Régimes matrimoniaux

Le régime matrimonial détermine l’organisation juridique et financière des relations patrimoniales entre époux, tant pendant le mariage qu’en cas de séparation ou de décès. Il encadre la propriété des biens, la gestion des actifs et les droits de chacun. Le choix ou l’aménagement d’un régime adapté constitue un levier stratégique dans toute approche patrimoniale.

Un enjeu clé de la stratégie patrimoniale

Le régime matrimonial est un outil fondamental de la structuration du patrimoine d’un foyer, il influe directement sur la gestion, la protection et la transmission du patrimoine familial.

Une analyse fine et personnalisée du régime matrimonial permet d’intégrer ce levier juridique à une stratégie patrimoniale globale, à la croisée des dimensions fiscales, successorales et civiles.

Les 4 principaux régimes matrimoniaux

Communauté légale réduite aux acquêts

(articles 1400 et suivants du Code civil)

La communauté réduite aux acquêts est le régime matrimonial légal applicable par défaut aux époux en l’absence de contrat de mariage. Il s’agit du régime le plus répandu en France.

Ce régime repose sur une distinction claire entre trois masses de biens :

  • Les biens propres de chaque époux : biens possédés avant le mariage, ainsi que ceux reçus pendant le mariage par donation ou succession.

  • Les biens communs (ou acquêts) : biens acquis pendant le mariage à titre onéreux, revenus professionnels, produits de placements ou de l’exploitation d’un bien propre.

  • Les dettes : en principe communes lorsqu’elles sont contractées pour l’entretien du ménage ou dans l’intérêt du couple, même si engagées par un seul des époux.

Chaque époux conserve la pleine propriété et l’administration de ses biens propres, tandis que les biens communs sont soumis à une gestion conjointe ou individuelle selon leur nature.

En cas de divorce ou de décès, la masse commune est partagée par moitié, sauf dispositions particulières (avantages matrimoniaux, clauses spécifiques).

Ce régime présente une souplesse de fonctionnement mais peut s’avérer inadapté en présence de situations patrimoniales déséquilibrées, d’enjeux de transmission ou d’activité professionnelle à risque. Il est donc essentiel de l’évaluer dans le cadre d’un audit patrimonial global, et de l’adapter si nécessaire par un changement de régime ou la mise en place de clauses spécifiques.

Séparation de biens

(articles 1536 et suivants du Code civil)

Le régime de la séparation de biens repose sur un principe d’indépendance patrimoniale totale entre les époux. Chaque conjoint conserve l’administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens, qu’ils aient été acquis avant ou pendant le mariage.

Il n’existe aucune masse commune : tous les biens sont considérés comme personnels, sauf acquisition conjointe expressément mentionnée (par exemple, en indivision). Les dettes restent également personnelles, sauf si elles ont été contractées solidairement dans l’intérêt du ménage.

Ce régime est particulièrement adapté :

  • En présence d’un fort déséquilibre patrimonial entre les époux

  • En cas d’activité professionnelle à risque, notamment pour les dirigeants ou professions libérales

  • Pour maintenir une clarté dans la gestion patrimoniale, notamment en cas de remariage ou d’enfants issus d’une précédente union

La séparation de biens offre simplicité et sécurité juridique, mais nécessite une gestion rigoureuse des comptes et des acquisitions, notamment pour éviter les contentieux en cas de dissolution du mariage.

Communauté universelle

(articles 1526 et suivants du Code civil)

Le régime de la communauté universelle repose sur le principe d’unification de tous les biens des époux, qu’ils soient acquis avant ou pendant le mariage. Tous les biens, sauf exceptions expressément prévues dans le contrat, sont réputés communs, de même que l’ensemble des dettes.

Ce régime est souvent choisi dans un objectif de protection du conjoint survivant, notamment chez les couples mariés tardivement ou sans héritiers directs. Il est généralement accompagné d’une clause d’attribution intégrale au dernier vivant, permettant au conjoint survivant de recueillir l’intégralité du patrimoine sans partage avec d’autres héritiers.

Toutefois, cette configuration :

  • Exclut les enfants de la succession au premier décès, sauf renonciation du conjoint ou clause spécifique

  • Supprime toute individualité patrimoniale, ce qui peut poser problème en cas de mésentente ou de divorce

  • Peut entraîner un coût fiscal en cas de décès du second époux si le patrimoine transmis est important

Ce régime est à envisager dans le cadre d’une stratégie de transmission globale, après étude des conséquences civiles et fiscales.

Participation aux acquêts

(articles 1569 et suivants du Code civil)

Le régime de la participation aux acquêts est un régime hybride, qui combine les principes de la séparation de biens pendant le mariage et ceux de la communauté au moment de la dissolution.

Pendant le mariage, chaque époux conserve la libre administration et la propriété exclusive de ses biens, comme dans un régime de séparation. Toutefois, au moment de la dissolution (divorce ou décès), un mécanisme de compensation financière est activé :

  • L’époux qui s’est le moins enrichi pendant le mariage peut réclamer une créance de participation à l’autre

  • Cette créance correspond à la moitié de l’enrichissement net constaté

Ce régime vise à préserver l’autonomie patrimoniale tout en instaurant une solidarité sur les gains réalisés durant l’union. Il est souvent choisi dans des contextes où les époux souhaitent protéger leurs biens propres tout en favorisant un partage équitable en cas de séparation.

La participation aux acquêts nécessite une évaluation rigoureuse des patrimoines de départ et de fin de mariage, rendant ce régime plus complexe à mettre en œuvre que les autres.

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Régime matrimoniaux

Les points d'attention

Protection du conjoint survivant

Le régime matrimonial joue un rôle central dans la protection du conjoint en cas de décès.

Des mécanismes peuvent être intégrés pour renforcer cette protection, notamment :

  • La clause de préciput, qui permet au conjoint survivant de prélever certains biens communs avant tout partage (article 1515 du Code civil)
  • La clause de partage inégal ou d’attribution intégrale dans les régimes communautaires
  • Les clauses résiduelles dans les régimes séparatistes pour assurer un avantage différé sans créer de droit immédiat
 

Le choix du régime conditionne également l’accès à la pleine propriété ou à l’usufruit sur certains biens, en interaction avec les règles de la réserve héréditaire et de la quotité disponible.

Conséquences en cas de divorce

Chaque régime matrimonial induit des effets patrimoniaux différents en cas de séparation.

  • En communauté : les biens communs sont partagés par moitié, ce qui peut poser difficulté en présence d’un patrimoine professionnel.
  • En séparation de biens : chaque époux reprend ses avoirs, mais il est possible de revendiquer une créance entre époux (apports personnels, financement du bien de l’autre, enrichissement sans cause…).
  • En participation aux acquêts : une créance de participation peut être due, nécessitant un calcul rigoureux des enrichissements respectifs.
 

Le régime choisi doit donc anticiper les risques de conflits et préserver l’équilibre patrimonial, y compris en cas de rupture.

Chaque projet est unique, chaque solution doit l’être aussi.

Oui, il est possible de changer de régime matrimonial après deux ans de mariage, conformément à l’article 1397 du Code civil. La modification nécessite la rédaction d’un acte authentique devant notaire. En présence d’enfants mineurs ou en cas d’opposition des créanciers, l’acte devra être homologué par le juge aux affaires familiales afin de protéger les intérêts des tiers.

Le régime matrimonial a une influence directe sur les droits du conjoint survivant et sur le partage du patrimoine en cas de décès. Certains régimes, comme la communauté universelle avec clause d’attribution intégrale, permettent au conjoint survivant de recueillir l’intégralité du patrimoine sans partage. D’autres régimes, comme la séparation de biens, nécessitent la mise en place de mécanismes spécifiques pour assurer une protection efficace du conjoint et optimiser la fiscalité successorale.

Le choix du régime matrimonial dépend de plusieurs critères : la composition du patrimoine, la nature de l’activité professionnelle, la volonté de protéger le conjoint ou de favoriser certains héritiers, ainsi que les objectifs de transmission. Une analyse préalable de la situation juridique, fiscale et patrimoniale est indispensable pour déterminer le régime le mieux adapté. Ce choix doit également être réévalué lors des grandes étapes de la vie (création d’entreprise, acquisition immobilière, changement de situation familiale).

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