Ingénierie patrimoniale · Enveloppes financières

Compte-titres ordinaire l'enveloppe libre, à articuler avec les autres

Le compte-titres ordinaire n'a ni plafond, ni restriction géographique, ni durée imposée. Sa fiscalité — PFU 31,4 % par défaut depuis 2026 — reste moins favorable que le PEA ou l'assurance-vie. Mais son amplitude d'investissement et la purge des plus-values latentes au décès en font un instrument patrimonial à part entière, à articuler avec les autres enveloppes.

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L'essentiel

Une enveloppe d'investissement sans plafond, à fiscalité standard

01

Une enveloppe libre

Le compte-titres ordinaire accueille actions, obligations, ETF, OPCVM, produits structurés et titres non cotés, sans plafond de versement ni restriction géographique. Il accepte les marchés internationaux exclus du PEA.

02

Une fiscalité de droit commun

Dividendes, intérêts et plus-values sont soumis par défaut au PFU à 31,4 % depuis 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). L'option pour le barème progressif reste possible, globale pour l'ensemble des revenus mobiliers (case 2OP).

03

Un atout en transmission

Au décès du titulaire, les plus-values latentes sont purgées : les héritiers acquièrent les titres à leur valeur au jour du décès, sans imposition des gains antérieurs. Cet effet distingue le CTO du PEA, clôturé d'office au décès.

Pourquoi c'est stratégique

Ce qui rend le compte-titres singulier parmi les enveloppes financières

Ni plafond, ni frontière. Quatre traits font du CTO une enveloppe à part dans le paysage du capital, qui se prête à des usages spécifiques que ni le PEA ni l'assurance-vie ne peuvent couvrir intégralement.

Univers d'investissement mondial

Le CTO accepte tous les titres cotés : actions américaines, asiatiques, émergentes, ETF sectoriels et thématiques, obligations souveraines et corporate. Le PEA, limité aux titres européens (art. L. 221-31 CMF), ne peut couvrir ces zones.

Pas de plafond, ni de durée

Aucun plafond de versement, aucune durée minimale de détention. Toute cession effective déclenche l'imposition de la plus-value, à la différence du contrat de capitalisation ou de l'assurance-vie qui permettent une capitalisation différée tant qu'aucun rachat n'est effectué.

Purge des plus-values latentes au décès

Au décès, les héritiers reprennent les titres à leur valeur du jour, sans imposition des gains accumulés. Cet effet, structurant pour les portefeuilles patrimoniaux historiques, distingue radicalement le CTO du PEA (clôture obligatoire) et de l'assurance-vie (cadre 990 I CGI).

Fiscalité courante en contrepartie

Dividendes, intérêts et plus-values sont taxés à 31,4 % par défaut (PFU, art. 200 A CGI), sans abattement annuel ni mécanisme de capitalisation différée. C'est le prix de la liberté : l'enveloppe se justifie quand le PEA et l'assurance-vie sont saturés ou inadaptés.

Trois leviers, une stratégie

Capitaliser · Diversifier · Transmettre

Loger, articuler, transmettre. Trois angles structurent l'usage patrimonial du compte-titres. Aucun ne s'utilise isolément : la qualité de la stratégie tient à l'articulation entre l'horizon de capitalisation, la diversification réelle du portefeuille et la préparation de la transmission.

Capitaliser

Accumuler sur un horizon long, hors plafond

Quand l'utiliser

Lorsque le PEA est saturé (plafond 150 000 €) ou que les actifs visés en sortent par nature. Le CTO prolonge la capitalisation au-delà des plafonds réglementés.

Leviers mobilisables
  • Actions internationalesMarchés américains, asiatiques, émergents, exclus du PEA — exposition directe ou via ETF (art. L. 221-31 CMF a contrario)
  • Obligations et instruments de detteObligations souveraines, corporate, OPCVM obligataires, instruments à revenu fixe imposés au PFU 31,4 %
  • Capitalisation sans plafondAccumulation du capital tant qu'aucune cession n'est réalisée — chaque vente déclenche l'imposition au PFU 31,4 % (art. 150-0 A CGI), ce qui invite à un nombre limité d'arbitrages

Diversifier

Élargir l'exposition au-delà des enveloppes contraintes

Quand l'utiliser

Pour accéder à des classes d'actifs ou des zones géographiques que les autres enveloppes ne couvrent pas — produits structurés sur-mesure, titres non cotés, instruments complexes.

Leviers mobilisables
  • Produits structurésCertificats, EMTN, autocalls à coupon conditionnel — souvent accessibles uniquement en CTO ou en assurance-vie de droit luxembourgeois
  • Titres non cotés et capital-investissementActions de société non cotée, parts de fonds de capital-investissement (FCPR, FCPI, FIP) — soumises au régime des plus-values mobilières art. 150-0 A CGI
  • Devises et zones hors euroDétention directe de titres libellés en USD, GBP, JPY — couverture de change traitée séparément de la fiscalité du sous-jacent

Transmettre

Mobiliser la purge et les abattements de droit commun

Quand l'utiliser

Le CTO se transmet par succession (purge des plus-values) ou par donation de son vivant. Sa portabilité directe en fait un instrument de transmission, à articuler avec les autres enveloppes.

Leviers mobilisables
  • Donation de titresAbattements de droit commun (100 000 € parent-enfant tous les 15 ans, art. 779 CGI ; 31 865 € grand-parent / petit-enfant)
  • Donation en démembrementNue-propriété transmise aux enfants, usufruit conservé par les parents — valorisation au barème de l'art. 669 CGI
  • Purge au décèsLes héritiers reprennent les titres à leur valeur du jour, sans imposition des plus-values latentes accumulées du vivant du défunt (doctrine BOFIP-RPPM-PVBMI-20-10-20-30)

Une stratégie CTO cohérente articule les trois angles. La capitalisation prolonge l'horizon au-delà du PEA, la diversification ouvre les classes d'actifs hors enveloppes contraintes, et la transmission mobilise les abattements de droit commun et la purge au décès. L'arbitrage entre PFU et barème progressif vient ensuite, calibré sur le profil fiscal du foyer.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet de conseil en investissement financier indépendant Paris 16e
ATRIOMA Gestion Privée

L'architecte des enveloppes financières, du choix d'allocation à la transmission

Le compte-titres ne se traite pas en silo. Une décision d'allocation engage l'arbitrage entre enveloppes (PEA, assurance-vie française ou luxembourgeoise, contrat de capitalisation, PER), la fiscalité courante des revenus du portefeuille, la stratégie de transmission et l'articulation avec le régime matrimonial. Choisir le CTO comme support principal d'un actif éligible au PEA, c'est renoncer à un avantage durable. À l'inverse, vouloir tout loger en PEA conduit à saturer l'enveloppe et à laisser hors couverture des classes d'actifs essentielles.

ATRIOMA tient ce rôle de conception d'ensemble. Le cabinet est l'interlocuteur unique du client et articule, dans une même stratégie, la sélection des supports, la répartition entre enveloppes, le calibrage fiscal (PFU ou option pour le barème), l'anticipation de la transmission. La coordination avec les notaires partenaires garantit la formalisation des donations et démembrements de portefeuille. Chaque arbitrage est documenté pour résister à un contrôle ultérieur et tenu à jour à mesure que la fiscalité et la situation familiale évoluent.

Le mécanisme

Comment fonctionne la fiscalité du compte-titres : gain, choix fiscal, imposition

PFU 31,4 %, sauf option. La fiscalité du CTO repose sur une logique en deux temps. D'abord la nature du gain (dividende, intérêt, plus-value de cession) déclenche l'imposition. Ensuite, le choix entre PFU par défaut et option pour le barème détermine le taux applicable. Le tout sur fond d'abattements résiduels devenus largement obsolètes depuis 2018 et de prélèvements sociaux à 18,6 % depuis 2026.

Champ d'application

Tous les revenus et gains du compte-titres relèvent du régime des RCM

Les dividendes versés par les sociétés cotées et non cotées, les intérêts d'obligations et d'OPCVM obligataires, les plus-values réalisées lors des cessions de titres (actions, obligations, ETF) sont soumis au régime des revenus de capitaux mobiliers. Deux articles encadrent le dispositif : l'art. 150-0 A CGI pour les plus-values, et l'art. 117 quater CGI pour les dividendes. L'imposition intervient à la cession effective des titres ou au versement effectif du revenu. Les arbitrages internes au CTO (vente d'un titre pour en acheter un autre) déclenchent en revanche l'imposition de la plus-value latente, à la différence des supports d'assurance-vie qui permettent une capitalisation différée.

PFU par défaut

Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis 2026

Le PFU, dit aussi flat tax, est devenu en 2018 le régime de droit commun des revenus du capital (art. 200 A CGI). Depuis le 1er janvier 2026, la hausse de la CSG de 1,4 point a porté le taux global à 31,4 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux (art. L. 136-8 CSS). Il s'applique sans démarche du contribuable : dividendes prélevés à la source, plus-values déclarées en mai N+1 sur le formulaire 2042. Le PFU ne donne droit à aucun abattement de droit commun : il a fait disparaître les abattements pour durée de détention pour les titres acquis depuis le 1er janvier 2018.

Option pour le barème

Case 2OP — un arbitrage global, pas un ajustement ligne à ligne

Le contribuable peut renoncer au PFU et opter pour l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu (de 0 à 45 %). L'option, exercée en cochant la case 2OP de la déclaration, est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus mobiliers et plus-values du foyer pour l'année concernée. Elle n'est intéressante que pour les foyers dont la tranche marginale est faible (typiquement 11 % ou non imposables) et qui détiennent encore des titres antérieurs à 2018 ouvrant droit aux abattements pour durée de détention. Jusqu'aux revenus 2025 inclus, l'option était irrévocable (Conseil d'État, 5 avril 2024, n° 490411). La LF 2026 (art. 126) a supprimé ce caractère irrévocable. À partir des revenus 2026, le contribuable peut revenir sur son option a posteriori dans le délai de réclamation ou en cours de contrôle, si elle s'avère défavorable.

Abattements résiduels

Durée de détention et dirigeant-retraite : deux régimes encore actifs

Deux dispositifs d'abattement subsistent. D'une part, l'abattement pour durée de détention (art. 150-0 D 1 ter et 1 quater CGI). Les taux : 50 % entre 2 et 8 ans, 65 % au-delà de 8 ans pour le droit commun ; jusqu'à 85 % pour les titres de PME éligibles. Il ne s'applique qu'aux titres acquis avant le 1er janvier 2018 et uniquement sous option pour le barème. D'autre part, l'abattement de 500 000 € pour les dirigeants de PME partant à la retraite (art. 150-0 D ter CGI). Ce montant fixe vient en déduction de la plus-value de cession des titres de la société exploitée, mais réduit l'assiette de l'impôt sur le revenu uniquement : les prélèvements sociaux restent dus sur la plus-value brute. Conditions cumulatives : durée de détention, exercice de fonction et cessation d'activité. Ces deux dispositifs concernent des situations spécifiques et doivent être projetés avant toute cession significative.

Comparatif

Compte-titres, PEA, assurance-vie française, assurance-vie luxembourgeoise : quelle enveloppe pour quel usage ?

Le choix d'enveloppe ne se ramène pas à un classement par avantage fiscal. Chaque support combine un cadre fiscal, un univers d'investissement et un régime successoral propre. Le tableau ci-dessous synthétise les principaux critères pour quatre enveloppes financières que ATRIOMA articule régulièrement dans les stratégies patrimoniales.

Critère Compte-titres (CTO) PEA Assurance-vie française Assurance-vie luxembourgeoise
Plafond de versement Aucun plafond 150 000 € (PEA classique), 225 000 € avec PEA-PME Aucun plafond légal de versement Aucun plafond, souscription en général ≥ 250 000 €
Tous titres, toutes zones, cotés et non cotés Actions de sociétés européennes et OPCVM à 75 % de titres éligibles (art. L. 221-31 CMF) Fonds en euros + UC dans l'offre de l'assureur UC élargies : titres vifs, fonds dédiés, structurés sur-mesure
PFU 31,4 % par défaut ou barème sur option (case 2OP) Exonération d'IR après 5 ans (PS 18,6 % dus à la sortie) Imposition à la sortie seulement ; PFU/barème selon âge et montant des versements Fiscalité française à la sortie ; neutralité fiscale du Luxembourg sur le contrat
Aucun Sans objet (exonération directe d'IR après 5 ans) 4 600 € (célib.) / 9 200 € (couple) après 8 ans Identique à l'AV française (régime fiscal aligné)
Imposés à chaque cession effective Sans imposition tant qu'aucun retrait n'est effectué Sans imposition tant qu'aucun rachat n'est effectué Sans imposition tant qu'aucun rachat n'est effectué
Intègre la succession ; purge des plus-values latentes au décès ; droits selon barème (art. 777 CGI) Clôture automatique au décès ; titres basculés en CTO de succession Régime dérogatoire : abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les versements avant 70 ans (art. 990 I CGI), abattement global de 30 500 € sur les versements après 70 ans (art. 757 B CGI) Régime français appliqué ; protection supplémentaire du super-privilège du souscripteur
Saturation des autres enveloppes, titres internationaux, transmission par purge Actions européennes en horizon long, premier réflexe sur cette poche Épargne pilotée, fonds en euros, transmission hors succession Patrimoines significatifs avec mobilité internationale ou besoin de gestion sur-mesure

Tableau indicatif qui ne remplace pas une analyse au cas par cas. Le bon arbitrage entre enveloppes dépend de la composition globale du patrimoine, du profil de revenus, des objectifs de transmission et de l'horizon d'investissement. Une stratégie cohérente combine généralement les quatre enveloppes plutôt qu'elle n'en privilégie une seule : chacune répond à un besoin précis que les autres couvrent imparfaitement.

Applications pratiques

Cas d'usage : les configurations où le CTO se justifie

Plusieurs profils d'investisseurs, autant de raisons de recourir au compte-titres. Le bon usage ne se ramène pas à un schéma unique : il dépend de la saturation des autres enveloppes, des actifs visés et de l'horizon de transmission. Les cas ci-dessous illustrent quatre situations récurrentes où le CTO complète, sans remplacer, le PEA et l'assurance-vie.

"Le compte-titres prend tout son sens quand on cesse de le comparer aux enveloppes fiscalement favorisées et qu'on regarde ce qu'il permet seul : l'amplitude d'investissement et la purge des plus-values au décès."

Investisseur exposé aux marchés américains et asiatiques
Diversification internationale · Hors PEA · Actions vives

Pour un investisseur souhaitant détenir directement des actions américaines (Apple, Microsoft, Berkshire), asiatiques ou émergentes, le PEA n'est pas une option — l'article L. 221-31 du Code monétaire et financier limite ses sous-jacents aux titres européens. Le CTO accueille ces lignes sans restriction, en titres vifs ou via ETF mondiaux (MSCI World, S&P 500, MSCI Emerging). La fiscalité courante (PFU 31,4 %) reste celle du droit commun : c'est le prix de l'accès direct à un univers d'investissement mondial. Les dividendes versés par des sociétés étrangères font l'objet d'une retenue à la source dans le pays d'origine, généralement créditée d'impôt français en application des conventions fiscales bilatérales.

Effet de la liberté d'allocation Un portefeuille de 200 000 € investi à 60 % en actions américaines (S&P 500), 20 % en actions européennes et 20 % en obligations internationales ne peut exister qu'en CTO ou dans une assurance-vie luxembourgeoise à titres vifs. Le PEA capterait au mieux les 20 % européens, et seulement par OPCVM ou ETF synthétique.
Saturation PEA · Prolongement · Long terme

Pour un investisseur ayant saturé son PEA au plafond légal de 150 000 € (225 000 € avec PEA-PME), le CTO devient le réceptacle naturel des versements complémentaires. La logique est de continuer à exposer l'épargne aux marchés actions sans renoncer aux titres en portefeuille du PEA (qui restent dans leur enveloppe à fiscalité préférentielle). Sur le CTO, la fiscalité courante du PFU s'applique aux gains à chaque cession, mais l'enveloppe ne pose ni plafond ni durée. Pour un horizon long avec stratégie buy-and-hold, l'imposition au PFU n'intervient qu'à la cession effective : la capitalisation interne (non distribuée par dividende) bénéficie de fait d'un différé naturel.

Effet du différé de cession Un portefeuille en buy-and-hold de 300 000 € exposé aux actions internationales, qui ne distribue pas de dividendes significatifs, voit sa fiscalité ne s'appliquer qu'au moment des ventes. Sur 10 ans de capitalisation à 6 % annuel, le portefeuille atteint environ 537 000 €. L'imposition au PFU 31,4 % ne porte que sur la plus-value réalisée, soit environ 237 000 € × 31,4 % ≈ 74 500 € lors de la sortie, et non sur les gains annuels.
Donation · Démembrement · Transmission anticipée

Pour un couple détenant un portefeuille de titres significatif, la donation en nue-propriété aux enfants permet de transmettre une fraction de la valeur tout en conservant les revenus (dividendes, coupons). Selon le barème de l'article 669 CGI, un usufruit conservé entre 61 et 70 ans représente 40 % de la pleine propriété. La nue-propriété transmise vaut donc 60 % de la valeur du portefeuille au jour de la donation. Les abattements de droit commun s'appliquent (100 000 € parent-enfant tous les 15 ans, art. 779 CGI). L'opération efface aussi la plus-value latente chez le donateur, à la manière de la purge successorale. Au décès du donateur, la pleine propriété se reconstitue chez l'enfant sans nouvelle taxation.

Effet du démembrement de portefeuille Un portefeuille de 600 000 € donné en nue-propriété par un couple de 65 ans à deux enfants : nue-propriété valorisée 360 000 € (60 %). Avec deux parents et deux enfants, les abattements cumulés couvrent 400 000 € : la donation passe sans droits, à condition que les fenêtres de 15 ans n'aient pas été déjà utilisées. Les parents conservent les dividendes pendant toute leur vie.
Cession PME · Dirigeant · Art. 150-0 D ter CGI

Pour un dirigeant de PME cédant les titres de sa société à l'occasion de son départ à la retraite, l'article 150-0 D ter CGI ouvre un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value de cession. Trois conditions strictes s'appliquent : détention des titres depuis cinq ans au moins, exercice d'une fonction de direction pendant cinq ans, et cessation effective d'activité dans les deux ans entourant la cession. L'abattement s'applique uniquement à l'assiette de l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent calculés sur la plus-value brute (BOFIP-RPPM-PVBMI-20-40-10-40). Les titres peuvent ensuite être logés en CTO, où ils continueront à produire des revenus soumis au PFU. Le dispositif a été reconduit dans les lois de finances successives et reste un pilier de la fiscalité des cessions de PME en 2026.

Effet de l'abattement dirigeant retraite Un dirigeant cède pour 1,2 M€ des titres acquis 200 000 € : plus-value brute de 1 M€. L'abattement de 500 000 € (art. 150-0 D ter) s'applique à l'IR, pas aux prélèvements sociaux (BOFIP-RPPM-PVBMI-20-40-10-40). IR au PFU : 12,8 % × 500 000 € = 64 000 €. PS au taux global de 18,6 %, assis sur la plus-value brute : 18,6 % × 1 000 000 € = 186 000 €. Total dû : 250 000 €, contre 314 000 € sans abattement, soit une économie de 64 000 €. Le produit net de cession peut ensuite être réinvesti en CTO ou en assurance-vie selon l'horizon visé.

Un portefeuille à structurer
entre plusieurs enveloppes ?

Chaque situation est singulière. Un échange avec un conseiller ATRIOMA permet de cartographier les enveloppes existantes, identifier la bonne répartition entre PEA, assurance-vie et compte-titres, et anticiper la transmission par donation ou succession.

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Questions fréquentes

Les questions les plus fréquentes

Profils concernés
Investisseurs en actions PEA saturés Dirigeants d'entreprise Professions libérales Cadres supérieurs Familles en transmission
Situations concernées
  • PEA saturé, prolongement de la capitalisation actions
  • Exposition aux marchés américains, asiatiques, émergents
  • Préparation de la transmission de portefeuille par donation
  • Cession de titres de société exploitée par un dirigeant
Ce qu'ATRIOMA analyse
  • Articulation entre PEA, assurance-vie et compte-titres
  • Arbitrage PFU vs barème selon le profil fiscal du foyer
  • Calibrage de la transmission par donation ou succession
  • Cohérence avec la stratégie patrimoniale d'ensemble
Qu'est-ce qu'un compte-titres ordinaire et qui peut en ouvrir un ?
Le compte-titres ordinaire (CTO) est une enveloppe d'investissement en valeurs mobilières — actions, obligations, ETF, OPCVM, produits structurés, parts de fonds — ouverte auprès d'un établissement habilité. Il ne connaît ni plafond de versement, ni restriction géographique, ni durée de détention imposée. Il peut être détenu par toute personne physique ou morale, en titulaire unique, en compte joint ou en indivision. Il peut aussi être ouvert au nom d'un mineur, sous l'administration légale de ses parents. Sa souplesse en fait l'enveloppe complémentaire naturelle d'un PEA ou d'une assurance-vie lorsque ceux-ci atteignent leurs limites.
Par défaut, les dividendes, intérêts et plus-values de cession sur un CTO sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 sous l'effet de la hausse de la CSG (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux, art. 200 A CGI et L. 136-8 CSS). La hausse des prélèvements sociaux s'applique de manière rétroactive aux plus-values mobilières réalisées dès le 1er janvier 2025 (LFSS 2026, art. 12). Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu en cochant la case 2OP de sa déclaration. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus mobiliers et plus-values de l'année. Elle n'est intéressante que pour les foyers dont la tranche marginale est faible, et doit toujours être simulée avant arbitrage.
Oui, mais dans un cadre strictement résiduel. Depuis l'imposition des revenus 2018, l'abattement pour durée de détention ne s'applique plus qu'aux titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018, et uniquement si le contribuable opte pour le barème progressif (art. 150-0 D 1 ter CGI). L'abattement de droit commun est de 50 % entre 2 et 8 ans de détention, 65 % au-delà. Un abattement renforcé peut atteindre 85 % pour les titres de PME éligibles (art. 150-0 D 1 quater CGI). Le dispositif s'éteint progressivement à mesure que le stock de titres antérieurs à 2018 se réduit, mais reste pertinent pour les portefeuilles patrimoniaux historiques.
Les trois enveloppes sont complémentaires, pas substituables. Le PEA bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans de détention sur les actions européennes éligibles (plafond 150 000 €). L'assurance-vie offre un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) après 8 ans sur les rachats, et un cadre successoral spécifique (art. 990 I CGI). Le CTO n'a aucun avantage fiscal courant mais offre une liberté totale : titres internationaux hors PEA, montants illimités, instruments complexes (produits structurés, dérivés), purge des plus-values latentes au décès. La séquence patrimoniale logique consiste à saturer le PEA et l'assurance-vie sur les actifs éligibles, puis loger sur le CTO ce qui ne peut pas l'être ailleurs.
Au décès du titulaire, le CTO est intégré à l'actif successoral à sa valeur de marché au jour du décès. Contrairement au PEA, qui est automatiquement clôturé et dont les titres sont basculés sur un compte-titres de succession, le CTO peut être conservé en l'état par les héritiers. Les plus-values latentes accumulées par le défunt sont purgées : les héritiers acquièrent les titres pour un nouveau prix de revient égal à la valeur au décès, sans imposition au titre des plus-values antérieures. Cette purge est l'un des intérêts patrimoniaux majeurs du CTO. Les droits de succession s'appliquent ensuite selon le barème de droit commun (art. 777 CGI) et le lien de parenté, après application des abattements (art. 779 CGI : 100 000 € parent-enfant).
Oui, les titres détenus sur un CTO peuvent être donnés de son vivant. La donation porte sur les titres eux-mêmes, transférés sur un CTO ouvert au nom du donataire. L'opération efface la plus-value latente chez le donateur (purge similaire à la succession). Les droits de donation sont calculés sur la valeur des titres au jour de la donation, après application des abattements de droit commun (100 000 € parent-enfant tous les 15 ans, art. 779 CGI ; 31 865 € grand-parent / petit-enfant). Une donation en démembrement (nue-propriété aux enfants, usufruit conservé) permet de transmettre une fraction de la valeur tout en conservant les revenus, selon le barème de l'art. 669 CGI. La donation-partage notariée fige la valeur des titres au jour de l'acte, ce qui sécurise le rapport civil ultérieur.
Le CTO accepte l'ensemble des instruments financiers cotés ou non cotés sur les marchés autorisés : actions françaises et étrangères (européennes, américaines, asiatiques), obligations d'État et d'entreprises, ETF et trackers de toutes zones géographiques, OPCVM et fonds gérés, produits structurés, certificats, warrants, options. Il accepte aussi les titres non cotés (parts de société par exemple) sous réserve des règles propres de l'établissement teneur de compte. Cette amplitude le distingue du PEA, limité aux actions européennes et titres équivalents, et de l'assurance-vie, contrainte par l'offre de l'assureur. Pour un investisseur exposé aux marchés américains ou émergents, le CTO est souvent la seule enveloppe possible.
Pas en principe. L'IFI ne taxe que la fraction immobilière du patrimoine (art. 964 CGI). Les valeurs mobilières détenues sur un CTO — actions, obligations, ETF non immobiliers, OPCVM diversifiés — sont hors assiette IFI. Pour les supports à composante immobilière, deux exonérations légales jouent en pratique pour les particuliers : les actions de SIIC sont hors assiette dès lors que la détention est inférieure à 5 % du capital et des droits de vote (art. 972 ter CGI) ; les parts d'OPCVM ou de fonds restent hors assiette si la détention est inférieure à 10 % et la quote-part immobilière inférieure à 20 % de l'actif (art. 972 bis CGI). Au-delà de ces seuils, ou pour les parts de SCPI et OPCI logées dans le CTO, la fraction immobilière doit être déclarée (art. 965 et 966 CGI).
Oui pour les contribuables concernés. La CDHR, créée par la LF 2025 (art. 224 CGI), garantit un taux effectif minimum d'imposition de 20 % sur le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € pour un célibataire et 500 000 € pour un couple. Initialement prévue pour les seuls revenus 2025, elle a été prorogée par la LF 2026 jusqu'à ce que le déficit public repasse sous 3 % du PIB. Les revenus mobiliers d'un CTO (dividendes, intérêts, plus-values) sont intégrés dans le calcul du RFR. Pour un foyer dont le PFU à 31,4 % conduit à un taux effectif d'imposition global inférieur à 20 %, la CDHR vient compléter à hauteur de cet écart. Cette contribution ne modifie pas le PFU lui-même mais peut peser sur l'arbitrage global entre enveloppes pour les très hauts revenus.
ATRIOMA part d'une cartographie complète des enveloppes financières existantes du client (PEA, assurance-vie française et luxembourgeoise, contrat de capitalisation, PER, CTO actuels) et de leur saturation respective, intégrée à un bilan patrimonial global. L'analyse identifie où loger chaque actif selon sa nature (zones géographiques, instruments, complexité), son horizon (court, moyen, long terme) et son objectif (capitalisation, revenus complémentaires, transmission). Le calibrage fiscal arbitre entre PFU et option pour le barème, intègre la CDHR pour les hauts revenus, et anticipe la transmission via donation ou succession. La coordination avec les notaires partenaires sécurise les opérations de donation et de démembrement de portefeuille. Chaque arbitrage est documenté pour résister à un contrôle ultérieur et à la doctrine BOFiP en vigueur.
Ce que la fiscalité ne dit pas toujours

Compte-titres mal articulé : les angles morts qui pèsent sur le rendement net

Le CTO paraît simple sur le papier : une enveloppe libre, un PFU forfaitaire. Dans les faits, plusieurs angles morts techniques transforment un portefeuille mal articulé en source de frottement fiscal récurrent, de perte d'optionnalité ou de mauvaise transmission. Voici les situations concrètes qui exigent une ingénierie patrimoniale en amont.

L'option pour le barème mal arbitrée

L'option pour le barème progressif (case 2OP) est globale : cocher cette case applique le barème à tous les revenus mobiliers et plus-values du foyer pour l'année concernée. Un contribuable qui coche par réflexe ou par mauvaise simulation peut payer plus que le PFU, notamment lorsque sa tranche marginale dépasse 12,8 %. À l'inverse, un foyer non imposable ou à faible tranche peut subir le PFU sans s'en rendre compte. La règle est de simuler les deux scénarios chaque année avant déclaration, en intégrant l'effet sur les abattements pour durée de détention résiduels (art. 150-0 D 1 ter CGI) et sur l'ensemble des revenus du foyer.

Notre approche

Une expertise du portefeuille articulée et tracée

Le compte-titres ne se traite jamais isolément. Allocation, fiscalité courante, articulation entre enveloppes et stratégie de transmission s'entremêlent dans toute décision. Chaque ligne logée en CTO doit pouvoir l'être ailleurs ou pas, chaque cession a un coût fiscal, chaque don ou héritage modifie l'équilibre. ATRIOMA structure cette articulation en trois temps.

1. Cartographier

Les enveloppes existantes et leur saturation

Inventaire complet des contrats du client : PEA, assurance-vie française et luxembourgeoise, contrat de capitalisation, PER, CTO actuels. Vérification des plafonds (PEA 150 000 €, art. L. 221-30 CMF), des âges des contrats, de la composition en titres. La cartographie identifie l'enveloppe qui doit recevoir chaque type d'actif.

2. Articuler

L'allocation entre enveloppes et le calibrage fiscal

Répartition des actifs selon leur nature : actions européennes prioritairement en PEA (art. L. 221-31 CMF), fonds en euros et UC pilotées en assurance-vie (art. 990 I CGI), titres internationaux et structurés en CTO. Arbitrage PFU vs barème calibré sur la tranche marginale et les abattements résiduels (art. 150-0 D 1 ter CGI). Intégration de la CDHR pour les hauts revenus (art. 224 CGI).

3. Tracer

La transmission anticipée et la documentation des actes

Préparation des donations de titres et de leur démembrement (art. 669 et 779 CGI) avec les notaires partenaires. Documentation des prix d'acquisition, des plus-values latentes, des dates de souscription des contrats. La traçabilité protège la purge successorale et facilite les arbitrages ultérieurs des héritiers. Revue annuelle face aux évolutions législatives (LF, LFSS, doctrine BOFiP).

En perspective

Le compte-titres, une enveloppe qui se compose dans la durée


Une enveloppe complémentaire, pas une enveloppe par défaut.

Loger sur un compte-titres tout ce qui pourrait l'être ailleurs revient à renoncer aux cadres préférentiels du PEA et de l'assurance-vie. Le CTO prend tout son sens quand il accueille ce qui ne tient pas dans les autres enveloppes. Plusieurs cas typiques : titres américains ou émergents exclus du PEA par l'article L. 221-31 CMF, montants au-delà du plafond de 150 000 €, produits structurés sur-mesure, titres non cotés. C'est dans cette zone-là que sa fiscalité standard est compensée par sa liberté d'investissement.

Une articulation entre enveloppes, pas un arbitrage unique.

Pour un patrimoine financier significatif, l'enjeu n'est pas de choisir entre CTO et autres enveloppes, mais de composer leur articulation. Une analyse patrimoniale d'ensemble identifie la part de chaque enveloppe selon les actifs visés, l'horizon de capitalisation et la stratégie de transmission. Le PEA capte les actions européennes en horizon long. L'assurance-vie pilote l'épargne et organise la transmission hors succession. Le compte-titres prolonge la capitalisation et ouvre l'univers d'investissement. Les ajustements annuels (PFU vs barème, prises de bénéfice, donations) viennent ensuite, sur la base d'une structure déjà posée.

Un cadre fiscal mobile, pas une vérité figée.

L'environnement fiscal du compte-titres évolue régulièrement. Plusieurs axes pèsent sur l'analyse d'un portefeuille. Hausse du PFU à 31,4 % en 2026 sous l'effet de la CSG. Création de la CDHR (art. 224 CGI, LF 2025), prorogée par la LF 2026 jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Maintien des abattements pour durée de détention sur les titres pré-2018 (art. 150-0 D 1 ter CGI) à mesure que ce stock se réduit. Doctrine BOFiP sur le régime des plus-values mobilières en cas de donation ou de démembrement. Un portefeuille construit aujourd'hui doit pouvoir être révisé demain sans tout refonder. C'est aussi à cela que sert un accompagnement patrimonial dans la durée : tenir à jour la stratégie, et l'adapter à mesure que la fiscalité, la famille et le patrimoine évoluent.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet de conseil indépendant Paris 16e
Le cabinet

Un cabinet, trois pôles d'expertise


Afin d'apporter une expertise globale à ses clients et de répondre à l'ensemble de leurs problématiques, le cabinet s'articule autour de trois pôles spécialisés. Chacun apporte une réponse experte et adaptée aux enjeux financiers, juridiques, assurantiels et immobiliers.

Pôle Ingénierie patrimoniale et financière

Un accompagnement stratégique et sur mesure pour structurer, valoriser et transmettre. De la stratégie fiscale aux arbitrages d'investissement, ATRIOMA se positionne en chef d'orchestre pour une gestion cohérente et pérenne des actifs.

Pôle Assurance

Assurance de personnes et IARD pour une couverture complète. ATRIOMA accompagne ses clients particuliers, professionnels et entreprises dans la mise en place de garanties calibrées au profil de risque.

Pôle Immobilier

Investissements et cessions de biens professionnels ou familiaux. Le cabinet apporte un accompagnement sur mesure pour sécuriser les projets immobiliers de bout en bout, depuis l'audit initial jusqu'à la finalisation des actes.

Fondé en 2019 et établi au 56 rue de Passy dans le 16e arrondissement de Paris, ATRIOMA est un cabinet de conseil multidisciplinaire en gestion privée. Le cabinet exerce sous quatre statuts réglementés : Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations Bancaires et en Services de Paiement (COBSP), et Carte T pour les transactions immobilières. ATRIOMA est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 19006974 et supervisé par l'AMF et l'ACPR.

Avis clients

Ce que disent nos clients

5,0 · 82 avis Google
Quentin Goudier
Client ATRIOMA
·Juillet 2024

Un grand merci à Atrioma, et tout particulièrement à Alexis et Adrien qui m'ont encadré et apporté tous les conseils dont j'avais besoin.

Julie J
Cliente ATRIOMA
·Juin 2025

Très bons conseils et accompagnement, je recommande !

Eddy Seys
Client ATRIOMA
·Juin 2025

Excellents conseils, sérieux et professionnel. Je conseille vivement.

Arnaud Trottier
Client ATRIOMA
·Avril 2025

Client depuis 5 ans, je ne peux que recommander.