Retraite par répartition — comprendre le mécanisme | ATRIOMA
Retraite et financement · Système de retraite par répartition

La retraite par répartition comprendre le mécanisme pour anticiper le différentiel

Le système français repose sur un transfert intergénérationnel : les cotisations des actifs financent les pensions des retraités. Sa maîtrise ne consiste pas à le contester, mais à projeter précisément les droits acquis tous régimes, à mesurer le différentiel structurel entre revenu d'activité et pension future, et à calibrer les leviers de complément (PER, contrat de capitalisation, immobilier) dans une stratégie patrimoniale d'ensemble.

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L'essentiel

Un système intergénérationnel, plafonné et différencié selon le statut

01

Un mécanisme par transfert immédiat

Les cotisations prélevées sur les revenus des actifs financent immédiatement les pensions des retraités. Le système repose sur le régime de base (CNAV pour les salariés, SSI ou CNAVPL pour les TNS) et un ou plusieurs régimes complémentaires obligatoires (Agirc-Arrco, CARMF, CARPIMKO, CNBF, CIPAV). Aucun capital n'est constitué pour le compte du cotisant.

02

Un calcul à trois paramètres

La pension de base est fonction du salaire annuel moyen (25 meilleures années), du taux de liquidation (50 % au taux plein) et du coefficient de proratisation (durée cotisée sur 172 trimestres). La complémentaire Agirc-Arrco fonctionne par points, valeur de service 1,4386 € pour 2026.

03

Un différentiel structurel pour les hauts revenus

Le salaire pris en compte est plafonné à 1 PASS (48 060 € en 2026) pour la base et à 8 PASS (384 480 €) pour la complémentaire. Le taux de remplacement chute autour de 51,5 % pour un cadre supérieur et descend sous 20 % au-delà de 10 PASS.

Pourquoi c'est stratégique

Ce qui rend la retraite par répartition singulière à anticiper

Quatre traits structurent le système et imposent une approche spécifique, distincte du seul pilotage des revenus courants. Pour les libéraux, dirigeants TNS et cadres supérieurs, la projection chiffrée n'est pas optionnelle : c'est la condition pour mesurer le différentiel et calibrer les leviers de complément.

Un transfert intergénérationnel

Les cotisations versées par les actifs financent immédiatement les pensions des retraités (article L. 351-1 du Code de la sécurité sociale). Aucun capital n'est constitué pour le compte du cotisant : les droits acquis sont une promesse adossée à l'équilibre démographique futur.

Une mécanique plafonnée à 1 PASS et 8 PASS

Le salaire pris en compte pour la pension de base est plafonné à 1 PASS (48 060 € en 2026). La complémentaire Agirc-Arrco est plafonnée à 8 PASS (384 480 €). Au-delà, les cotisations supplémentaires ne génèrent plus de droits : c'est le plafond de verre qui structure l'écart pour les hauts revenus.

Un calcul à effet de cumul long

Les droits se constituent sur l'ensemble de la carrière, en trimestres (régime de base) et en points (régimes complémentaires). Les arbitrages pris à 35 ou 45 ans — rémunération-dividendes en SARL, statut TNS vs assimilé salarié — produisent des effets cumulés sur trente à quarante ans, irréversibles à la liquidation.

Un système structurellement déficitaire

Le ratio cotisants/retraités est passé de 4 en 1960 à 1,7 en 2024. Selon le Conseil d'orientation des retraites, le taux de remplacement décroît durablement de génération en génération. La constitution d'une épargne retraite par capitalisation complémentaire devient une donnée structurelle, pas un choix de confort.

Trois temps, une trajectoire

Cotiser · Liquider · Compléter

Trois temps majeurs structurent la trajectoire retraite. Aucun ne se traite isolément : la qualité de la stratégie tient à l'articulation entre les arbitrages pris en activité, les choix de liquidation et la construction du complément par capitalisation.

Cotiser

Construire les droits en activité

Quand l'utiliser

Tout au long de la vie active. Les choix de statut (TNS, assimilé salarié), de structure d'entreprise (SARL, SAS, exercice libéral) et d'arbitrage rémunération-dividendes produisent des effets cumulés sur trente à quarante ans, irréversibles à la liquidation.

Leviers mobilisables
  • Choix du statut socialTNS (article 62 CGI pour gérant majoritaire de SARL) vs assimilé salarié (président de SAS) : assiette de cotisation et niveau de droits acquis différents
  • Arbitrage rémunération/dividendesLes dividendes ne génèrent pas de droits retraite, contrairement à la rémunération. Impact direct en SARL de famille et en société à l'IS
  • Rachat de trimestresArticle L. 351-14-1 du Code de la sécurité sociale : rachat années d'études supérieures, périodes au taux ou pour stage (de l'ordre de 481 € par trimestre)

Liquider

Choisir le moment et les modalités

Quand l'utiliser

À l'approche du départ. Le moment de liquidation impacte définitivement le taux de pension via la décote ou la surcote (1,25 % par trimestre, dans les deux sens). L'arbitrage intègre l'âge, la durée cotisée, l'état de l'épargne complémentaire et le projet de vie.

Leviers mobilisables
  • Calibrage de la date de départArticulation âge légal 64 ans, durée d'assurance 172 trimestres, âge d'annulation de la décote 67 ans (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023). Voir la réforme 2023
  • Surcote et reportChaque trimestre cotisé au-delà du taux plein génère +1,25 % définitif. Effet cumulatif sur la pension viagère, à arbitrer face au coût d'opportunité du report
  • Cumul emploi-retraiteReprise d'activité après liquidation, génération d'une seconde pension de base depuis la loi 2023, plafonnée à 2 355 € bruts/an en 2025

Compléter

Construire la part de capitalisation

Quand l'utiliser

Dès que la projection chiffrée révèle un différentiel entre niveau de vie actif et pension future. Pour les libéraux, dirigeants TNS et cadres supérieurs, ce différentiel est structurel : la part répartition couvre 40 à 55 % du dernier revenu, le complément se construit par capitalisation.

Leviers mobilisables
  • Plan d'épargne retraite (loi PACTE 2019)Plafond TNS jusqu'à 88 911 € en 2026 (article 154 bis CGI), plafond salarié 37 680 € (article 163 quatervicies CGI). Voir le PER
  • Contrat de capitalisation et assurance-vieConstitution d'un capital disponible à la liquidation, articulation avec la transmission. Voir assurance-vie française
  • Immobilier locatif et SCPIGénération de revenus passifs à la retraite, articulation possible avec un crédit amortissable encore en cours de remboursement à la liquidation. Voir sélection de SCPI

Une stratégie retraite cohérente articule les trois temps : les arbitrages pris en cotisation conditionnent les droits, le choix du moment de liquidation détermine le taux, le complément par capitalisation comble le différentiel structurel. Inverser l'ordre, en cherchant le complément avant d'avoir projeté les droits, expose à des dimensionnements approximatifs et à des effets d'aubaine ratés.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée, cabinet de conseil patrimonial indépendant Paris 16e
ATRIOMA Gestion Privée

Le chef d'orchestre de la projection retraite et des leviers de complément

La retraite par répartition ne se traite pas comme une projection de droits parmi d'autres. Une décision sur le statut social engage l'assiette de cotisation, le calcul des points complémentaires, l'éligibilité à certains dispositifs Madelin, et l'articulation avec la fiscalité courante. Sans coordination, chaque arbitrage technique ouvre un nouveau front (IR, cotisations URSSAF, taxation des dividendes) qui peut annuler le gain retraite attendu.

ATRIOMA tient ce rôle de coordination. Le cabinet est l'interlocuteur unique du client et articule, dans une même stratégie, la projection chiffrée des droits, les arbitrages de statut et de structure, et le calibrage des dispositifs de capitalisation complémentaire. La coordination avec les experts-comptables, avocats sociaux et notaires partenaires garantit la cohérence des actes. Chaque levier est dimensionné par rapport au bilan patrimonial d'ensemble, pas pris isolément.

Le mécanisme

Comment fonctionne la répartition : cotisations, droits, plafonnement, liquidation

Le système français de retraite combine un régime de base par annuités (régime général, MSA, CNAVPL, CNBF, SSI) et un ou plusieurs régimes complémentaires obligatoires par points (Agirc-Arrco, CARMF, CARPIMKO, CIPAV, RCI). Mais quel que soit le statut, le revenu pris en compte est plafonné : au-delà d'un certain seuil, la pension cesse de suivre l'élévation du revenu d'activité. Déplacez le curseur ci-dessous pour mesurer l'écart selon votre niveau de revenu : c'est ce différentiel que la capitalisation complémentaire (PER, assurance-vie, immobilier locatif) doit combler.

Votre revenu d'activité annuel
80 000 
40 000 € 500 000 €

Glissez le curseur pour ajuster

Revenu d'activité Pension par répartition
Pension par répartition
≈ 41 190 €/an
≈ 51,5 % du revenu
Différentiel à combler
≈ 38 810 €/an
≈ 48,5 % du revenu

Estimation indicative basée sur les projections du COR juin 2025 pour une carrière complète au taux plein. Les montants réels dépendent du statut, du parcours et du régime de rattachement.

Comparatif

Cadre du privé, dirigeant assimilé salarié, TNS gérant SARL, libéral CARMF : quels droits acquis ?

Le statut social conditionne l'ensemble du parcours retraite : caisses de rattachement, assiette de cotisation, rendement des points, taux de remplacement projeté. Le tableau ci-dessous synthétise les écarts structurels entre quatre profils types pour 2026, sur la base d'une carrière complète.

Critère Cadre du privé Dirigeant assimilé (SAS) Gérant majoritaire (SARL) Libéral médecin (CARMF)
Régime de base CNAV (régime général) CNAV (régime général, statut assimilé salarié) SSI (Sécurité sociale des indépendants) CNAVPL (Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales)
Agirc-Arrco (par points) Agirc-Arrco (par points) RCI (régime complémentaire des indépendants, par points) CARMF (régime complémentaire et ASV obligatoire)
8 PASS (384 480 € en 2026) 8 PASS (384 480 € en 2026) 4 PASS pour RCI (192 240 €) Classes de cotisation CARMF (revenus libéraux)
Élevé (salarial + patronal) Élevé (similaire au cadre) Plus faible que salarié, surtout au-delà du PASS Variable selon classe de cotisation et ASV
~ 51,5 % (COR génération 1963) ~ 50 % (proche cadre) ~ 40-45 % ~ 40-50 % selon revenus et classe
PER salarié (article 163 quatervicies CGI), PERO entreprise PER salarié, PER d'entreprise, dividendes capitalisés PER TNS (article 154 bis CGI, jusqu'à 88 911 € en 2026) PER TNS, contrats Madelin historiques, immobilier locatif
Sans objet (salaire imposé par convention) Rémunération vs dividendes (PFU 31,4 %, sans cotisations) Critique : dividendes > 10 % capital social = cotisations Choix BNC vs structure d'exercice (SEL, SELARL)

Tableau indicatif qui ne remplace pas une projection au cas par cas. Le niveau réel de pension dépend de la carrière complète, des trimestres validés tous régimes, des éventuelles polypensions (changement de statut au cours de la carrière), et de l'évolution des paramètres du régime. Pour un dirigeant ou un libéral, le choix initial de statut social engage des effets cumulés sur trente à quarante ans qu'il est rarement possible de rattraper après-coup.

Applications pratiques

Cas d'usage : projeter, calibrer, anticiper le différentiel

Plusieurs profils, des trajectoires retraite distinctes. La maîtrise du différentiel ne suit pas un schéma unique : elle se calibre selon le statut, la rémunération, l'horizon de départ et les ressources patrimoniales disponibles. Les cas ci-dessous illustrent quatre situations récurrentes pour les profils ATRIOMA.

"La projection chiffrée des droits acquis et à acquérir est la première étape de tout audit retraite. Elle ne se devine pas, elle se calcule, régime par régime, trimestre par trimestre."

Cadre supérieur du privé, 80 000 € bruts annuels
Cadre privé · Plafond Agirc-Arrco · PER salarié

Pour un cadre du privé né en 1965 percevant 80 000 € bruts annuels (environ 1,66 PASS), la projection à 64 ans avec carrière complète donne une pension totale d'environ 41 000 € bruts (régime de base plafonné à 24 030 € au PASS + complémentaire Agirc-Arrco de l'ordre de 17 000 € sous l'effet du gel de la valeur du point sur la période récente), soit un taux de remplacement projeté d'environ 51,5 % cohérent avec les projections COR pour la génération 1963. Le levier principal de complément reste le Plan d'épargne retraite individuel dans le cadre de l'article 163 quatervicies du CGI : plafond annuel de déduction 8 000 € (10 % de 80 000 €), avec report sur 5 ans des plafonds non consommés depuis la loi de finances 2026. Un PER d'entreprise (PERO, article 83 CGI) ou un contrat collectif peuvent renforcer le dispositif.

Effet d'un PER sur 20 ans Versements de 8 000 €/an sur PER pendant 20 ans, capitalisés à 4 % nets : capital atteint environ 240 000 € à 64 ans, convertible en rente complémentaire d'environ 9 000 € bruts annuels, ou en capital sorti en plusieurs fois. Économie d'IR annuelle au taux marginal 30 % : environ 2 400 €/an.
CARMF · CNAVPL · PER TNS Madelin

Un médecin libéral percevant 150 000 € de bénéfice non commercial cotise à la CNAVPL pour la base, à la CARMF pour la complémentaire et l'allocation supplémentaire vieillesse (ASV) obligatoire. Le taux de remplacement projeté oscille typiquement entre 40 et 50 % selon la classe de cotisation. Le levier dominant reste le PER TNS dans le cadre de l'article 154 bis du CGI : plafond 2026 = 10 % × 150 000 + 15 % × (150 000 − 48 060) = 15 000 + 15 291 = 30 291 €. Avec un taux marginal d'imposition à 41 %, l'économie d'impôt approche 12 400 € pour un versement maximal. Voir contrats Madelin pour l'articulation prévoyance complémentaire.

Effet cumulé d'un PER TNS sur 25 ans Versements à plafond Madelin de 30 000 €/an pendant 25 ans, capitalisation 4 % nets : capital atteint environ 1,25 M€ à 67 ans, susceptible de générer 50 000 € bruts annuels en rente ou de constituer un capital sorti progressivement. Économie d'impôt cumulée sur 25 ans (TMI 41 %) : environ 308 000 €.
CNBF · Régime unique · PER TNS

Les avocats relèvent exclusivement de la Caisse nationale des barreaux français (CNBF) pour la base et la complémentaire, sans régime CNAVPL. Le régime de base CNBF est forfaitaire (montant fixe modulé par durée et trimestres cotisés), ce qui pénalise les revenus élevés : le taux de remplacement par répartition descend rapidement sous 40 % pour un BNC supérieur à 150 000 €. Le PER TNS (article 154 bis CGI) constitue le levier principal de rééquilibrage : pour 200 000 € de BNC, plafond 2026 = 10 % × 200 000 + 15 % × (200 000 − 48 060) = 20 000 + 22 791 = 42 791 €. L'articulation avec l'assurance-vie et un contrat de capitalisation offre une diversification de sortie.

Différentiel structurel CNBF Pour un avocat à 200 000 € de BNC, la pension répartition projetée avoisine 70 000 € bruts annuels (base CNBF + complémentaire), soit un taux de remplacement net d'environ 35-40 %. Le différentiel à combler par capitalisation se chiffre à 70 000 à 100 000 € bruts annuels selon le niveau de vie cible.
Gérant majoritaire · SSI · Article 62 CGI

Pour un gérant majoritaire de SARL relevant de l'article 62 CGI et du régime TNS SSI, l'arbitrage rémunération vs dividendes a un impact direct sur les droits retraite. Les dividendes ne sont soumis à cotisations TNS qu'au-delà de 10 % du capital social, et ne génèrent jamais de droits retraite. Une rémunération sous-dimensionnée pour minimiser les cotisations sociales produit des trimestres et points retraite minimaux : à long terme, le différentiel à la liquidation peut atteindre 30 à 50 % de pension perdue par rapport à un arbitrage équilibré. Voir SARL de famille pour l'articulation avec la transmission. Le PER TNS reste le levier de complément principal (article 154 bis CGI).

Effet cumulé du choix rémunération-dividendes Sur une rémunération de 60 000 € vs 100 000 € (avec compensation en dividendes), le différentiel de points Agirc-Arrco équivalent et de trimestres cotisés produit, sur 25 ans, un écart de pension de l'ordre de 12 000 à 18 000 € bruts annuels viagers à la liquidation. Soit, sur 20 ans de retraite, 240 000 à 360 000 € de différentiel cumulé.

Anticiper la retraite,
cela commence par une projection chiffrée

Chaque situation est singulière. Un échange avec un conseiller ATRIOMA permet de projeter les droits acquis tous régimes, mesurer le différentiel à la liquidation et calibrer les leviers de complément adaptés au statut et au profil patrimonial.

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Questions fréquentes

Les questions les plus fréquentes

Profils concernés
Médecins libéraux Avocats Auxiliaires médicaux Dirigeants TNS Cadres supérieurs Professions libérales CIPAV
Situations concernées
  • Préparation du départ à 10-15 ans de la liquidation
  • Changement de statut social (TNS vers assimilé salarié ou inverse)
  • Carrière incomplète ou polypension (changement de régime)
  • Arbitrage rémunération-dividendes pour les dirigeants
Ce qu'ATRIOMA analyse
  • Projection chiffrée des droits acquis tous régimes
  • Mesure du différentiel à la liquidation
  • Calibrage du PER (article 154 bis ou 163 quatervicies CGI)
  • Cohérence avec la stratégie patrimoniale globale
Comment fonctionne concrètement la retraite par répartition en France ?
Le système français de retraite par répartition repose sur un transfert intergénérationnel : les cotisations prélevées sur les revenus des actifs financent immédiatement les pensions des retraités. Aucun compte individuel n'est constitué, aucun capital n'est placé pour le compte du cotisant. Les droits acquis pendant la carrière prennent la forme de trimestres validés (régime de base) et de points (régimes complémentaires Agirc-Arrco pour les salariés du privé, régimes des caisses libérales pour les TNS). Le système s'articule autour du régime de base (articles L. 351-1 et suivants du Code de la sécurité sociale) et d'un ou plusieurs régimes complémentaires obligatoires. L'équilibre financier dépend du ratio cotisants / retraités, qui est passé de 4 en 1960 à 1,7 aujourd'hui.
La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 a fixé à 172 trimestres la durée d'assurance cible pour bénéficier du taux plein de 50 % (article L. 351-1 du Code de la sécurité sociale) et prévu un relèvement progressif de l'âge légal à 64 ans. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi du 30 décembre 2025) a suspendu jusqu'en 2028 le calendrier d'accélération pour les générations 1964 à 1968 : pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, la durée cible de 172 trimestres ne concerne désormais que les assurés nés à partir de 1966, et l'âge légal de 64 ans ne s'applique qu'aux générations nées à partir de 1969. À défaut de durée d'assurance suffisante avant 67 ans (âge d'annulation de la décote), la pension est réduite par une décote de 1,25 % par trimestre manquant, plafonnée à 25 % maximum. À l'inverse, chaque trimestre travaillé au-delà du taux plein génère une surcote de 1,25 % par trimestre, sans plafond.
Le calcul s'opère sur trois paramètres (article L. 351-1 et R. 351-29 du Code de la sécurité sociale) : le salaire annuel moyen, calculé sur les 25 meilleures années de la carrière, revalorisées et plafonnées au plafond annuel de la Sécurité sociale en vigueur l'année concernée ; le taux de liquidation, fixé à 50 % au taux plein, minoré par décote ou majoré par surcote ; le coefficient de proratisation, égal au rapport entre la durée d'assurance cotisée et la durée requise pour le taux plein. La formule simplifiée : pension annuelle de base = salaire annuel moyen × taux × (durée cotisée / 172). Pour 2026, le salaire annuel moyen est plafonné à 48 060 € (PASS), ce qui produit une pension de base maximale d'environ 24 030 € bruts annuels (50 % du PASS) pour une carrière complète.
La retraite complémentaire des salariés du privé fonctionne par points depuis la fusion Agirc et Arrco en 2019. Chaque mois, les cotisations versées par le salarié et l'employeur sont converties en points selon la formule : nombre de points = (assiette × taux de calcul) / salaire de référence. Pour 2026, le salaire de référence (prix d'achat du point) est de 20,1877 €. À la liquidation, la pension annuelle brute égale : nombre de points × valeur de service du point. Pour la période du 1er novembre 2025 au 31 octobre 2026, la valeur de service est fixée à 1,4386 €, gelée pour la deuxième année consécutive faute d'accord paritaire. Les cotisations s'appliquent à deux tranches : T1 jusqu'à 1 PASS (48 060 €) et T2 de 1 à 8 PASS (384 480 €). Au-delà de 8 PASS, aucun point n'est acquis : c'est le plafond de verre qui explique la chute du taux de remplacement pour les hauts revenus.
Les professions libérales relèvent de régimes spécifiques distincts du régime général. La retraite de base est gérée par la Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), sauf pour les avocats qui dépendent de la Caisse nationale des barreaux français (CNBF) pour la base et la complémentaire. La retraite complémentaire dépend de la profession exercée : la CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France) pour les médecins, la CARCDSF pour les chirurgiens-dentistes et sages-femmes, la CAVP pour les pharmaciens, la CARPIMKO pour les auxiliaires médicaux, la CARPV pour les vétérinaires, la CIPAV pour les professions libérales non réglementées (architectes, consultants, ingénieurs-conseils, etc.). Chaque caisse possède ses propres règles de cotisation, de rendement du point et de réserves financières. Les artisans, commerçants et certaines professions libérales non réglementées relèvent quant à eux de la Sécurité sociale des indépendants (SSI), qui gère à la fois la base et la complémentaire RCI.
Le taux de remplacement (pension / dernier revenu d'activité) varie fortement selon le statut et le niveau de revenu. Selon le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) de juin 2025, il s'établit à environ 74 % pour un salarié non-cadre du privé à carrière complète, mais tombe à environ 51,5 % pour un cadre du privé partant au taux plein, et descend sous 20 % pour les revenus supérieurs à 10 PASS. Trois mécanismes expliquent cette chute : le salaire annuel moyen de la retraite de base est plafonné à 1 PASS, soit 48 060 € en 2026 (article R. 351-29 du Code de la sécurité sociale) ; la retraite complémentaire Agirc-Arrco est plafonnée à 8 PASS, soit 384 480 € en 2026, au-delà aucun droit n'est acquis ; pour les TNS, les cotisations à la retraite complémentaire sont historiquement plus faibles que celles des salariés. Le taux de remplacement moyen des libéraux et dirigeants TNS oscille entre 40 % et 50 %.
La décote est une réduction définitive du taux de liquidation appliquée lorsque l'assuré liquide sa pension sans avoir validé la durée d'assurance requise et avant 67 ans (âge d'annulation de la décote). Elle s'élève à 1,25 % par trimestre manquant, plafonnée à 25 % maximum, soit un taux de liquidation minimum de 37,5 % au lieu de 50 % (article R. 351-27 du Code de la sécurité sociale). La décote s'applique également mécaniquement à la pension complémentaire Agirc-Arrco. La surcote est le mécanisme symétrique : chaque trimestre cotisé au-delà du taux plein génère une majoration de 1,25 % du taux de liquidation, sans plafond. Le rachat de trimestres (article L. 351-14-1 du Code de la sécurité sociale) permet de réduire la décote, à un coût qui dépend de l'âge et du revenu (de l'ordre de 481 € pour le rachat au titre du stage en 2026).
Le Plan d'épargne retraite (loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019) constitue le principal levier de complément retraite pour les TNS et dirigeants confrontés au plafonnement de la retraite par répartition. Pour les TNS, les versements professionnels sur un PER bénéficient du plafond Madelin codifié à l'article 154 bis du CGI : 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, augmenté de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. En 2026, le plafond maximum atteint 88 911 € pour un bénéfice supérieur ou égal à 8 PASS (384 480 €). Les versements à titre personnel relèvent de l'article 163 quatervicies du CGI : 10 % des revenus de l'année N-1, plancher 4 806 € (10 % du PASS), plafond 37 680 € (10 % de 8 PASS). La loi de finances 2026 (loi 2026-103 du 19 février 2026) a porté le report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans et supprimé la déductibilité après 70 ans. Pour les gérants majoritaires de SARL (article 62 CGI) et les SARL de famille, l'arbitrage rémunération / dividendes impacte directement les droits retraite : les dividendes ne génèrent pas de droits, contrairement à la rémunération soumise à cotisations.
Le système par répartition est structurellement déficitaire à horizon prévisible. Le ratio cotisants / retraités est passé de 4 en 1960 à 1,7 en 2024 et pourrait atteindre 1,3 en 2050. Selon le rapport du COR 2024, les dépenses de retraite représentent 13,9 % du PIB français et le solde du système se dégraderait pour atteindre -0,4 point de PIB en 2030. Les leviers de rééquilibrage sont triples : augmenter les cotisations (taux de prélèvement), repousser l'âge ou la durée requise (réformes successives, dont 2023), baisser le rendement des pensions (indexation prix plutôt que salaires, gels de la valeur du point Agirc-Arrco). Le taux de remplacement projeté baisse pour toutes les catégories à horizon 2050. Cette dégradation structurelle justifie économiquement la constitution d'une épargne retraite par capitalisation complémentaire, particulièrement pour les profils dont le taux de remplacement par répartition est structurellement faible.
ATRIOMA part d'une projection chiffrée des droits acquis et à acquérir tous régimes confondus : régime de base, complémentaire Agirc-Arrco ou caisse libérale (CARMF, CARPIMKO, CNBF, CIPAV, SSI), reconstitution de carrière, validation des trimestres et points cumulés, simulation à différents âges de liquidation. La cartographie inclut l'identification du taux de remplacement projeté et du différentiel à combler. Pour les dirigeants TNS, l'arbitrage rémunération / dividendes est intégré au regard de son impact sur les droits retraite. Les leviers de complément sont ensuite calibrés : Plan d'épargne retraite individuel ou collectif, contrat de capitalisation, assurance-vie de droit français ou luxembourgeois, immobilier locatif (LMNP, SCPI), arbitrage rémunération-dividendes pour les dirigeants. Chaque dispositif est dimensionné par rapport au plafond fiscal disponible (article 154 bis ou 163 quatervicies du CGI) et articulé avec le bilan patrimonial d'ensemble. Le suivi annuel permet d'ajuster les versements au gré de l'évolution des revenus et de la réglementation.
Ce que la projection ne révèle pas toujours

Audit retraite mal cadré : les angles morts qui pèsent à la liquidation

La retraite paraît simple sur le papier : un calcul, des trimestres, une pension. Dans les faits, plusieurs angles morts techniques peuvent transformer une trajectoire mal anticipée en différentiel insurmontable à 60 ans. Voici les situations concrètes qui exigent une vraie ingénierie patrimoniale en amont.

La sous-estimation du différentiel à la liquidation

Beaucoup de dirigeants et de libéraux estiment leur retraite future en projetant un taux de remplacement de 60 à 70 % sur la base d'observations anciennes ou de moyennes générales. Selon les projections du COR, ce taux s'établit en réalité autour de 51,5 % pour un cadre du privé à carrière complète, et descend à 40-50 % pour les libéraux et dirigeants TNS. Pour un BNC ou une rémunération supérieure à 10 PASS, le taux de remplacement chute sous 20 %. Le diagnostic réel n'est pas une estimation au doigt mouillé : il se construit à partir du relevé de carrière info-retraite.fr, du recensement de toutes les caisses concernées (polypensions) et d'une simulation par âge de liquidation.

Notre approche

Une expertise retraite transversale et coordonnée

Un audit retraite ne se traite jamais isolément. Projection des droits, mesure du différentiel, choix de statut social, arbitrage rémunération-dividendes et calibrage des dispositifs de capitalisation s'articulent avec la fiscalité courante, la stratégie patrimoniale et l'horizon de transmission. ATRIOMA structure cette articulation en trois temps.

1. Cartographier

Les droits acquis tous régimes confondus

Reconstitution de carrière, validation des trimestres et points cumulés au régime de base et complémentaire, identification des polypensions (changements de régime), simulation par âge de liquidation. La projection s'appuie sur le relevé de carrière info-retraite.fr, les déclarations des caisses libérales, et les paramètres en vigueur (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023). La précision de la cartographie est le premier rempart contre une mauvaise surprise à la liquidation.

2. Calibrer

Les leviers de complément au juste niveau

Calibrage des dispositifs de capitalisation au regard du plafond fiscal disponible (article 154 bis CGI pour les TNS jusqu'à 88 911 € en 2026, article 163 quatervicies CGI pour les salariés, article 83 CGI pour le PERO), articulation avec l'assurance-vie, le contrat de capitalisation et l'immobilier locatif. Pour les dirigeants, intégration de l'arbitrage rémunération-dividendes (article 62 CGI pour les gérants majoritaires de SARL) dans la projection retraite long terme.

3. Anticiper

Le suivi vivant des paramètres et de la trajectoire

Revue annuelle des versements PER au regard des plafonds disponibles (report étendu à 5 ans depuis la loi de finances 2026), ajustement face à l'évolution des revenus et de la réglementation, projection actualisée à 5 ans de la liquidation. Coordination avec l'expert-comptable sur l'arbitrage rémunération-dividendes, avec l'avocat social sur les changements de statut, avec le notaire pour la transmission. Chaque acte est documenté pour résister à un contrôle URSSAF ou fiscal ultérieur.

En perspective

La retraite, une trajectoire qui se construit sur trente ans


Un horizon long, pas une décision tardive.

La retraite ne se prépare pas l'année du départ. Les droits acquis se constituent sur l'ensemble de la carrière : 172 trimestres représentent 43 ans de cotisations, les arbitrages pris à 35 ou 45 ans pèsent encore sur la pension liquidée à 64 ans. Le démembrement entre rémunération et dividendes joue sur trente ans pour un dirigeant TNS, l'effet cumulé des versements PER sur vingt ou vingt-cinq ans. Chaque année cotisée à plein ou à minima crée un écart permanent à la pension finale.

La projection précède la décision.

Pour un dirigeant, un libéral ou un cadre supérieur, l'enjeu n'est pas de minimiser les cotisations courantes mais de construire une trajectoire qui préserve le niveau de vie à la retraite. La projection chiffrée des droits acquis tous régimes, intégrée à un bilan patrimonial, identifie le différentiel à combler et calibre les leviers réellement disponibles (PER article 154 bis ou 163 quatervicies CGI, contrat de capitalisation, immobilier locatif). La structuration met en place les dispositifs (PER d'entreprise, arbitrage rémunération-dividendes, SARL de famille) qui modifient durablement la trajectoire de droits. Les ajustements annuels viennent en complément.

Un cadre en mouvement, des plafonds qui évoluent.

L'environnement de la retraite par répartition se transforme régulièrement. Le PASS est revalorisé chaque année (48 060 € en 2026, +2 % vs 2025). La valeur de service du point Agirc-Arrco peut être gelée (1,4386 € jusqu'au 31 octobre 2026, deuxième année consécutive). La loi de finances 2026 (loi 2026-103 du 19 février 2026, art. 9) a porté le report des plafonds PER non utilisés de 3 à 5 ans et supprimé la déductibilité après 70 ans. Selon les projections du COR, le taux de remplacement projeté décroît de génération en génération. Un dossier retraite construit aujourd'hui doit pouvoir être révisé demain sans tout reprendre. C'est aussi à cela que sert un accompagnement patrimonial dans la durée : ajuster les versements année après année, et adapter la trajectoire à mesure que les revenus, la famille et la réglementation évoluent.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet de conseil indépendant Paris 16e
Le cabinet

Un cabinet, trois pôles d'expertise


Afin d'apporter une expertise globale à ses clients et de répondre à l'ensemble de leurs problématiques, le cabinet s'articule autour de trois pôles spécialisés. Chacun apporte une réponse experte et adaptée aux enjeux financiers, juridiques, assurantiels et immobiliers.

Pôle Ingénierie patrimoniale et financière

Un accompagnement stratégique et sur mesure pour structurer, valoriser et transmettre. De la stratégie fiscale aux arbitrages d'investissement, ATRIOMA se positionne en chef d'orchestre pour une gestion cohérente et pérenne des actifs.

Pôle Assurance

Assurance de personnes et IARD pour une couverture complète. ATRIOMA accompagne ses clients particuliers, professionnels et entreprises dans la mise en place de garanties calibrées au profil de risque.

Pôle Immobilier

Investissements et cessions de biens professionnels ou familiaux. Le cabinet apporte un accompagnement sur mesure pour mener les projets immobiliers de bout en bout, depuis l'audit initial jusqu'à la finalisation des actes.

Fondé en 2019 et établi au 56 rue de Passy dans le 16e arrondissement de Paris, ATRIOMA est un cabinet de conseil multidisciplinaire en gestion privée. Le cabinet exerce sous quatre statuts réglementés : Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations Bancaires et en Services de Paiement (COBSP), et Carte T pour les transactions immobilières. ATRIOMA est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 19006974 et supervisé par l'AMF et l'ACPR.

Avis clients

Ce que disent nos clients

5,0 · 82 avis Google
Quentin Goudier
Client ATRIOMA
·Juillet 2024

Un grand merci à Atrioma, et tout particulièrement à Alexis et Adrien qui m'ont encadré et apporté tous les conseils dont j'avais besoin.

Julie J
Cliente ATRIOMA
·Juin 2025

Très bons conseils et accompagnement, je recommande !

Eddy Seys
Client ATRIOMA
·Juin 2025

Excellents conseils, sérieux et professionnel. Je conseille vivement.

Arnaud Trottier
Client ATRIOMA
·Avril 2025

Client depuis 5 ans, je ne peux que recommander.