Ingénierie patrimoniale · Enveloppes financières

Fonds en euro le socle garanti des contrats d'épargne

Le fonds en euro est le support sécurisé adossé aux contrats d'assurance-vie, de capitalisation et de PER. Son intérêt ne réside pas dans son rendement isolé, mais dans sa fonction de socle stabilisateur d'une allocation patrimoniale, articulé avec les unités de compte selon l'horizon et le profil de risque.

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L'essentiel

Un support garanti adossé aux contrats d'assurance-vie et de capitalisation

01

Un capital garanti par l'assureur

Le fonds en euro est un support adossé aux provisions techniques d'une compagnie d'assurance. Chaque euro versé est garanti en capital par l'assureur, sur ses fonds propres et son portefeuille obligataire (art. R. 332-2 du Code des assurances). La valeur capitalisée ne peut diminuer (effet cliquet).

02

Un rendement servi annuellement

Le rendement moyen des fonds en euro s'établit à 2,65 % en 2025 selon l'ACPR, stable depuis 2023. Il est calculé sur la base des bénéfices techniques et financiers de l'assureur, dont au moins 90 % du résultat technique et 85 % du résultat financier doivent être redistribués (art. L. 132-29 du Code des assurances).

03

Un socle, jamais une stratégie isolée

Le fonds en euro joue le rôle de socle stabilisateur dans une allocation, pas celui d'un produit autonome. Sa valeur tient à son articulation avec les unités de compte selon l'horizon, le profil de risque et l'enveloppe d'accueil (assurance-vie, capitalisation, PER).

Ce qui le distingue

Ce qui fait du fonds en euro un support à part

Quatre traits font du fonds en euro un support sans équivalent dans le paysage de l'épargne. Aucun produit bancaire classique ne les combine : c'est cette combinaison qui en justifie la place dans une allocation patrimoniale.

Garantie en capital

L'assureur garantit le capital versé, net de frais de gestion. La valeur ne peut diminuer et chaque rendement annuel s'ajoute définitivement (effet cliquet). Cette garantie repose sur les fonds propres et les provisions techniques de la compagnie.

Rendement servi annuellement

Le rendement est crédité chaque année sur le contrat et capitalisé. Il dépend du portefeuille obligataire de l'assureur, de la PPB et de la politique de redistribution. La fourchette de marché 2025 s'étend de 1,5 % à 3,75 % selon les contrats.

Liquidité totale

Le rachat partiel ou total est possible à tout moment, sans pénalité de sortie (sauf cas exceptionnel art. L. 631-2-1 CMF). La fiscalité aux rachats relève de l'enveloppe d'accueil (art. 125-0 A CGI pour l'assurance-vie et la capitalisation).

Garantie FGAP plafonnée

En cas de défaillance de l'assureur, le FGAP couvre 70 000 € par assuré et par compagnie (art. L. 423-1 CA), 140 000 € en co-souscription. La diversification des assureurs au-delà de ce plafond fait partie de la stratégie patrimoniale.

Trois fonctions distinctes

Stabiliser · Capitaliser · Diversifier

Le fonds en euro remplit trois fonctions complémentaires dans une allocation patrimoniale. Aucune ne se confond avec une autre : la pertinence du fonds en euro tient à la fonction qu'on lui assigne dans le dispositif global, pas à un rendement isolé.

Stabiliser

Le socle garanti d'une allocation

Quand l'utiliser

Première fonction du fonds en euro : amortir la volatilité d'une allocation par un actif garanti. Indispensable pour les horizons courts et pour la part défensive de tout patrimoine financier.

Leviers mobilisables
  • Garantie en capitalCapital garanti par l'assureur sur ses provisions techniques et fonds propres (art. R. 332-2 du Code des assurances), effet cliquet sur les rendements acquis
  • Liquidité totaleRachat partiel ou total possible à tout moment, sans pénalité de sortie (sauf restriction exceptionnelle art. L. 631-2-1 CMF, loi Sapin 2)
  • Garantie FGAP en sécurité ultimeCouverture jusqu'à 70 000 € par assuré et par compagnie (art. L. 423-1 du Code des assurances), 140 000 € en co-souscription

Capitaliser

Faire travailler la part défensive

Quand l'utiliser

Dès lors que l'épargne défensive doit conserver son pouvoir d'achat. Le rendement du fonds en euro a retrouvé l'inflation en 2025 (rendement réel +1,75 %) après une période noire (rendement réel -2,4 % en 2022).

Leviers mobilisables
  • Rendement moyen 2,65 % en 2025Selon l'ACPR, stable depuis 2023. Fourchette de marché 1,5 % à 3,75 % selon les contrats : la sélection compte
  • Participation aux bénéficesMinimum 90 % des résultats techniques et 85 % des résultats financiers redistribués (art. L. 132-29 du Code des assurances)
  • Mécanisme de la PPBRéserve appartenant aux assurés, redistribuée sous 8 ans maximum (art. A. 132-16), lisse le rendement et soutient les taux en années difficiles

Diversifier

Élargir l'allocation au-delà du classique

Quand l'utiliser

Quand le fonds en euro classique ne suffit plus à porter une part défensive ambitieuse. Les variantes dynamiques et euro-croissance offrent un profil rendement-risque différent, à articuler avec le contrat principal.

Leviers mobilisables
  • Fonds en euro dynamiqueExposition renforcée à l'immobilier et aux actions, conditionnée parfois à une part d'UC dans le contrat, rendement supérieur en moyenne mais plus volatil
  • Fonds euro-croissanceGarantie en capital reportée à 8 ans minimum (art. L. 134-1 du Code des assurances, loi Sapin 2014), profil rendement-risque intermédiaire avec UC
  • Multi-assureursRépartition des avoirs sur plusieurs compagnies au-delà de 70 000 € pour optimiser la garantie FGAP et diversifier le risque de contrepartie

Une allocation patrimoniale cohérente articule les trois fonctions : stabiliser ce qui doit rester intact, capitaliser ce qui doit travailler malgré la prudence, diversifier les supports défensifs pour couvrir l'horizon long. Le rendement isolé du fonds en euro n'a de sens qu'au regard du rôle qu'il joue dans le dispositif global.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet CGP indépendant Paris 16e
ATRIOMA Gestion Privée

L'architecte de l'allocation, du choix du fonds à son suivi annuel

Le fonds en euro ne se choisit pas en regardant un seul taux affiché sur un comparateur. La sélection mobilise quatre critères techniques : la solidité financière de l'assureur, la composition du portefeuille, le niveau de la PPB et l'historique de rendement sur 5 et 10 ans. Sans cette grille d'analyse, l'épargnant achète une promesse de marketing, pas un support patrimonial.

ATRIOMA tient ce rôle de sélection et de coordination. Le cabinet articule, dans une même stratégie, le choix de l'enveloppe (assurance-vie française ou luxembourgeoise, contrat de capitalisation, PER), le choix du fonds en euro lui-même et la pondération avec les unités de compte selon l'horizon et le profil de risque. La sélection est revue chaque année à la publication des rendements (mars), et l'allocation rééquilibrée si nécessaire. Chaque arbitrage est documenté pour assurer la traçabilité dans la durée.

L'apport ATRIOMA

Auditer · Sélectionner · Articuler

Auditer

  • Inventaire des contrats existants et des fonds en euro qu'ils détiennent
  • Analyse de la solidité financière des assureurs (ratio Solvabilité II, notation)
  • Examen de la composition du portefeuille obligataire et immobilier du fonds
  • Évaluation de la PPB de l'assureur et de son historique de redistribution

Sélectionner

  • Choix de l'enveloppe selon l'horizon et la stratégie de transmission
  • Sélection du fonds en euro classique, dynamique ou euro-croissance selon le profil
  • Critères de sélection documentés et opposables (rendement 5/10 ans, frais, PPB)
  • Diversification des assureurs au-delà du seuil FGAP de 70 000 € si pertinent

Articuler

  • Pondération fonds en euro / unités de compte selon horizon et profil de risque
  • Coordination avec les autres enveloppes (compte-titres, PEA, immobilier direct)
  • Revue annuelle à la publication des rendements (mars) et arbitrages
  • Traçabilité des arbitrages successifs pour assurer la cohérence dans la durée
Le mécanisme

Comment le fonds en euro génère du rendement : portefeuille, PPB, redistribution

Le fonds en euro est piloté par l'assureur, dans un cadre réglementaire strict. Sa mécanique repose sur quatre éléments : la composition du portefeuille (essentiellement obligataire), la garantie en capital, la participation aux bénéfices et le mécanisme de lissage par la PPB. Chacun joue un rôle distinct dans la formation du rendement servi annuellement.

Composition du portefeuille

Une allocation principalement obligataire

Les sommes versées sur le fonds en euro sont intégrées aux provisions techniques de l'assureur et investies selon des règles strictes d'admissibilité des actifs (art. R. 332-2 du Code des assurances). Le portefeuille moyen d'un fonds en euro classique se compose d'obligations d'État et d'entreprises (70 à 85 %), d'actions cotées (5 à 15 %), d'immobilier (5 à 15 % via SCPI, foncières, OPCI) et d'une poche monétaire (1 à 5 %). C'est la rotation progressive de ce portefeuille obligataire qui explique l'inertie des rendements : en 2025, l'OAT 10 ans est ressortie à 3,37 % en moyenne, permettant aux assureurs de remplacer progressivement les souches anciennes peu rémunératrices.

Garantie en capital

Une garantie portée par l'assureur, plafonnée par le FGAP

L'assureur s'engage contractuellement à restituer le capital versé, diminué des frais de gestion et augmenté de la participation aux bénéfices acquise. Cette garantie est portée sur ses fonds propres et ses provisions techniques : tant que l'assureur est solvable, elle est intacte. En cas de défaillance, le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) intervient à hauteur de 70 000 € par assuré et par compagnie (art. L. 423-1 à L. 423-8 du Code des assurances), 90 000 € pour les rentes d'incapacité-invalidité et de décès. En co-souscription (par exemple par des conjoints), le plafond est porté à 140 000 €. Le FGAP n'est jamais intervenu depuis sa création en 1999.

Participation aux bénéfices

Une redistribution encadrée par la loi

Chaque année, l'assureur établit un compte technique et financier et redistribue aux assurés une partie des bénéfices. La loi impose un minimum de 90 % du résultat technique et de 85 % du résultat financier (art. L. 132-29 du Code des assurances). Cette participation aux bénéfices peut être versée immédiatement (revalorisation des contrats) ou différée via la provision pour participation aux bénéfices (PPB), réserve appartenant collectivement aux assurés. La redistribution effective doit intervenir dans un délai maximum de 8 ans (art. A. 132-16). Fin 2025, la PPB moyenne du marché s'établit à 3,7 % des encours, en léger recul par rapport à fin 2024 (4 %).

Cycle annuel

Un rendement publié en mars de l'année suivante

Le cycle est immuable. Chaque assureur clôture son exercice au 31 décembre, calcule la participation aux bénéfices au cours du premier trimestre, puis annonce le taux servi à ses contrats entre janvier et mars de l'année suivante. L'ACPR publie son rapport de synthèse mi-mars (publication 2025 : 14 mars 2026). Le rendement moyen de marché s'établit à 2,65 % en 2025, stable depuis 2023 (2,60 % en 2023, 2,64 % en 2024, 1,90 % en 2022, 1,30 % en 2021 au point bas). Les écarts entre contrats sont significatifs : les meilleurs fonds dépassent 3,50 % (CARAC, Ampli Mutuelle, Garance), tandis que les plus faibles restent en dessous de 2 %.

Comparatif

Fonds en euro classique, dynamique, euro-croissance, UC : quel support pour quel objectif ?

Le fonds en euro classique cohabite sur le marché avec deux variantes (dynamique et euro-croissance) et avec les unités de compte, ses contreparties à risque dans l'allocation. Le tableau ci-dessous synthétise les six critères discriminants pour choisir la combinaison pertinente selon l'horizon et le profil de risque.

Critère Fonds en euro classique Fonds en euro dynamique Fonds euro-croissance Unités de compte
Garantie en capital Permanente, effet cliquet annuel Permanente, parfois conditionnée à une part UC Différée à 8 ans minimum (art. L. 134-1 CA) Aucune : risque de perte en capital
Obligataire 70-85 %, actions 5-15 %, immo 5-15 % Obligataire 50-65 %, actions 10-20 %, immo 15-30 % Profil intermédiaire, allocation pilotée 8 ans Variable : actions, oblig., immo., structurés
2,65 % (ACPR), fourchette 1,5 à 3,75 % 3,00 à 3,80 % selon les contrats 2,5 à 4,5 % sur la période de 8 ans 4,7 % net moyen (France Assureurs)
Totale, sans pénalité de sortie Totale, parfois assortie d'une part minimum UC Liquide mais garantie reportée à 8 ans Variable selon le support (cotation, OPC, immo)
Court à moyen terme, socle défensif Moyen terme, complément du classique 8 ans minimum, profil intermédiaire Long terme (10 ans et plus)
Socle stabilisateur, capital protégé Renforce la part défensive avec un peu plus de rendement Compromis garantie / performance sur horizon défini Moteur de performance, prime de risque

Tableau indicatif qui ne remplace pas une analyse au cas par cas. L'allocation optimale dépend de l'horizon d'investissement, de la sensibilité au risque, de la fiscalité de l'enveloppe d'accueil et du rôle assigné à chaque support. Une stratégie patrimoniale efficace combine généralement plusieurs supports plutôt qu'un seul, calibrés selon le moment de la vie du contrat.

Applications pratiques

Cas d'usage : quatre rôles distincts pour le fonds en euro

Le fonds en euro change de fonction selon le profil de l'épargnant, son horizon et la nature de l'enveloppe d'accueil. Les cas ci-dessous illustrent quatre situations récurrentes pour calibrer la part de fonds en euro dans une allocation patrimoniale.

"Le fonds en euro n'est jamais une fin en soi : c'est un rouage dans une stratégie patrimoniale. Sa valeur tient au rôle qu'on lui assigne, pas à son rendement isolé."

Socle défensif d'une assurance-vie multi-supports
Assurance-vie · Allocation 50/50 · Profil équilibré

Pour un cadre supérieur de 45 ans souscrivant un contrat d'assurance-vie à horizon retraite, le fonds en euro joue le rôle de socle défensif dans une allocation équilibrée. La fraction fonds en euro amortit la volatilité des unités de compte sans bloquer la performance globale. Les rachats partiels après 8 ans bénéficient du taux réduit de 7,5 % et de l'abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les plus-values, ce qui rend l'enveloppe particulièrement adaptée aux retraits programmés (art. 125-0 A CGI).

Allocation type Versement initial 200 000 €, allocation 50 % fonds en euro / 50 % UC diversifiées. Au rendement moyen 2025 (2,65 % fonds euro, 4,7 % UC), performance combinée pondérée de 3,68 % brut. Sur 20 ans, le capital projeté approche 410 000 € contre 335 000 € pour une allocation 100 % fonds en euro.
Holding · Contrat de capitalisation IS · Trésorerie

Pour un dirigeant détenant une holding patrimoniale à l'IS avec trésorerie excédentaire, le contrat de capitalisation souscrit par une personne morale et adossé à un fonds en euro permet de placer la trésorerie dans un cadre stable. Le régime fiscal applicable est celui des primes de remboursement (art. 238 septies E CGI) : imposition forfaitaire annuelle calculée par revalorisation à 105 % du TME (taux mensuel des emprunts d'État) en vigueur à la souscription, indépendamment du rendement effectif. Une régularisation intervient lors du rachat.

Mécanique IS Souscription d'un contrat de capitalisation par une SAS holding pour 500 000 €, allocation 100 % fonds en euro. TME à la souscription : 3,30 %. Imposition forfaitaire annuelle calculée sur la base d'une revalorisation à 3,465 % (105 % du TME), soit environ 17 325 € de produit taxable au taux IS de la holding. Régularisation au rachat selon le rendement effectif acquis.
PER · Retraite · Rachats programmés

Pour un épargnant retraité disposant d'un plan d'épargne retraite ou d'une assurance-vie matures, le basculement progressif vers le fonds en euro à l'approche de la retraite sécurise le capital tout en autorisant des rachats réguliers. Sur un PER, la sortie peut combiner capital (avec fiscalité aux versements déductibles) et rente viagère. Sur une assurance-vie, les rachats partiels successifs après 8 ans tirent parti chaque année de l'abattement de 4 600 € (couple : 9 200 €) sur les plus-values, ce qui peut rendre le rachat fiscalement neutre selon le montant retiré.

Rachats programmés optimisés Assurance-vie de 350 000 € après 12 ans (dont 100 000 € de plus-values), 100 % fonds en euro. Rachat annuel de 12 000 € : quote-part de plus-values environ 3 400 €, en-dessous de l'abattement couple de 9 200 €. Conséquence : impôt sur le revenu nul, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent (art. L. 136-8, IV CSS), soit 585 €.
Garantie FGAP · Multi-assureurs · Sécurité de contrepartie

Pour un patrimoine financier important, la concentration sur un seul fonds en euro et un seul assureur expose au plafond de garantie FGAP de 70 000 € par assuré et par compagnie (art. L. 423-1 CA). La diversification sur trois ou quatre assureurs partenaires permet de multiplier la couverture sans effort patrimonial. La règle se complique en co-souscription (conjoints), où chaque souscripteur bénéficie de son propre plafond, et en multi-contrats au sein d'un même assureur, où le plafond reste global. Cette diversification est un acte de sécurité de contrepartie, pas d'optimisation de rendement.

Couverture FGAP en multi-assureurs Patrimoine financier de 600 000 € à placer en fonds en euro. Concentration sur un assureur : 70 000 € couverts, 530 000 € exposés en cas de défaillance (au-delà des actifs récupérables par liquidation). Diversification sur 4 assureurs partenaires (150 000 € chacun) : 280 000 € couverts (4 × 70 000 €), exposition résiduelle 320 000 €. En co-souscription d'un couple sur les 4 contrats : couverture portée à 560 000 € (4 × 140 000 €).

Un patrimoine financier à allouer
entre socle garanti et performance ?

Chaque allocation est singulière. Un échange avec un conseiller ATRIOMA permet d'évaluer la place du fonds en euro dans le dispositif global, de sélectionner les supports techniquement pertinents et de calibrer la pondération avec les unités de compte selon l'horizon.

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Questions fréquentes

Les questions les plus fréquentes

Profils concernés
Épargnants prudents Retraités et pré-retraités Cadres et professions libérales Dirigeants de holding Souscripteurs patrimoniaux Investisseurs équilibrés
Situations concernées
  • Allocation d'une assurance-vie ou d'un PER multi-supports
  • Placement de trésorerie excédentaire d'une holding à l'IS
  • Sortie progressive en rachats programmés à la retraite
  • Diversification d'un patrimoine financier au-delà du plafond FGAP
Ce qu'ATRIOMA analyse
  • Solidité financière de l'assureur (ratio Solvabilité II)
  • Composition du portefeuille obligataire et immobilier
  • Niveau de la PPB et historique de redistribution
  • Pondération fonds en euro / unités de compte selon l'horizon
Qu'est-ce qu'un fonds en euro ?
Le fonds en euro est un support financier proposé au sein des contrats d'assurance-vie, de capitalisation et de PER, caractérisé par une garantie en capital donnée par l'assureur. Les sommes versées sont intégrées aux provisions techniques de la compagnie et investies majoritairement en obligations d'État et d'entreprises (art. R. 332-2 du Code des assurances), avec une part minoritaire d'actions, d'immobilier et de monétaire. Chaque euro investi produit des intérêts annuels et la valeur capitalisée ne peut diminuer (effet cliquet). Le fonds en euro n'est pas un produit autonome : il est toujours adossé à une enveloppe et obéit à la fiscalité de cette enveloppe.
Le rendement moyen des fonds en euro s'établit à 2,65 % en 2025 selon l'ACPR (chiffre publié le 14 mars 2026), stable depuis 2023. Il était de 2,64 % en 2024, 2,60 % en 2023, 1,90 % en 2022 et 1,30 % en 2021 (point bas historique). Ce rendement est net de frais de gestion mais brut de prélèvements sociaux (17,2 % maintenus pour les contrats d'assurance-vie et de capitalisation par exception, art. L. 136-8, IV du Code de la sécurité sociale) et d'impôt sur le revenu, calculé sur la base des bénéfices techniques et financiers de l'assureur, dont au minimum 90 % du résultat technique et 85 % du résultat financier doivent être redistribués aux assurés (art. L. 132-29 du Code des assurances). Les écarts entre contrats sont significatifs : les meilleurs fonds dépassent 3,50 % en 2025 (CARAC, Ampli Mutuelle, Garance, La France Mutualiste), tandis que d'autres restent en dessous de 2 %.
La provision pour participation aux bénéfices (PPB) est une réserve comptable dans laquelle l'assureur peut mettre une part des bénéfices techniques et financiers qu'il aurait dû distribuer aux assurés, pour la redistribuer ultérieurement (art. A. 132-16 du Code des assurances). Cette réserve appartient collectivement aux assurés et doit être restituée dans un délai maximum de 8 ans. Elle permet à l'assureur de lisser le rendement servi : les années fastes (taux obligataires élevés, plus-values immobilières), il met une partie en réserve ; les années difficiles, il puise dans la réserve pour soutenir le taux servi. Fin 2025, la PPB moyenne du marché s'établit à 3,7 % des encours (contre 4 % fin 2024), signe d'une reconstitution amorcée mais d'une distribution récente pour soutenir les taux.
La garantie en capital du fonds en euro est juridiquement portée par l'assureur, sur ses fonds propres et ses provisions techniques. Tant que l'assureur est solvable, la garantie est intacte : à tout moment, l'épargnant peut récupérer la valeur capitalisée du fonds, diminuée des frais de gestion et augmentée de la participation aux bénéfices acquise. Elle n'est cependant pas absolue en cas de défaillance de l'assureur : depuis 1999, le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) couvre les contrats à hauteur de 70 000 € par assuré et par compagnie (art. L. 423-1 à L. 423-8 du Code des assurances), 90 000 € pour les rentes d'incapacité-invalidité et de décès. En cas de co-souscription, le plafond est porté à 140 000 €. La loi Sapin 2 du 9 décembre 2016 permet par ailleurs au Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) de limiter temporairement les rachats en cas de menace grave pour la stabilité financière (art. L. 631-2-1 du Code monétaire et financier).
Trois variantes coexistent sur le marché. Le fonds en euro classique : garantie permanente sur le capital, allocation majoritairement obligataire, rendement servi annuellement. Le fonds en euro dynamique (parfois appelé « euro-croissance immobilier » ou « eurodiversifié ») : exposition plus marquée à l'immobilier (SCPI, foncières) et aux actions, parfois conditionnée à une part d'unités de compte dans le contrat, rendement supérieur en moyenne mais plus volatil. Le fonds euro-croissance (loi Sapin 2014, art. L. 134-1 du Code des assurances) : garantie en capital reportée à 8 ans minimum, qui permet à l'assureur de prendre plus de risques et de viser un rendement supérieur. Les trois variantes ont chacune leur place dans une allocation, selon l'horizon d'investissement et la sensibilité au risque.
Le fonds en euro et les unités de compte (UC) sont complémentaires, pas substituables. Le fonds en euro joue le rôle de socle sécurisé : il préserve le capital, génère un rendement modéré mais positif, et amortit la volatilité de l'allocation globale. Les UC apportent la performance de long terme : actions, obligations d'entreprises, immobilier, produits structurés. En 2025, le rendement moyen des UC s'établit à 4,7 % net de frais selon France Assureurs, soit deux points au-dessus du fonds en euro. L'allocation pertinente dépend de l'horizon : à 5 ans, la part fonds en euro reste majoritaire ; à 15 ans et plus, la part UC peut atteindre 60 à 80 % pour capter la prime de risque. Les arbitrages internes au contrat sont libres et sans fiscalité tant qu'aucun rachat n'est effectué (art. 125-0 A CGI).
Le fonds en euro classique n'entre pas dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). Son sous-jacent est principalement obligataire (titres d'État, obligations d'entreprises) et n'a pas de composante immobilière directe. En revanche, certains fonds en euro dynamiques ou immobiliers incluent une fraction de SCPI ou de foncières dans leur portefeuille, et cette fraction est taxable à l'IFI au prorata (art. 965 CGI). La compagnie d'assurance émet chaque année une attestation indiquant la quote-part immobilière à reporter sur la déclaration. Cette règle est commune au fonds en euro et aux unités de compte immobilières.
ATRIOMA part d'une cartographie des objectifs de l'épargnant et du rôle attendu du fonds en euro dans son allocation globale, intégrée à un bilan patrimonial. L'analyse identifie l'enveloppe pertinente (contrat français ou luxembourgeois), le profil de souscripteur (personne physique, morale, à l'IS), et le couple horizon-volatilité visé. La sélection du fonds en euro lui-même mobilise quatre critères techniques : la solidité financière de l'assureur (ratio de solvabilité Solvabilité II), la composition du portefeuille (part obligataire, part immobilière, part actions), le niveau de la PPB (réserve disponible pour les années à venir) et l'historique de rendement sur 5 et 10 ans. La règle d'arbitrage est documentée et mise à jour annuellement à la publication des rendements (mars de chaque année). La coordination avec les compagnies partenaires garantit l'accès aux meilleurs fonds du marché et la traçabilité des arbitrages.
Ce que le taux affiché ne dit pas toujours

Fonds en euro mal sélectionné : les angles morts qui transforment une promesse en piège

Le rendement affiché par un assureur n'est qu'une partie du tableau. Plusieurs angles morts techniques et contractuels peuvent transformer un support apparemment sûr en source de déception ou de blocage. Voici les situations concrètes qui exigent une vraie ingénierie patrimoniale en amont.

Le taux bonifié conditionnel

De nombreux assureurs affichent un taux attractif (3 % à 4 % en 2025), mais conditionné à une part minimum d'unités de compte dans le contrat (généralement 30 à 50 %). Sans cette part UC, le taux servi est le taux de base, souvent significativement inférieur (1,5 à 2 %). Le souscripteur qui retient le contrat pour son taux affiché et alloue tout en fonds en euro découvre l'écart à la première revalorisation. Le message sous-jacent est clair : les assureurs utilisent le bonus comme levier pour orienter l'épargne vers des supports plus rémunérateurs pour eux en termes de commissions. La règle : vérifier les conditions d'application du taux affiché avant souscription et calibrer la part UC en cohérence avec le profil de risque réel.

Notre approche

Un support pensé dans une allocation patrimoniale globale

Un fonds en euro ne se traite jamais isolément. Choix du support, pondération avec les unités de compte, articulation avec les autres enveloppes (contrat d'assurance-vie, enveloppe de capitalisation, épargne retraite défiscalisée) et suivi annuel forment un dispositif unique. ATRIOMA structure cette articulation en trois temps.

1. Cartographier

Le rôle attendu et le profil de l'épargnant

Objectif réel (socle défensif, capitalisation à long terme, sortie programmée, placement de trésorerie de holding), horizon d'investissement, sensibilité au risque, fiscalité applicable (art. 125-0 A CGI pour les personnes physiques, art. 238 septies E CGI pour les sociétés à l'IS). La cartographie identifie l'enveloppe pertinente et la fonction assignée au fonds en euro dans le dispositif.

2. Pondérer

L'allocation et la diversification de contrepartie

Sélection technique du fonds en euro (solidité Solvabilité II de l'assureur, composition du portefeuille, niveau de la PPB, historique de rendement). Calibrage de la pondération avec les unités de compte selon l'horizon. Diversification multi-assureurs au-delà du seuil FGAP de 70 000 € (art. L. 423-1 du Code des assurances). Chaque levier est documenté et opposable.

3. Suivre

La revue annuelle et l'arbitrage

Revue annuelle systématique à la publication des rendements (mars de chaque année, rapport ACPR). Vérification de la cohérence du contrat avec l'évolution du patrimoine, du profil et de l'horizon. Arbitrages internes au contrat sans fiscalité tant qu'aucun rachat n'est effectué (art. 125-0 A CGI). Documentation de chaque décision pour assurer la traçabilité dans la durée.

En perspective

Le fonds en euro, un support qui se pilote dans la durée


Un socle, pas une fin en soi.

Le fonds en euro n'a jamais été conçu pour porter à lui seul la performance d'un patrimoine financier. Sa fonction est d'amortir, de protéger, de stabiliser. C'est dans l'articulation avec les unités de compte, l'enveloppe d'assurance-vie de droit français, l'enveloppe de capitalisation et les autres supports (PER, compte-titres ordinaire) que sa valeur se révèle. Une allocation 100 % fonds en euro est une allocation par défaut, rarement une allocation choisie.

Un suivi annuel, pas un placement à oublier.

Le cycle du fonds en euro est annuel : l'ACPR publie son rapport de synthèse mi-mars, les assureurs communiquent les taux servis entre janvier et mars, la PPB se reconstitue ou se distribue selon les années. Un fonds en euro qui sert 3,5 % une année peut servir 2 % l'année suivante si la PPB s'épuise. La revue annuelle, à la publication des rendements, n'est pas un luxe : c'est la condition pour que le support reste pertinent dans le dispositif patrimonial global.

Un cadre qui évolue, pas une vérité figée.

L'environnement réglementaire du fonds en euro évolue. Plusieurs axes pèsent sur l'analyse d'un dossier. Maintien des prélèvements sociaux à 17,2 % pour les contrats d'assurance-vie et de capitalisation par exception (art. L. 136-8, IV du Code de la sécurité sociale), alors que le taux général a été porté à 18,6 % par la LFSS 2026. Application du dispositif loi Sapin 2 sur la limitation temporaire des rachats en cas de menace pour la stabilité financière (art. L. 631-2-1 du Code monétaire et financier). Évolution du fonds euro-croissance (art. L. 134-1 du Code des assurances) qui peine à s'imposer face au classique. Un contrat construit aujourd'hui doit pouvoir être révisé demain sans tout refonder : c'est à cela que sert un accompagnement patrimonial dans la durée.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet conseil en allocation patrimoniale indépendant Paris 16e
Le cabinet

Un cabinet, trois pôles d'expertise


Afin d'apporter une expertise globale à ses clients et de répondre à l'ensemble de leurs problématiques, le cabinet s'articule autour de trois pôles spécialisés. Chacun apporte une réponse experte et adaptée aux enjeux financiers, juridiques, assurantiels et immobiliers.

Pôle Ingénierie patrimoniale et financière

Un accompagnement stratégique et sur mesure pour structurer, valoriser et transmettre. De la stratégie fiscale aux arbitrages d'investissement, ATRIOMA se positionne en chef d'orchestre pour une gestion cohérente et pérenne des actifs.

Pôle Assurance

Assurance de personnes et IARD pour une couverture complète. ATRIOMA accompagne ses clients particuliers, professionnels et entreprises dans la mise en place de garanties calibrées au profil de risque.

Pôle Immobilier

Investissements et cessions de biens professionnels ou familiaux. Le cabinet apporte un accompagnement sur mesure pour sécuriser les projets immobiliers de bout en bout, depuis l'audit initial jusqu'à la finalisation des actes.

Fondé en 2019 et établi au 56 rue de Passy dans le 16e arrondissement de Paris, ATRIOMA est un cabinet de conseil multidisciplinaire en gestion privée. Le cabinet exerce sous quatre statuts réglementés : Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations Bancaires et en Services de Paiement (COBSP), et Carte T pour les transactions immobilières. ATRIOMA est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 19006974 et supervisé par l'AMF et l'ACPR.

Avis clients

Ce que disent nos clients

5,0 · 82 avis Google
Quentin Goudier
Client ATRIOMA
·Juillet 2024

Un grand merci à Atrioma, et tout particulièrement à Alexis et Adrien qui m'ont encadré et apporté tous les conseils dont j'avais besoin.

Julie J
Cliente ATRIOMA
·Juin 2025

Très bons conseils et accompagnement, je recommande !

Eddy Seys
Client ATRIOMA
·Juin 2025

Excellents conseils, sérieux et professionnel. Je conseille vivement.

Arnaud Trottier
Client ATRIOMA
·Avril 2025

Client depuis 5 ans, je ne peux que recommander.