La proposition Attal sur les retraites — ATRIOMA
Analyse patrimoniale · Retraite et capitalisation

La proposition de Gabriel Attal lecture patrimoniale d'un projet de réforme des retraites

Présentée le 1er mai 2026 dans Le Figaro et sur RMC, la proposition de Gabriel Attal sur les retraites articule quatre orientations. Suppression de l'âge légal. Durée de cotisation seule. Décotes-surcotes recalibrées. Part de capitalisation. Le projet n'est pas en vigueur. Sa lecture patrimoniale anticipe les ajustements à conduire sur les dispositifs d'épargne longue.

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L'essentiel

Une proposition de rupture, présentée en mai 2026

01

Fin de l'âge légal, durée de cotisation seule

La proposition vise à supprimer l'âge légal de départ (actuellement 62 à 64 ans selon les générations). Le calcul de la pension reposerait sur la durée de cotisation uniquement, avec des décotes et surcotes recalibrées par rapport au cadre actuel (art. L. 351-1-2 et L. 351-1-4 CSS).

02

Introduction d'une part de capitalisation

Le projet propose d'intégrer une part de capitalisation au sein du système, en complément de la répartition. La proportion n'est pas chiffrée à ce jour. La capitalisation expose une fraction de la pension future aux marchés financiers, donc à la volatilité.

03

Un projet, pas une loi en vigueur

La proposition a été présentée le 1er mai 2026 dans Le Figaro et sur RMC. Elle n'a pas, à ce jour, force de loi. Son horizon est la présidentielle 2027, avec une éventuelle soumission à référendum (art. 11 Constitution).

Pourquoi une lecture patrimoniale

Une proposition qui change le paradigme, pas seulement les paramètres

Quatre traits distinguent la proposition Attal des réformes paramétriques précédentes et justifient une lecture patrimoniale anticipative, indépendamment de son adoption.

Rupture conceptuelle, pas paramétrique

La réforme de 2023 a ajusté l'âge légal (de 62 à 64 ans) sans changer l'architecture par répartition. La proposition Attal change de paradigme : bascule vers la durée de cotisation seule et introduction de capitalisation au sein du système obligatoire.

Répartition complétée par la capitalisation

Le modèle français depuis 1945 repose sur la répartition stricte. Introduire une part de capitalisation expose une fraction de la pension future aux marchés financiers, donc à la volatilité. Plusieurs voisins européens combinent déjà les deux approches.

Horizon présidentielle 2027

La proposition n'est pas un projet de loi à ce jour. Elle est positionnée dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027, avec une possible soumission à référendum (art. 11 Constitution). Le calendrier d'une éventuelle adoption reste incertain.

Décision politique vs trajectoire individuelle

L'arbitrage politique sur le système de retraite ne dispense pas de préparer sa propre trajectoire. Quels que soient les paramètres retenus, le PER, l'assurance-vie et le contrat de capitalisation conservent leur pertinence pour calibrer une épargne longue cohérente.

Trois axes, une rupture

Libérer · Récompenser · Capitaliser

Trois axes structurent la proposition. Aucun ne se lit isolément : la cohérence du projet tient à leur articulation. La présente lecture en restitue l'esprit déclaré par son auteur, sans s'y substituer.

Libérer

Supprimer l'âge légal comme pivot

Ce que la proposition envisage

Le cadre actuel impose un âge légal de départ (62 à 64 ans selon les générations, art. L. 161-17-2 CSS). La proposition Attal vise à supprimer ce verrou réglementaire et à laisser chaque assuré choisir son calendrier en fonction de sa trajectoire personnelle.

Mécaniques évoquées
  • Fin de la borne d'âge fixeChaque actif fixe son propre calendrier, sous réserve d'avoir suffisamment cotisé pour ouvrir des droits
  • Durée de cotisation seule pivotLa pension dépend du nombre de trimestres validés, pas de l'âge atteint
  • Adaptation aux carrières atypiquesIndépendants, expatriés, carrières interrompues : une flexibilité accrue, à condition d'une durée de cotisation atteinte

Récompenser

Calibrer les décotes et surcotes

Ce que la proposition envisage

Le cadre actuel prévoit déjà une décote de 1,25 % par trimestre manquant et une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire (art. L. 351-1-2 et L. 351-1-4 CSS). La proposition vise un mécanisme plus marqué pour rendre la pension proportionnelle à la durée travaillée effective.

Mécaniques évoquées
  • « Vraies » décotes et surcotesSelon les déclarations de l'auteur, des paramètres plus marqués que le cadre actuel, sans chiffre arrêté à ce jour
  • Liberté de calendrier conditionnéePartir plus tôt avec décote, partir plus tard avec surcote majorée, en fonction des objectifs personnels
  • Sensibilité aux carrières incomplètesLes interruptions, temps partiel, expatriation ont un impact accru sur la pension finale par rapport au cadre actuel

Capitaliser

Introduire une part de capitalisation

Ce que la proposition envisage

La proposition vise à intégrer une part de capitalisation au sein du système, en complément de la répartition. La proportion n'est pas chiffrée. Plusieurs pays européens combinent déjà répartition et capitalisation obligatoire (Suède, Pays-Bas).

Mécaniques évoquées
  • Capitalisation au sein du système obligatoireUne fraction des cotisations placée sur les marchés financiers, par opposition au modèle français de répartition stricte depuis 1945
  • Articulation avec le PER existantLe Plan Épargne Retraite (art. L. 224-1 et suivants C. mon. fin.) reste pertinent indépendamment, comme dispositif d'épargne longue individuelle
  • Exposition aux marchés financiersVolatilité de la fraction capitalisée, importance du choix des supports et de l'horizon de placement

Les trois axes forment un projet cohérent, mais leur traduction technique reste à formaliser. La présente lecture restitue l'esprit des déclarations publiques de l'auteur (Le Figaro du 1er mai 2026, RMC du 1er mai 2026, Les Échos en mars 2026). Les paramètres précis (taux de capitalisation, calibrage des décotes-surcotes, calendrier de transition) ne sont pas arrêtés à ce jour.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet de conseil en gestion privée Paris 16e, lecture patrimoniale de la proposition Attal sur les retraites
ATRIOMA Gestion Privée

Décrypter une proposition politique, pas la promouvoir

La proposition Attal n'est pas une loi en vigueur. Elle est portée par un acteur politique nommé, dans la perspective de la présidentielle 2027. Le rôle d'ATRIOMA n'est pas d'en faire la promotion ni la critique partisane. Il consiste à en restituer la mécanique de manière factuelle, sourcée, et à anticiper les implications pratiques pour le patrimoine retraite des clients du cabinet.

Cette posture analytique vaut pour toute proposition de réforme, indépendamment de son auteur. ATRIOMA s'appuie sur les sources officielles. Le texte de la proposition, la doctrine du Conseil d'orientation des retraites, la jurisprudence constitutionnelle servent de référence. Le cabinet confronte les hypothèses aux trajectoires individuelles des clients et calibre les dispositifs d'épargne longue en conséquence. L'incertitude politique se traite comme tout autre paramètre : par scénarios, ajustements progressifs et suivi des évolutions législatives.

L'apport ATRIOMA

Décrypter · Anticiper · Adapter

Décrypter

  • Lecture factuelle du texte de la proposition et des déclarations publiques
  • Identification des paramètres chiffrés et de ceux qui ne le sont pas encore
  • Comparaison avec les cadres internationaux (Suède, Pays-Bas, modèles hybrides)
  • Veille sur les évolutions du projet et son éventuelle transcription législative

Anticiper

  • Projection de scénarios alternatifs sur la trajectoire retraite du client
  • Test de sensibilité à la durée de cotisation et à la désindexation
  • Modélisation de l'impact d'une part de capitalisation sur la pension future
  • Calendrier d'arbitrages calé sur les fenêtres de décision personnelles

Adapter

  • Calibrage des versements PER selon les scénarios projetés (art. L. 224-1 C. mon. fin.)
  • Articulation avec l'assurance-vie et le contrat de capitalisation
  • Revue annuelle du dossier face aux évolutions législatives et politiques
  • Ajustements progressifs sans surréaction à un projet non adopté
Le projet

La proposition Attal en quatre temps

La proposition n'est pas, en l'état, un projet de loi formalisé. Elle articule quatre orientations relayées dans la presse du 1er mai 2026, dont les paramètres précis n'ont pas été chiffrés par leur auteur. La lecture qui suit restitue ces orientations dans leur registre éditorial, avant de les confronter aux mécaniques en vigueur dans les fiches techniques qui suivent.

Proposition Attal

« Un système universel, libre et productif. »

Gabriel Attal, président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale
Le Figaro et RMC·1er mai 2026

  1. L'âge légal de départsupprimé comme condition d'ouverture des droits à pension.
  2. La durée de cotisationdevient le pivot unique du système, condition seule d'accès au taux plein.
  3. Les décotes et surcotesrecalibrées pour moduler la pension selon la trajectoire individuelle.
  4. Une part de capitalisationintroduite au sein du système obligatoire, en complément de la répartition.

Paramètres précis non chiffrés par l'auteur à ce jour. La proposition n'a pas, en l'état, force de loi. La lecture patrimoniale qui suit anticipe les ajustements à conduire sur les dispositifs d'épargne longue.

Cadre actuel

Âge légal et durée de cotisation, deux conditions cumulatives

Le système actuel, issu de la réforme du 14 avril 2023, repose sur deux conditions cumulatives. L'âge légal de départ progresse de 62 à 64 ans selon les générations (art. L. 161-17-2 CSS), atteint à 64 ans pour les actifs nés à partir de 1969. La durée de cotisation requise pour le taux plein s'établit à 43 ans (172 trimestres) dès 2027. Un assuré qui atteint l'âge légal sans avoir la durée requise subit une décote ; celui qui atteint la durée sans l'âge légal ne peut pas partir. La logique cumulative crée des situations de blocage que la proposition vise à supprimer.

Logique proposée

Durée de cotisation seule, calendrier choisi par l'assuré

La proposition substitue à la double condition une seule règle : le droit à pension dépend de la durée de cotisation. Chaque assuré choisit son calendrier de départ. Les paramètres de seuil (durée minimale, durée taux plein) ne sont pas chiffrés à ce jour. Selon les déclarations de l'auteur sur RMC le 1er mai 2026, la liberté de calendrier serait encadrée par des décotes et surcotes plus marquées que dans le cadre actuel. Elles décourageraient les départs prématurés et récompenseraient les prolongations d'activité.

Part de capitalisation

Un système hybride répartition-capitalisation

La proposition introduit une part de capitalisation au sein du système obligatoire. La proportion n'est pas chiffrée. Le modèle français depuis 1945 repose sur la répartition stricte : les cotisations des actifs financent immédiatement les pensions des retraités. Une part capitalisée placerait une fraction des cotisations sur les marchés financiers pendant la vie active, restituée sous forme de capital ou de rente au départ. Plusieurs voisins européens combinent les deux approches (Suède, Pays-Bas), avec des modalités très variables. Le PER existant reste pertinent indépendamment, comme dispositif d'épargne longue individuelle.

Statut juridique

Une proposition, pas un projet de loi à ce jour

La proposition Attal a été présentée le 1er mai 2026 dans Le Figaro et sur RMC, après une première esquisse sur BFMTV le 27 janvier 2026. Elle n'a pas, à ce jour, force de loi ni statut de projet de loi déposé. Son auteur évoque deux voies de mise en œuvre : référendum législatif (art. 11 Constitution) ou intégration au programme présidentiel pour 2027. Le calendrier d'une éventuelle adoption reste incertain. Toute lecture patrimoniale procède donc par scénarios, non par certitude.

Comparatif des cadres

Système actuel, proposition Attal, modèles européens

La proposition Attal s'inscrit dans un paysage européen où plusieurs pays ont adopté des systèmes hybrides combinant répartition et capitalisation. Le tableau ci-dessous restitue les principaux écarts entre le cadre français en vigueur, le projet Attal et le modèle suédois, souvent cité comme référence.

Critère Cadre actuel (France 2023) Proposition Attal (projet 2026) Modèle suédois (référence)
Âge légal de départ 62 à 64 ans selon les générations (art. L. 161-17-2 CSS) Suppression de l'âge légal, durée seule Pas d'âge fixe, fenêtre 63-68 ans
43 ans (172 trimestres) pour le taux plein dès 2027 Durée seule pivot, paramètres non chiffrés Comptes notionnels indexés sur les cotisations versées
±1,25 % par trimestre (art. L. 351-1-2 CSS) « Vraies » décotes-surcotes, paramètres non chiffrés Coefficient actuariel selon l'âge effectif de départ
Répartition stricte (depuis 1945) Hybride répartition + capitalisation (part non chiffrée) Hybride : répartition + capitalisation obligatoire (PPM, environ 2,5 % du salaire)
Calcul sur les 25 meilleures années (régime général) Selon durée et trajectoire individuelle, modalités non précisées Compte notionnel individuel, capital virtuel divisé par espérance de vie
Inflation, prévue par art. L. 161-25 CSS Désindexation envisagée de certaines pensions Indexation sur l'évolution des salaires moyens
Loi du 14 avril 2023, en vigueur Projet pré-électoral, non transcrit à ce jour Réforme adoptée en 1999, pleinement en vigueur
Cadre stabilisé (sous réserve d'évolutions) Présidentielle 2027 ou référendum, calendrier incertain Cadre stable depuis 25 ans, ajustements ponctuels

Le tableau restitue les grandes lignes sans préjuger de l'évolution du projet Attal. Le modèle suédois est cité à titre de référence. D'autres pays offrent des modèles hybrides aux paramètres très différents : Pays-Bas (fonds de pension sectoriels), Allemagne (Riester-Rente), Royaume-Uni (auto-enrolment).

Applications pratiques

Cas d'usage : la proposition projetée sur trois profils

La proposition Attal n'est pas en vigueur. La lecture patrimoniale procède donc par scénarios : que changerait l'adoption du projet pour un cadre de 45 ans, un libéral de 55 ans, un salarié proche du départ ? Les cas ci-dessous illustrent trois trajectoires distinctes.

"Un projet politique non adopté n'impose pas de décision immédiate. Il invite à tester la robustesse de la stratégie patrimoniale face à un cadre alternatif possible."

Cadre de 45 ans, TMI 41 %, carrière linéaire
Salarié · Horizon 20 ans · Planification PER

Un cadre de 45 ans né en 1981 est aujourd'hui couvert par la réforme de 2023. Son cadre : âge légal 64 ans, durée taux plein 43 ans s'il a commencé à 22 ans. Une éventuelle adoption de la proposition Attal entre 2027 et 2030 lui ouvrirait davantage de liberté sur le calendrier de départ. La part de capitalisation introduite exposerait une fraction de sa pension future aux marchés financiers, ce qui rejoint la logique du Plan Épargne Retraite (art. L. 224-1 et suivants C. mon. fin.). Sa TMI à 41 % rend les versements PER particulièrement intéressants fiscalement (économie immédiate de 41 % du versement, plafonné par l'art. 163 quatervicies CGI).

Ordre de grandeur PER Versement annuel de 8 000 € sur PER sur 20 ans, soit 160 000 € de versements : économie d'IR cumulée de 65 600 € (TMI 41 %). Capital projeté à 65 ans sur la base d'une performance moyenne 4 % net : environ 245 000 €, à arbitrer entre rente et capital à la sortie. Indépendant du cadre obligatoire qui sera en vigueur.
Libéral · Madelin · PER · Horizon 10 ans

Un libéral de 55 ans dispose souvent d'une retraite obligatoire moins favorable que celle d'un salarié. Il a généralement déjà constitué une épargne longue (ancien contrat Madelin, PER, assurance-vie). Une adoption de la proposition Attal renforcerait l'importance de cette épargne individuelle, dans un système où la part de capitalisation deviendrait obligatoire. Pour ce profil, l'arbitrage clé porte sur le calibrage des versements PER restants jusqu'à 65 ans et sur la stratégie de sortie (rente, capital fractionné, articulation avec d'autres revenus). La transmission anticipée et l'articulation avec une stratégie fiscale globale restent également des leviers pertinents indépendamment de la réforme.

Ordre de grandeur arbitrage Versement annuel de 15 000 € sur PER sur 10 ans, soit 150 000 €. TMI 41 %, économie d'IR cumulée 61 500 €. Capital projeté à 65 ans (performance 4 % net) : environ 185 000 €. Articulation avec un contrat d'assurance-vie déjà ouvert depuis plus de 8 ans pour calibrer la fiscalité à la sortie.
Senior · Désindexation · Horizon court

À 60 ans, le salarié est aujourd'hui à 2-4 ans de son départ effectif selon sa génération. Une adoption de la proposition Attal avant son départ aurait probablement des modalités de transition pour les générations proches du départ. Il est peu vraisemblable que les paramètres changent brutalement à quelques mois de la liquidation. En revanche, l'éventuelle désindexation de certaines pensions évoquée par l'auteur de la proposition aurait un impact significatif sur la durée de la retraite. Une revue de la stratégie patrimoniale globale (épargne disponible, immobilier, revenus complémentaires, articulation avec le régime matrimonial et la stratégie de succession) permet d'anticiper.

Effet d'une désindexation Pension annuelle de 35 000 € à 65 ans, avec inflation moyenne projetée à 2 % par an. Sur 20 ans de retraite, une désindexation totale réduit le pouvoir d'achat cumulé de l'ordre de 30 % par rapport à une indexation pleine. Soit, selon les hypothèses, plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée. Une projection précise nécessite une analyse personnalisée.

Êtes-vous concerné(e)
par cette évolution des retraites ?

La proposition n'est pas en vigueur. Un échange avec un conseiller ATRIOMA permet de projeter sa trajectoire retraite sous le cadre actuel et sous les scénarios alternatifs, et de calibrer une épargne longue cohérente.

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Questions fréquentes

Les questions les plus fréquentes

Profils concernés
Cadres en milieu de carrière Professions libérales Indépendants Salariés proches du départ Expatriés et carrières atypiques Dirigeants d'entreprise
Situations concernées
  • Réflexion sur le calendrier de départ à la retraite
  • Calibrage de versements sur le Plan Épargne Retraite
  • Anticipation d'une éventuelle évolution du cadre obligatoire
  • Projection patrimoniale long terme face à l'incertitude politique
Ce qu'ATRIOMA analyse
  • Trajectoire retraite actuelle (régime général et complémentaires)
  • Sensibilité aux paramètres de durée et de désindexation
  • Arbitrage entre PER, assurance-vie et contrat de capitalisation
  • Cohérence avec la stratégie patrimoniale globale
Que propose précisément Gabriel Attal sur les retraites ?
La proposition de Gabriel Attal, présentée le 1er mai 2026 dans Le Figaro et sur RMC, articule quatre orientations : suppression de l'âge légal de départ (actuellement 62 à 64 ans selon les générations), bascule vers un système fondé sur la seule durée de cotisation, introduction de « vraies » décotes et surcotes pour calibrer la pension selon la trajectoire individuelle, développement d'une part de capitalisation au sein du système. L'ensemble est qualifié par son auteur de système « universel, libre et productif ». La proposition n'est pas un projet de loi formalisé à ce jour. Elle est portée dans la perspective de la présidentielle 2027 et pourrait, selon les déclarations de son auteur, être soumise à référendum.
Non. L'âge légal de départ reste fixé entre 62 et 64 ans selon l'année de naissance, conformément à la réforme de 2023 (loi 2023-270 du 14 avril 2023 portant LFSS rectificative, codifiée à l'art. L. 161-17-2 CSS). Les générations nées entre janvier 1963 et mars 1965 partent à 62 ans et 9 mois ; pour les générations nées à partir de 1969, l'âge légal est de 64 ans. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé en octobre 2025 la suspension de certains volets de la réforme, mais l'âge légal lui-même demeure en vigueur. La proposition de Gabriel Attal envisage la suppression de ce cadre, sans calendrier précis ni transcription législative à ce jour.
Selon les déclarations de Gabriel Attal sur RMC le 1er mai 2026, le système proposé reposerait sur des « vraies » décotes et surcotes : un assuré partant avant d'avoir atteint la durée de cotisation requise verrait sa pension réduite proportionnellement ; un assuré prolongeant son activité au-delà bénéficierait d'une majoration significative. Les paramètres précis (taux par trimestre, plafond éventuel) ne sont pas chiffrés dans la proposition. Le cadre actuel (art. L. 351-1-2 et L. 351-1-4 CSS) prévoit déjà une décote de 1,25 % par trimestre manquant et une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire au-delà de l'âge taux plein. La proposition vise un mécanisme plus marqué pour rendre la durée de cotisation seule pivot du calcul.
La capitalisation désigne un système où les cotisations versées par l'assuré sont placées sur les marchés financiers pendant la vie active et reversées sous forme de capital ou de rente au moment du départ en retraite. Elle s'oppose à la répartition, où les cotisations des actifs financent immédiatement les pensions des retraités. La proposition Attal n'a pas chiffré la part envisagée. Plusieurs modèles existent dans d'autres pays : fonds de pension obligatoire (Pays-Bas, Suède), comptes individuels capitalisés (Suède pour environ 2,5 % du salaire). En France, des dispositifs facultatifs existent déjà : Plan Épargne Retraite (art. L. 224-1 et suivants C. mon. fin.), assurance-vie, contrat de capitalisation. La proposition Attal envisagerait une part de capitalisation intégrée au système obligatoire, ce qui constituerait une rupture par rapport au modèle français de 1945.
La réforme de 2023 a procédé à un ajustement paramétrique : recul progressif de l'âge légal de 62 à 64 ans et accélération de la durée de cotisation pour le taux plein (43 ans dès 2027). Elle a conservé l'architecture par répartition. La proposition Attal change de paradigme : suppression de l'âge légal comme pivot, durée de cotisation seule, introduction de capitalisation. Selon les déclarations de son auteur, il ne s'agit plus d'ajuster le cadre existant mais de basculer vers un nouveau système. La proposition reste à formaliser et n'a pas, à ce jour, force de loi. Le débat politique sur la retraite reste vivant.
Les effets précis dépendent de paramètres non chiffrés dans la proposition. Trois canaux d'impact peuvent être identifiés. Premièrement, la sensibilité accrue à la durée de cotisation : un assuré aux carrières incomplètes (interruptions, temps partiel, indépendance, expatriation) pourrait voir sa pension davantage pénalisée. Deuxièmement, la part de capitalisation expose une fraction de la pension future aux marchés financiers, donc à la volatilité. Troisièmement, Gabriel Attal a évoqué dans plusieurs entretiens une possible désindexation de certaines pensions de l'inflation, dont l'impact cumulé sur la durée de la retraite peut être significatif. Ces effets restent à la fois conditionnels (la proposition n'est pas en vigueur) et différenciés selon le profil.
Le Plan Épargne Retraite (PER, art. L. 224-1 et suivants C. mon. fin.) reste le dispositif central de constitution d'une épargne longue dédiée à la retraite, avec déductibilité fiscale des versements (art. 163 quatervicies CGI). Si la proposition Attal était adoptée, l'épargne longue individuelle prendrait probablement une importance accrue : la part de capitalisation introduite dans le système obligatoire complèterait, sans nécessairement remplacer, les enveloppes existantes (PER, assurance-vie, contrat de capitalisation). L'arbitrage entre versements PER, assurance-vie et contrat de capitalisation reste pertinent indépendamment de l'évolution du cadre obligatoire : il dépend du profil fiscal, de l'horizon et de la situation familiale du client.
Gabriel Attal a évoqué deux voies : un référendum national, ou la transformation de la proposition en élément majeur du programme présidentiel pour 2027. Le référendum législatif (art. 11 de la Constitution) permet au Président de la République, sur proposition du Gouvernement ou des deux assemblées, de soumettre au peuple un projet de loi portant notamment sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation. L'organisation d'un référendum sur les retraites nécessiterait donc une initiative gouvernementale ou parlementaire et le concours du Président. La voie présidentielle 2027 reste à ce jour l'horizon le plus probable selon les déclarations de l'auteur de la proposition.
À 45 ans en 2026, un cadre est aujourd'hui couvert par la réforme de 2023 : âge légal de 64 ans, durée de cotisation de 43 ans pour le taux plein s'il est né après 1965. Si la proposition Attal était adoptée à horizon 2027-2030, l'impact dépendrait des modalités de transition. Le cas typique : un cadre qui anticipait un départ à 64 ans pourrait bénéficier d'une plus grande liberté (départ plus tôt avec décote, ou prolongation avec surcote majorée). La part de capitalisation introduirait une exposition aux marchés financiers sur une partie de sa pension future. Le PER conserve toute sa pertinence pour préparer la trajectoire, quels que soient les arbitrages politiques à venir.
ATRIOMA conduit pour chaque client une analyse en trois temps. Premièrement, cartographie de la trajectoire retraite actuelle sous le cadre 2023 en vigueur : trimestres acquis, droits projetés, exposition aux différentes caisses (régime général, complémentaires, régimes spéciaux). Deuxièmement, projection de scénarios alternatifs intégrant les hypothèses de la proposition Attal (durée de cotisation seule, capitalisation partielle, désindexation). Troisièmement, calibrage des dispositifs d'épargne longue (PER, assurance-vie, contrat de capitalisation, SCPI) cohérents avec les scénarios envisagés. Le bilan patrimonial initial structure l'ensemble. Le suivi annuel intègre les évolutions législatives. Chaque arbitrage est documenté contre la doctrine en vigueur et la jurisprudence applicable.
Ce que la proposition ne dit pas encore

Lire la proposition sans surréagir : les points de vigilance

Toute proposition de réforme génère un risque symétrique : l'ignorer comme si elle n'allait jamais advenir, ou y réagir précipitamment comme si elle était déjà en vigueur. Voici les angles morts qui exposent à des arbitrages mal calibrés et la méthode ATRIOMA pour les éviter.

L'incertitude calendaire et politique

La proposition Attal n'est pas un projet de loi déposé. Son horizon dépend de la trajectoire politique de son auteur, du résultat de la présidentielle 2027, de la composition de l'Assemblée nationale issue des prochaines législatives. Plusieurs scénarios coexistent : adoption intégrale, adoption partielle après négociation parlementaire, soumission à référendum, abandon. Aucun n'est aujourd'hui plus probable que les autres avec certitude. Construire sa stratégie patrimoniale sur l'hypothèse d'une adoption certaine serait aussi imprudent que d'ignorer entièrement le projet. La méthode consiste à projeter plusieurs scénarios et à calibrer la robustesse de la trajectoire dans chacun d'eux.

Notre approche

Une lecture patrimoniale structurée en trois temps

La proposition Attal n'appelle pas d'arbitrage immédiat. Elle invite à tester la robustesse de la stratégie patrimoniale face à un cadre alternatif possible. ATRIOMA structure cette analyse en trois étapes successives, ancrées sur le droit en vigueur et les sources officielles.

1. Cartographier

La trajectoire retraite actuelle

Recensement des trimestres acquis et des droits projetés sous le cadre 2023 en vigueur (art. L. 161-17-2 CSS). Identification des caisses (régime général, AGIRC-ARRCO, régimes spéciaux). Lecture du relevé individuel de situation et estimation indicative de la pension future selon l'âge de départ envisagé.

2. Structurer

Les scénarios alternatifs

Projection de la trajectoire sous les hypothèses de la proposition Attal : durée de cotisation seule, part de capitalisation, éventuelle désindexation. Test de sensibilité à chaque paramètre. Identification des écarts par rapport au cadre actuel et des leviers d'épargne longue qui amortissent ces écarts (PER, art. L. 224-1 C. mon. fin.).

3. Sécuriser

Le calibrage et le suivi

Calibrage des versements PER, des arbitrages d'assurance-vie et du contrat de capitalisation cohérents avec les scénarios projetés (art. 163 quatervicies CGI pour la déductibilité PER). Suivi annuel intégrant les évolutions législatives et politiques. Ajustements progressifs, jamais brutaux, pour préserver la cohérence patrimoniale globale.

En perspective

Une proposition politique, une lecture patrimoniale


Un projet politique, une discipline patrimoniale.

La proposition Attal relève du débat politique. Elle est portée par un acteur nommé, dans la perspective de la présidentielle 2027. Elle engage des choix de société qui n'appartiennent pas au cabinet : arbitrage entre liberté individuelle et solidarité intergénérationnelle, place de la capitalisation dans un système historiquement par répartition, calibrage des décotes et surcotes. Ces arbitrages se trancheront dans l'arène démocratique. Le travail patrimonial est d'une autre nature. Il consiste à projeter la trajectoire de chaque client dans plusieurs scénarios. Il calibre les dispositifs d'épargne longue pour rester robuste quel que soit le cadre retenu.

Chaque scénario mérite d'être projeté.

La proposition n'est pas en vigueur. Plusieurs trajectoires futures coexistent : maintien du cadre 2023, adoption intégrale de la proposition Attal, adoption partielle après négociation parlementaire, soumission à référendum, abandon. Aucune n'est aujourd'hui plus probable que les autres avec certitude. La méthode ATRIOMA projette la trajectoire retraite du client dans chacun de ces scénarios. Elle mesure les écarts par rapport à l'attendu actuel et calibre une stratégie patrimoniale qui amortit les écarts. Le Plan Épargne Retraite et l'assurance-vie conservent leur pertinence dans tous les scénarios, avec des arbitrages internes différents selon le cadre obligatoire en vigueur.

Si le cadre change, la trajectoire personnelle doit pouvoir suivre.

L'environnement réglementaire de la retraite évolue depuis trois décennies par à-coups successifs : réformes de 1993, 2003, 2010, 2014, 2023, propositions diverses entre. La proposition Attal s'inscrit dans cette continuité, avec une rupture de paradigme plus marquée que les réformes paramétriques précédentes. Une stratégie patrimoniale construite aujourd'hui doit pouvoir être révisée demain sans tout refonder. C'est précisément la valeur d'un accompagnement dans la durée : cartographier la situation actuelle, projeter les scénarios alternatifs, ajuster progressivement les versements et les arbitrages en fonction des évolutions politiques et législatives. La continuité du suivi compte davantage que la pertinence d'un arbitrage isolé.

Alexis Barrat, Gérant d'ATRIOMA Gestion Privée — cabinet de conseil en gestion privée Paris 16e, lecture patrimoniale de la proposition Attal sur les retraites
Le cabinet

Un cabinet, trois pôles d'expertise


Afin d'apporter une expertise globale à ses clients et de répondre à l'ensemble de leurs problématiques, le cabinet s'articule autour de trois pôles spécialisés. Chacun apporte une réponse experte et adaptée aux enjeux financiers, juridiques, assurantiels et immobiliers.

Pôle Ingénierie patrimoniale et financière

Un accompagnement stratégique et sur mesure pour structurer, valoriser et transmettre. De la stratégie fiscale aux arbitrages d'investissement, ATRIOMA se positionne en chef d'orchestre pour une gestion cohérente et pérenne des actifs.

Pôle Assurance

Assurance de personnes et IARD pour une couverture complète. ATRIOMA accompagne ses clients particuliers, professionnels et entreprises dans la mise en place de garanties calibrées au profil de risque.

Pôle Immobilier

Investissements et cessions de biens professionnels ou familiaux. Le cabinet apporte un accompagnement sur mesure pour sécuriser les projets immobiliers de bout en bout, depuis l'audit initial jusqu'à la finalisation des actes.

Fondé en 2019 et établi au 56 rue de Passy dans le 16e arrondissement de Paris, ATRIOMA est un cabinet de conseil multidisciplinaire en gestion privée. Le cabinet exerce sous quatre statuts réglementés : Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations Bancaires et en Services de Paiement (COBSP), et Carte T pour les transactions immobilières. ATRIOMA est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 19006974 et supervisé par l'AMF et l'ACPR.

Avis clients

Ce que disent nos clients

5,0 · 82 avis Google
Quentin Goudier
Client ATRIOMA
·Juillet 2024

Un grand merci à Atrioma, et tout particulièrement à Alexis et Adrien qui m'ont encadré et apporté tous les conseils dont j'avais besoin.

Julie J
Cliente ATRIOMA
·Juin 2025

Très bons conseils et accompagnement, je recommande !

Eddy Seys
Client ATRIOMA
·Juin 2025

Excellents conseils, sérieux et professionnel. Je conseille vivement.

Arnaud Trottier
Client ATRIOMA
·Avril 2025

Client depuis 5 ans, je ne peux que recommander.