Ingénierie patrimoniale · Démembrement et nue-propriété

Investir en nue-propriété acquérir décoté, percevoir plus tard

Acheter la nue-propriété d'un bien, c'est l'acquérir avec une décote de 30 à 45 % en cédant temporairement l'usufruit à un tiers. Aucun revenu, donc aucune fiscalité pendant le démembrement, une sortie d'assiette IFI, puis la pleine propriété récupérée sans frais. Reste à choisir le bon support et le bon horizon.

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L'essentiel

Acquérir un bien décoté en cédant temporairement l'usage

01

Une propriété démembrée

La pleine propriété se divise en deux droits : l'usufruit (usage et revenus) et la nue-propriété (le bien lui-même). L'investisseur achète la nue-propriété ; un tiers, souvent un bailleur institutionnel, détient l'usufruit pour une durée fixée.

02

Une décote contre l'absence de revenus

En contrepartie de la jouissance cédée, le prix est réduit de 30 à 45 % selon la durée. Pendant tout le démembrement : aucun revenu, donc aucune fiscalité foncière, et une sortie d'assiette IFI (art. 968 CGI).

03

La pleine propriété reconstituée au terme

À l'échéance, l'usufruit s'éteint et la pleine propriété se reconstitue automatiquement, sans frais ni taxation. L'investisseur peut alors occuper, louer ou vendre. Un placement de long terme, 15 à 20 ans en immobilier, 5 à 10 ans en SCPI.

Pourquoi c'est singulier

Ce qui distingue la nue-propriété d'un investissement classique

Quatre traits font de la nue-propriété un placement à part, qui répond à des objectifs qu'un achat en pleine propriété atteint mal : un prix d'entrée réduit, une fiscalité neutralisée, une sortie d'IFI et une valorisation acquise à terme.

Un prix d'entrée décoté

La nue-propriété s'acquiert 30 à 45 % sous la valeur en pleine propriété. La décote, calculée sur la durée de l'usufruit cédé, permet de se constituer un patrimoine immobilier en mobilisant nettement moins de capital qu'un achat classique.

Aucun revenu, aucune fiscalité

Pendant le démembrement, le nu-propriétaire ne perçoit rien : aucun loyer, donc aucun revenu foncier imposable, aucun prélèvement social. Pour un foyer fortement imposé, c'est une économie d'impôt qui dure toute la période de démembrement.

Hors assiette de l'IFI

L'usufruitier étant seul redevable de l'IFI sur la pleine propriété (art. 968 CGI), le nu-propriétaire ne déclare rien. La nue-propriété crée une sortie temporaire d'assiette, utile aux patrimoines immobiliers supérieurs à 1,3 M€.

Une valorisation acquise à terme

Au terme de l'usufruit, la pleine propriété se reconstitue automatiquement, sans frais ni taxation. L'investisseur récupère un bien dont il n'avait payé qu'une fraction, qui produit alors des revenus ou peut être revendu.

Trois usages, une mécanique

Acquérir · Capitaliser · Transmettre

La nue-propriété sert trois objectifs distincts selon le profil de l'investisseur : acquérir un patrimoine immobilier à prix réduit, capitaliser sans fiscalité pour préparer un revenu futur, ou transmettre en réduisant la base taxable. La même mécanique de démembrement, trois finalités.

Acquérir

Un patrimoine immobilier à prix réduit

Quand l'utiliser

Pour se constituer un patrimoine immobilier sans mobiliser le prix plein, et sans vouloir percevoir de revenus dans l'immédiat. La décote est le levier : on paie moins pour la même valeur à terme.

Points clés
  • Décote de 30 à 45 %Le prix d'acquisition est réduit en proportion de l'usufruit cédé ; plus la durée du démembrement est longue, plus la décote est forte
  • Aucune charge de gestionL'usufruitier (bailleur institutionnel ou société de gestion) assume location, entretien et travaux pendant toute la durée
  • Effet de levier possibleL'acquisition peut être financée à crédit, les intérêts étant déductibles d'autres revenus fonciers existants sous conditions

Capitaliser

Préparer un revenu différé, sans impôt

Quand l'utiliser

Pour un actif en activité qui prépare sa retraite : caler le terme du démembrement sur le départ, afin de récupérer un bien qui produira des revenus quand ils seront le plus utiles, après la baisse des revenus d'activité.

Points clés
  • Zéro fiscalité pendant le démembrementAucun revenu perçu, donc aucun revenu foncier ni prélèvement social ; la tranche marginale d'imposition n'est pas affectée
  • Sortie d'assiette IFILes biens en nue-propriété ne figurent pas à l'IFI du nu-propriétaire pendant le démembrement (art. 968 CGI)
  • Revenus au moment vouluÀ la reconstitution, le bien produit des loyers ; le terme se cale sur la baisse des revenus d'activité

Transmettre

Réduire la base taxable transmise

Quand l'utiliser

Pour préparer la transmission : donner la nue-propriété à ses enfants en conservant l'usufruit, ou transmettre une nue-propriété déjà détenue. La base taxable est réduite à la seule nue-propriété.

Points clés
  • Barème de l'article 669 CGILa nue-propriété est valorisée selon l'âge de l'usufruitier ; plus le donateur est jeune, plus la base transmise est faible
  • Abattements familiaux100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans, s'appliquent à la valeur de la nue-propriété transmise
  • Reconstitution sans droitsAu décès de l'usufruitier, la pleine propriété se reconstitue chez les enfants en franchise totale de droits

Ces trois usages reposent sur la même mécanique mais ne se choisissent pas au hasard : l'objectif (acquérir, capitaliser ou transmettre) détermine la durée du démembrement, le support et le mode de financement. Confondre l'investissement en nue-propriété (acquérir décoté) et la donation avec réserve d'usufruit (transmettre) conduit à des montages mal calibrés. Le mécanisme juridique du démembrement est commun, ses usages sont distincts.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée, cabinet CGP indépendant Paris 16e
ATRIOMA Gestion Privée

L'arbitre entre les supports, pas le vendeur d'un programme

La nue-propriété est souvent vendue par ceux qui la produisent : promoteurs de programmes en usufruit locatif social, sociétés de gestion de SCPI démembrées. Chacun pousse son support, avec une décote présentée comme un argument commercial. Or le bon investissement en nue-propriété ne dépend pas du programme le mieux commercialisé, mais de l'adéquation entre le support, l'horizon et la situation patrimoniale réelle.

ATRIOMA n'est pas producteur. Le cabinet arbitre, en architecture ouverte, entre immobilier en direct et parts de SCPI démembrées, compare les programmes sur la décote réelle et la qualité de l'usufruitier, et distingue systématiquement la valeur économique de la valeur fiscale (art. 669 CGI). L'opération est calibrée au regard de l'IFI, de la stratégie de transmission et du régime matrimonial, en coordination avec le notaire et le conseil fiscal du client. C'est ce qui sépare un conseil d'une vente de produit.

L'apport ATRIOMA

Arbitrer · Structurer · Coordonner

Arbitrer

  • Comparaison immobilier en direct et parts de SCPI démembrées
  • Analyse de la décote réelle au regard de la durée du démembrement
  • Vérification de la qualité et de la solidité de l'usufruitier
  • Distinction systématique entre valeur économique et valeur fiscale

Structurer

  • Calage de la durée du démembrement sur l'objectif (retraite, IFI, transmission)
  • Choix du mode de financement : comptant ou crédit avec effet de levier
  • Articulation avec l'assiette IFI et la stratégie patrimoniale d'ensemble
  • Dimensionnement au regard de la liquidité et de l'horizon disponibles

Coordonner

  • Coordination avec le notaire sur l'acte de démembrement
  • Coordination avec le conseil fiscal sur le barème de l'art. 669 CGI
  • Suivi jusqu'à la reconstitution de la pleine propriété
  • Revue de la stratégie au fil de l'évolution du patrimoine et des objectifs
Le mécanisme

Comment fonctionne le démembrement : de l'achat décoté à la pleine propriété

Le principe tient en une idée : la pleine propriété se sépare en deux droits, l'usufruit et la nue-propriété, pour une durée fixée. L'investisseur achète la nue-propriété décotée, l'usufruitier perçoit les revenus pendant le démembrement, puis la pleine propriété se reconstitue. Derrière cette séquence, des règles de valorisation et de fiscalité précises font la différence entre un bon montage et un mauvais.

Mécanisme

Deux droits séparés sur un même bien

Le démembrement de propriété sépare l'usufruit (le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les revenus, art. 578 et s. du code civil) de la nue-propriété (la propriété du bien, privée de l'usage). L'investisseur acquiert la nue-propriété ; l'usufruit est confié à un tiers — bailleur institutionnel pour l'immobilier, société de gestion ou investisseur pour les SCPI — pour une durée fixée à l'avance. Pendant cette période, l'usufruitier gère le bien, le loue et en perçoit les loyers. Par défaut, l'entretien courant lui revient et les gros travaux restent à la charge du nu-propriétaire (art. 605 et 606 du code civil) ; mais dans les programmes en usufruit locatif social, une convention met l'ensemble des travaux, y compris le gros œuvre, à la charge de l'usufruitier. Le nu-propriétaire n'a alors aucune charge de gestion et attend le terme.

Décote et valorisation

Deux valeurs à ne pas confondre

La décote économique, celle qui détermine le prix payé, dépend de la durée de l'usufruit cédé : de l'ordre de 30 à 45 % en immobilier sur 15 à 20 ans, 20 à 35 % en SCPI sur 5 à 10 ans. Elle correspond à l'actualisation des revenus auxquels l'investisseur renonce. À ne pas confondre avec la valeur fiscale, fixée par le barème de l'article 669 du CGI (pour l'usufruit temporaire : 23 % de la pleine propriété par période de 10 ans), qui sert au calcul des droits de mutation et de l'IFI. Cette distinction entre valeur économique et valeur fiscale est centrale dans le calibrage d'une opération.

Fiscalité pendant le démembrement

Aucun revenu, donc aucune fiscalité

Le nu-propriétaire ne percevant aucun revenu, il n'a aucun revenu foncier à déclarer, aucun prélèvement social de 17,2 % à acquitter, et sa tranche marginale d'imposition n'est pas affectée. Surtout, en application de l'article 968 du CGI, le bien démembré figure dans le patrimoine du seul usufruitier pour sa valeur en pleine propriété : la nue-propriété est hors de l'assiette IFI du nu-propriétaire pendant toute la durée. Trois exceptions existent (dont le démembrement issu de la succession du conjoint, art. 757 C. civ.), où usufruit et nue-propriété sont taxés séparément selon le barème de l'art. 669 CGI.

Reconstitution et revente

La pleine propriété récupérée, puis la plus-value

Au terme du démembrement (ou au décès de l'usufruitier en cas d'usufruit viager), la pleine propriété se reconstitue automatiquement, sans formalité, sans frais et en franchise totale de droits : le gain correspondant à l'usufruit éteint n'est pas taxé. L'investisseur peut alors occuper, louer ou vendre. En cas de revente, la plus-value relève du régime des plus-values immobilières des particuliers (art. 150 U CGI) : 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec exonération d'IR à 22 ans et de prélèvements sociaux à 30 ans. La durée se compte depuis l'acquisition de la nue-propriété.

Comparatif

Nue-propriété immobilière ou de SCPI : quel support choisir ?

Les deux supports reposent sur le même principe de démembrement, mais répondent à des profils différents. Le tableau ci-dessous oppose la nue-propriété d'un bien immobilier (programmes en usufruit locatif social) à celle de parts de SCPI, sur les critères qui pèsent dans le choix.

Critère Nue-propriété immobilière Nue-propriété de SCPI
Nature de l'actif Un bien identifié (souvent neuf, programme ULS) Des parts d'un parc immobilier diversifié
Élevé (prix d'un logement décoté) Accessible (quelques milliers d'euros)
30 à 45 % selon la durée 20 à 35 % selon la durée
Longue, 15 à 20 ans en général Plus courte, 5 à 10 ans
Faible (un seul bien, un seul emplacement) Forte (multiples immeubles et locataires)
Aucun revenu, hors assiette IFI (art. 968 CGI) Aucun revenu, hors assiette IFI (art. 968 CGI)
Acquérir un bien tangible, horizon long Diversifier, ticket réduit, horizon moyen

Tableau indicatif qui ne remplace pas une analyse au cas par cas. Le bon support dépend du montant disponible, de l'horizon, du besoin de diversification et de l'appétence pour un bien physique. Les deux peuvent d'ailleurs se combiner : de la nue-propriété de SCPI pour un horizon moyen et une mise réduite, de la nue-propriété immobilière pour acquérir un actif tangible sur le long terme.

Applications pratiques

Cas d'usage : à quel projet répond la nue-propriété ?

La nue-propriété n'a pas un seul usage : selon le profil, elle sert à préparer la retraite, à réduire une assiette IFI, à diversifier une épargne ou à transmettre. Les cas ci-dessous illustrent quatre situations récurrentes et le montage le mieux adapté à chacune.

"La nue-propriété récompense la patience : on renonce aux revenus aujourd'hui pour acquérir décoté et récupérer la pleine propriété demain. Encore faut-il que l'horizon corresponde vraiment à son projet."

Préparer un revenu complémentaire pour la retraite
Capitalisation · Horizon retraite

Pour un actif en milieu de carrière, fortement imposé et sans besoin de revenus immédiats, la nue-propriété permet de caler le terme du démembrement sur le départ en retraite. Pendant la vie active, aucun revenu n'est perçu — donc aucune fiscalité supplémentaire sur des tranches déjà élevées. À la reconstitution, calée sur la baisse des revenus d'activité, le bien produit des loyers ou peut être vendu, au moment où ce complément est le plus utile.

Logique de l'opération Une nue-propriété acquise à 55 ans sur un démembrement de 12 ans, avec une décote de 35 % : un bien valant 300 000 € s'acquiert pour 195 000 €. À 67 ans, la pleine propriété est reconstituée sans frais ; le bien peut alors être loué. Chiffres indicatifs, hors évolution du marché.
IFI · Sortie d'assiette · Démembrement temporaire

Pour un foyer dont le patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d'euros, l'investissement en nue-propriété transforme une épargne disponible en un actif qui ne figure pas à l'assiette IFI pendant toute la durée du démembrement (art. 968 CGI). Plutôt que de placer 200 000 € sur un support immobilier taxable à l'IFI, l'investisseur acquiert une nue-propriété hors assiette, tout en se constituant un patrimoine décoté. C'est une stratégie IFI structurelle, pas un simple ajustement annuel.

Effet sur l'assiette 200 000 € investis en nue-propriété sur 10 ans : ces 200 000 € sortent de l'assiette IFI pendant toute la période, alors qu'un placement immobilier équivalent en pleine propriété y serait inclus à 100 %. À l'échéance, la pleine propriété rejoint l'assiette à sa valeur de marché.
SCPI démembrée · Diversification · Horizon moyen

Pour un investisseur qui ne souhaite pas mobiliser le prix d'un logement entier ni s'engager sur vingt ans, la nue-propriété de parts de SCPI offre la même mécanique sur un horizon plus court (5 à 10 ans) et un ticket accessible. La diversification est immédiate : les parts portent sur un parc de plusieurs immeubles, loués à de multiples locataires. La gestion est entièrement déléguée à la société de gestion, et la décote (20 à 35 %) procure le même avantage fiscal pendant le démembrement.

Ordre de grandeur 50 000 € en nue-propriété de SCPI sur 7 ans avec une décote de 28 % : l'investisseur acquiert pour 36 000 € des parts qui vaudront 50 000 € à terme (hors évolution du marché), sans aucun revenu imposable ni IFI pendant la période. Chiffres indicatifs.
Donation avec réserve d'usufruit · Transmission

Le démembrement sert aussi à transmettre. Un parent peut donner la nue-propriété d'un bien à ses enfants en conservant l'usufruit : il garde l'usage et les revenus, tandis que seule la valeur de la nue-propriété entre dans la base taxable aux droits de donation. Cette valeur est fixée par le barème de l'art. 669 CGI selon l'âge du donateur : plus il est jeune, plus la base transmise est faible. Au décès, la pleine propriété se reconstitue chez les enfants en franchise de droits. Ce levier relève du démembrement de propriété au sens de la transmission, complémentaire de l'investissement en nue-propriété.

Mécanique de la donation démembrée Un parent de 58 ans donne la nue-propriété d'un bien de 400 000 €. Selon l'art. 669 CGI, son usufruit vaut 50 % : la nue-propriété transmise vaut 200 000 €, soit 100 000 € par enfant pour deux enfants, couverts par l'abattement parent-enfant. Le parent conserve l'usufruit et les revenus.

Investir en nue-propriété
sans se tromper de support ni d'horizon ?

Chaque situation est singulière. Un échange avec un conseiller ATRIOMA permet d'arbitrer entre immobilier et SCPI démembrées en architecture ouverte, de vérifier la décote réelle et la qualité de l'usufruitier, et de caler la durée sur l'objectif patrimonial.

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Questions fréquentes

Les questions les plus fréquentes

Profils concernés
Investisseurs particuliers Foyers fortement imposés Préparation de la retraite Patrimoines soumis à l'IFI Épargne de long terme Transmission familiale
Situations concernées
  • Épargne disponible sans besoin de revenus immédiats
  • Patrimoine immobilier net dépassant le seuil d'IFI
  • Souhait d'acquérir un bien à prix décoté
  • Préparation d'un revenu différé pour la retraite
Ce qu'ATRIOMA analyse
  • Arbitrage entre immobilier et SCPI démembrées, en architecture ouverte
  • Décote réelle et qualité de l'usufruitier
  • Calage de la durée du démembrement sur l'objectif
  • Articulation avec l'IFI et la stratégie de transmission
Qu'est-ce qu'investir en nue-propriété ?
Investir en nue-propriété consiste à acheter un bien (immobilier ou parts de SCPI) dont l'usufruit — le droit d'usage et de perception des revenus — est cédé temporairement à un tiers, généralement un bailleur institutionnel. La propriété est démembrée : l'investisseur détient la nue-propriété, l'usufruitier détient l'usufruit pour une durée fixée à l'avance (souvent 15 à 20 ans en immobilier, 5 à 10 ans en SCPI). En contrepartie de la privation temporaire de jouissance et de revenus, le nu-propriétaire acquiert le bien avec une décote substantielle sur sa valeur en pleine propriété. Au terme du démembrement, la pleine propriété se reconstitue automatiquement à son profit, sans frais ni fiscalité supplémentaires.
En immobilier, la décote économique pratiquée sur les programmes en usufruit locatif social s'établit généralement entre 30 % et 45 % de la valeur en pleine propriété, et croît avec la durée du démembrement (plus l'usufruit est long, plus la décote est forte). Un bien affiché à 300 000 € en pleine propriété peut ainsi s'acquérir autour de 180 000 € en nue-propriété sur 18 ans. Pour les parts de SCPI, la clé de répartition est plus courte (5 à 10 ans) et la décote correspondante de l'ordre de 20 à 35 %. Cette décote économique, calculée sur l'actualisation des revenus cédés, est distincte du barème fiscal de l'article 669 du CGI utilisé pour les droits de mutation et l'IFI.
C'est l'un des principaux attraits du montage : pendant toute la durée du démembrement, le nu-propriétaire ne perçoit aucun revenu, donc ne supporte aucune fiscalité sur les loyers. Aucun revenu foncier à déclarer, aucun prélèvement social de 17,2 %, et la tranche marginale d'imposition n'est pas affectée. Pour un investisseur fortement imposé, l'absence de revenus imposables pendant 15 à 20 ans représente une économie d'impôt considérable par rapport à un bien détenu en pleine propriété. Les intérêts d'un éventuel emprunt souscrit pour acquérir la nue-propriété peuvent par ailleurs être déductibles d'autres revenus fonciers existants, sous conditions.
Oui. En application de l'article 968 du CGI, le bien démembré est compris dans le patrimoine de l'usufruitier pour sa valeur en pleine propriété : le nu-propriétaire ne déclare rien et ne paie rien à l'impôt sur la fortune immobilière pendant toute la durée du démembrement. Pour un investisseur dont le patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d'euros, la nue-propriété constitue donc une sortie temporaire d'assiette IFI, qui dure jusqu'à la reconstitution de la pleine propriété. L'article 968 connaît trois exceptions (notamment le démembrement issu de la succession du conjoint, art. 757 C. civ.) où usufruit et nue-propriété sont taxés séparément selon le barème de l'article 669 CGI.
Au terme prévu du démembrement (ou au décès de l'usufruitier dans le cas d'un usufruit viager), l'usufruit s'éteint et la pleine propriété se reconstitue automatiquement entre les mains du nu-propriétaire. Cette opération s'effectue sans aucune formalité, sans frais et en franchise totale de droits : l'investisseur récupère un bien dont il ne détenait que la nue-propriété, désormais en pleine propriété, sans imposition sur le gain correspondant à l'usufruit éteint. En immobilier, le bien est généralement remis en état par l'usufruitier avant restitution. L'investisseur peut alors choisir d'occuper le bien, de le louer pour percevoir des revenus, ou de le vendre.
Les deux supports répondent au même principe mais à des profils différents. La nue-propriété immobilière (programmes en usufruit locatif social) porte sur un bien identifié, exige un ticket d'entrée élevé et une durée longue (15 à 20 ans), mais offre une décote forte et un actif tangible à terme. La nue-propriété de parts de SCPI est plus accessible (ticket réduit), plus diversifiée (un parc de plusieurs immeubles), avec une durée plus courte (5 à 10 ans) et une gestion entièrement déléguée, mais une décote plus modérée. Le choix dépend du montant disponible, de l'horizon, du besoin de diversification et de l'appétence pour un bien physique. L'arbitrage entre les deux est au cœur du conseil patrimonial.
Si l'investisseur revend après reconstitution de la pleine propriété, la plus-value relève du régime des plus-values immobilières des particuliers (art. 150 U CGI) : imposition à 19 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec abattements pour durée de détention. L'exonération d'impôt sur le revenu est acquise après 22 ans de détention, celle des prélèvements sociaux après 30 ans. Point important : la durée de détention se compte à partir de la date d'acquisition de la nue-propriété, pas de la reconstitution. La nue-propriété peut aussi être cédée pendant le démembrement, la plus-value étant alors calculée sur la valeur de la nue-propriété.
Le montage présente plusieurs contraintes à mesurer. L'absence de revenus pendant 15 à 20 ans : la nue-propriété ne convient pas à un investisseur cherchant un complément de revenus immédiat. La liquidité réduite : revendre une nue-propriété démembrée avant son terme est possible mais le marché est étroit, donc la sortie anticipée peut être pénalisante. Le risque de marché : si la valeur du bien baisse, la pleine propriété récupérée peut valoir moins qu'espéré, même si la décote initiale amortit ce risque. La qualité de l'usufruitier et la solidité du programme doivent être vérifiées. À noter aussi que la nue-propriété n'ouvre droit à aucun dispositif de défiscalisation (Pinel, LMNP), puisque l'investisseur ne perçoit ni ne déclare de revenus : l'avantage réside dans la décote et l'absence de fiscalité, pas dans une réduction d'impôt. Enfin, l'opération n'a de sens que sur un horizon long et pour un investisseur disposant d'une épargne dont il n'a pas besoin à court terme.
ATRIOMA part d'un bilan patrimonial qui pose l'objectif (constitution de patrimoine décoté, préparation de la retraite, réduction d'assiette IFI, transmission), l'horizon et la capacité d'épargne. Le cabinet arbitre ensuite entre les supports (immobilier en usufruit locatif social ou parts de SCPI démembrées) en architecture ouverte, sans catalogue maison, et compare les programmes sur la décote réelle, la durée, la qualité de l'usufruitier et la cohérence avec le reste du patrimoine. Chaque opération est chiffrée en distinguant la valeur économique de la valeur fiscale (art. 669 CGI), et articulée avec l'IFI, la stratégie de transmission et le régime matrimonial, en coordination avec le notaire et le conseil fiscal du client.
Ce que la décote ne dit pas

Les angles morts qui transforment une bonne décote en mauvais calcul

La nue-propriété séduit par sa décote et son zéro fiscalité. Mais le montage a des contreparties que l'argument commercial passe vite sous silence. Voici les pièges concrets à mesurer avant de s'engager sur quinze ou vingt ans.

L'immobilisation longue, sans aucun revenu

L'avantage fiscal a un prix : pendant 15 à 20 ans en immobilier, l'investisseur ne touche rien. Aucun loyer, aucune liquidité tirée du bien. Ce montage ne convient donc pas à qui cherche un complément de revenus immédiat, ni à qui pourrait avoir besoin de récupérer son épargne. La nue-propriété s'adresse à un investisseur disposant d'une épargne déjà constituée par ailleurs, et dont l'horizon de projet correspond réellement à la durée du démembrement. Se tromper d'horizon est l'erreur la plus fréquente : la décote ne compense jamais un besoin de liquidité survenu trop tôt.

Notre approche

Un investissement en nue-propriété adossé à une analyse patrimoniale

Investir en nue-propriété ne se résume pas à saisir une décote. Le support, la durée, le financement et la place de l'opération dans le patrimoine d'ensemble se décident ensemble. ATRIOMA structure cette démarche en trois temps.

1. Cadrer

L'objectif et l'horizon avant le support

Bilan patrimonial préalable : objectif (constitution de patrimoine décoté, retraite, sortie d'assiette IFI au sens de l'art. 968 CGI, transmission), horizon réel et capacité d'épargne. Ce cadrage vérifie surtout que la durée du démembrement correspond au projet et que l'épargne engagée n'aura pas à être mobilisée avant le terme.

2. Chiffrer

Valeur économique et valeur fiscale distinguées

Comparaison des supports en architecture ouverte (immobilier en usufruit locatif social ou parts de SCPI démembrées), examen de la décote réelle et de la qualité de l'usufruitier. Chaque opération est chiffrée en distinguant la valeur économique (le prix payé) de la valeur fiscale fixée par le barème de l'art. 669 CGI (droits de mutation, IFI).

3. Accompagner

Du montage à la reconstitution

Coordination avec le notaire sur l'acte de démembrement et avec le conseil fiscal sur le régime des plus-values (art. 150 U CGI). Suivi jusqu'à la reconstitution de la pleine propriété, et révision de la stratégie au fil de l'évolution du patrimoine, des objectifs et du marché immobilier.

En perspective

La nue-propriété, un pari sur le temps long


Un horizon choisi, pas subi.

La nue-propriété n'a de sens que sur la durée du démembrement : quinze à vingt ans en immobilier, cinq à dix ans en SCPI. C'est un engagement, pas une position qu'on ajuste d'une année sur l'autre. L'investisseur qui choisit cet horizon en connaissance de cause, avec une épargne dont il n'a pas besoin entre-temps, se place dans les bonnes conditions. Celui qui sous-estime l'immobilisation ou surestime sa capacité à revendre avant le terme se trompe de produit. La décote récompense la patience, elle ne rachète pas un besoin de liquidité mal anticipé.

Une trajectoire patrimoniale, pas une décote isolée.

Pour un investisseur, l'enjeu n'est pas de saisir la plus forte décote affichée, mais de construire une opération cohérente avec le reste du patrimoine. Le bilan patrimonial initial fixe l'objectif et le montant raisonnable. Le choix du support, de la durée et du financement façonne durablement le résultat. La distinction entre valeur économique et valeur fiscale (art. 669 CGI) conditionne l'effet sur l'IFI et la transmission. C'est l'architecture d'ensemble qui produit la performance patrimoniale, pas le seul pourcentage de décote.

Un marché qui évolue, une stratégie qui se révise.

La valeur récupérée au terme dépend du marché immobilier, qui connaît ses cycles. La décote initiale amortit ce risque sans l'annuler : un bien mal situé ou un usufruitier fragile reste un mauvais choix, quelle que soit la décote. Un investissement construit aujourd'hui doit pouvoir être suivi et, le cas échéant, complété ou arbitré demain. C'est aussi à cela que sert un accompagnement dans la durée : vérifier que l'opération reste alignée sur les objectifs, et préparer la reconstitution de la pleine propriété à mesure que l'échéance approche.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet de conseil indépendant Paris 16e
Le cabinet

Un cabinet, trois pôles d'expertise


Afin d'apporter une expertise globale à ses clients et de répondre à l'ensemble de leurs problématiques, le cabinet s'articule autour de trois pôles spécialisés. Chacun apporte une réponse experte et adaptée aux enjeux financiers, juridiques, assurantiels et immobiliers.

Pôle Ingénierie patrimoniale et financière

Un accompagnement stratégique et sur mesure pour structurer, valoriser et transmettre. De la stratégie fiscale aux arbitrages d'investissement, ATRIOMA se positionne en chef d'orchestre pour une gestion cohérente et pérenne des actifs.

Pôle Assurance

Assurance de personnes et IARD pour une couverture complète. ATRIOMA accompagne ses clients particuliers, professionnels et entreprises dans la mise en place de garanties calibrées au profil de risque.

Pôle Immobilier

Investissements et cessions de biens professionnels ou familiaux. Le cabinet apporte un accompagnement sur mesure pour sécuriser les projets immobiliers de bout en bout, depuis l'audit initial jusqu'à la finalisation des actes.

Fondé en 2019 et établi au 56 rue de Passy dans le 16e arrondissement de Paris, ATRIOMA est un cabinet de conseil multidisciplinaire en gestion privée. Le cabinet exerce sous quatre statuts réglementés : Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations Bancaires et en Services de Paiement (COBSP), et Carte T pour les transactions immobilières. ATRIOMA est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 19006974 et supervisé par l'AMF et l'ACPR.

Avis clients

Ce que disent nos clients

5,0 · 82 avis Google
Quentin Goudier
Client ATRIOMA
·Juillet 2024

Un grand merci à Atrioma, et tout particulièrement à Alexis et Adrien qui m'ont encadré et apporté tous les conseils dont j'avais besoin.

Julie J
Cliente ATRIOMA
·Juin 2025

Très bons conseils et accompagnement, je recommande !

Eddy Seys
Client ATRIOMA
·Juin 2025

Excellents conseils, sérieux et professionnel. Je conseille vivement.

Arnaud Trottier
Client ATRIOMA
·Avril 2025

Client depuis 5 ans, je ne peux que recommander.