rappelé à la succession sans bénéfice de l'abattement consommé. Pire : si le don remonte à moins de 15 ans, il s'ajoute aux donations antérieures et fait basculer la succession dans des tranches supérieures du barème (art. 784 CGI). La déclaration formelle (formulaire 2735 ou acte notarié) sécurise la date et l'antériorité.

Notre approche

Une donation construite dans la cohérence patrimoniale d'ensemble

Une donation se prépare rarement de manière isolée. Calendrier des cycles de quinze ans, articulation avec le régime matrimonial, place dans la stratégie successorale, choix entre pleine propriété et démembrement, éligibilité au pacte Dutreil : chaque arbitrage s'inscrit dans une stratégie patrimoniale globale. ATRIOMA structure cette articulation en trois temps.

1. Anticiper

Le calendrier sur quinze ans et la cohérence familiale

Inventaire des donations antérieures et calcul de la fenêtre de rappel fiscal (art. 784 CGI), projection des abattements mobilisables par bénéficiaire sur trois cycles, articulation avec la réserve héréditaire (art. 912 et 913 C. civ.). La cartographie initiale détermine ce qui est encore possible et ce qui ne l'est plus.

2. Structurer

Le choix des outils et leur articulation

Arbitrage entre donation simple, donation-partage (art. 1075 C. civ.), démembrement de propriété (art. 669 CGI), don familial de somme d'argent (art. 790 G CGI) et pacte Dutreil sur les parts professionnelles (art. 787 B CGI). Chaque outil répond à un objectif distinct ; la combinaison fait la stratégie.

3. Formaliser

Coordination notariale et traçabilité des actes

Rédaction des actes authentiques par les notaires partenaires, contrôle de la motivation économique et de la substance des montages au regard de l'art. L. 64 LPF sur l'abus de droit. Traçabilité des pactes Dutreil et des engagements de conservation, dossier opposable à un contrôle ultérieur.

En perspective

La donation, une stratégie qui se déploie dans la durée


Un cycle long, pas un geste ponctuel.

La donation n'est pas un acte isolé qu'on accomplit une fois pour solde. Elle s'inscrit dans des cycles de quinze ans qui rythment la transmission entre vifs. Pour un patrimoine significatif, l'enjeu n'est pas de donner beaucoup en une fois. Il est d'organiser plusieurs donations successives qui exploitent à chaque renouvellement les abattements de droit commun (art. 779 CGI) et les dons familiaux complémentaires (art. 790 G CGI). La projection sur deux ou trois cycles transforme une fiscalité subie en stratégie maîtrisée.

Une trajectoire, pas un gain fiscal isolé.

Au-delà de la fiscalité, la donation engage le régime matrimonial du donateur, la réserve héréditaire des cohéritiers, la stratégie successorale d'ensemble. Le démembrement de propriété fige le cadre patrimonial sur l'espérance de vie de l'usufruitier. La donation-partage protège l'équilibre entre héritiers en figeant les valeurs au jour de la donation, sans réévaluation au décès. Le pacte Dutreil impose un engagement de conservation sur huit ans cumulés. Chaque levier engage la trajectoire familiale, pas seulement l'exercice fiscal en cours.

Un cadre qui bouge, pas une vérité figée.

L'environnement juridique et fiscal de la transmission évolue régulièrement. La loi de finances 2026 a allongé l'engagement individuel Dutreil de quatre à six ans. Le dispositif temporaire de l'art. 790 A bis CGI s'éteint au 31 décembre 2026 sauf prorogation. La jurisprudence sur la qualification d'activité éligible Dutreil se densifie année après année. Un dossier construit aujourd'hui doit pouvoir être révisé demain, sans tout reprendre. C'est aussi à cela que sert un accompagnement dans la durée : tenir la stratégie à jour à mesure que la famille, le patrimoine et la réglementation évoluent.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet de conseil indépendant Paris 16e
Le cabinet

Un cabinet, trois pôles d'expertise


Afin d'apporter une expertise globale à ses clients et de répondre à l'ensemble de leurs problématiques, le cabinet s'articule autour de trois pôles spécialisés. Chacun apporte une réponse experte et adaptée aux enjeux financiers, juridiques, assurantiels et immobiliers.

Pôle Ingénierie patrimoniale et financière

Un accompagnement stratégique et sur mesure pour structurer, valoriser et transmettre. De la stratégie fiscale aux arbitrages d'investissement, ATRIOMA se positionne en chef d'orchestre pour une gestion cohérente et pérenne des actifs.

Pôle Assurance

Assurance de personnes et IARD pour une couverture complète. ATRIOMA accompagne ses clients particuliers, professionnels et entreprises dans la mise en place de garanties calibrées au profil de risque.

Pôle Immobilier

Investissements et cessions de biens professionnels ou familiaux. Le cabinet apporte un accompagnement sur mesure pour mener les projets immobiliers de bout en bout, depuis l'audit initial jusqu'à la finalisation des actes.

Fondé en 2019 et établi au 56 rue de Passy dans le 16e arrondissement de Paris, ATRIOMA est un cabinet de conseil multidisciplinaire en gestion privée. Le cabinet exerce sous quatre statuts réglementés : Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations Bancaires et en Services de Paiement (COBSP), et Carte T pour les transactions immobilières. ATRIOMA est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 19006974 et supervisé par l'AMF et l'ACPR.

Avis clients

Ce que disent nos clients

5,0 · 82 avis Google
Quentin Goudier
Client ATRIOMA
·Juillet 2024

Un grand merci à Atrioma, et tout particulièrement à Alexis et Adrien qui m'ont encadré et apporté tous les conseils dont j'avais besoin.

Julie J
Cliente ATRIOMA
·Juin 2025

Très bons conseils et accompagnement, je recommande !

Eddy Seys
Client ATRIOMA
·Juin 2025

Excellents conseils, sérieux et professionnel. Je conseille vivement.

Arnaud Trottier
Client ATRIOMA
·Avril 2025

Client depuis 5 ans, je ne peux que recommander.